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Viande bovine: Didier Guillaume tape du poing sur la table

"Personne ne peut durablement poursuivre une production qui, à chaque kilo produit, lui coûte de l'argent au lieu de lui permettre de vivre décemment", indique le ministre de l'Agriculture dans un communiqué en date du 4 mai.

Didier Guillaume lors du dernier Sommet de l'Elevage à Clermont-Ferrand.

« Je réunirai dans les jours qui viennent l'ensemble des acteurs de la filière » de la viande bovine, annonce le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume dans un communiqué. Le but de cette réunion, en pleine polémique sur les prix payés aux éleveurs : partager des données officielles (consommation, exports, abattages, stocks sur pied en élevages) et « voir comment la transparence, et les efforts faits par chacun des maillons de la chaîne, auront comme conséquence une meilleure répartition de la valeur ». « Stop à la baisse injustifiée de la rémunération de la production », lance le ministre. Didier Guillaume fait sienne l'analyse de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), en dénonçant le paradoxe entre la hausse de la consommation, notamment de viande hachée, et la baisse des cotations entrées abattoirs. «Cette mécanique perdante n'est ni admissible, ni soutenable pour les éleveurs, comme pour toute la filière viande française à très court terme», estime-t-il. En référence au travail mené par l'interprofession Interbev, le ministre considère que « mieux évaluer la part du prix payé par le consommateur sur le steak haché qui revient à l'éleveur devient (...) un enjeu majeur ».

Des résultats sur le coût de production du steak haché attendus le 11 mai (Interbev)

Guy Hermouet, président de la section bovine d'Interbev, «espère avoir les résultats dans dix jours» du travail en cours sur le coût de production du steak haché, a-t-il annoncé à Agra Presse le 30 avril. Lancé avant les Etats généraux de l'alimentation, ce chantier visant à apporter plus de transparence a été remis au goût du jour par la crise sanitaire du Covid-19. La consommation de steak haché a explosé depuis le début du confinement, à tel point que des morceaux "nobles", prioritairement destinés à la restauration, ont été transformés en haché. Ce phénomène a aggravé le déséquilibre de valorisation des carcasses, la viande pour haché étant payée moins cher. Dans un communiqué du 4 mai, le ministère de l'Agriculture rappelle que le steak haché représente 70% de la valorisation d'une carcasse. «Nous avons besoin de revaloriser la viande hachée», reconnaît M. Hermouet. «Mais ça ne veut pas forcément dire que le prix au consommateur va augmenter», prévient-t-il, plaidant pour une «répartition équitable de la valeur». «Nous voulons faire approuver ce travail par toutes les familles d'Interbev», indique cet éleveur, «et nous comptons si besoin sur le ministre pour jouer le rôle d'arbitre.»

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