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Fnsea 63 - JA63
« On veut des prix, pas des mercis ! »

Mardi 9 mars, de 20h30 à minuit, dans les 4 sous-préfectures du département, pas moins de 400 agriculteurs avec 180 tracteurs ont répondu présents à l’appel à mobilisation.

Des messages clairs devant la sous-préfecture d’Ambert.

Comme il était prévu, à la suite de l’action du 3 mars dernier dans le centre de Clermont-Ferrand, la profession reste mobilisée pour monter en puissance et faire entendre sa voix.
" Un pays qui ne peut pas nous nourrir ne saurait être un grand pays ", Charles de Gaulle, 1959.
La Fnsea 63 et JA 63 ont réattribué la citation au contexte actuel craignant de plus en plus pour l’autonomie alimentaire de la France. " La crise sanitaire a mis en avant notre dépendance médicale, il en sera de même au niveau alimentaire dans quelques années si l’Etat ne réagit pas immédiatement " ont mis en garde les responsables syndicaux. Spirale des prix toujours plus bas pour satisfaire un consommateur insuffisamment averti de ce qu’il met dans son assiette, et un retour au producteur qui ne tient pas compte des coûts de production ; équation létale pour la profession. Il est temps de dire stop ! La loi Egalim part d’une bonne intention et a le mérite d’avoir cassé le tabou du prix. Aujourd’hui, les indicateurs de coûts de production ont vu le jour et personne ne peut nier les écarts entre le prix payé aux producteurs en sortie de ferme et le prix affiché dans la distribution. La phase actuelle de négociations commerciales n’échappe pas à la loi habituelle du plus fort laissant peu de chance aux producteurs de tirer leur épingle du jeu. " On ne peut plus accepter que la distribution se cache derrière le pouvoir d’achat des consommateurs car l’application de la loi EGA ne devait pas faire augmenter les prix à la consommation mais bien permettre un juste retour de la valeur. Les agriculteurs ne peuvent pas se contenter des miettes qu’on veut bien leur jeter une fois tout le monde servi copieusement ! " déplore Sabine Tholoniat, Présidente de la Fnsea 63. Ils attendent " une réaction forte et immédiate de l’Etat ", a insisté David Chaize, responsable de la section bovine, auprès du sous-préfet de Thiers.

Délégations en sous-préfecture

Les sous-préfets de Riom, Issoire et Thiers ont reçu des délégations. Les responsables n’ont pas manqué de leur faire part de la situation inacceptable et de l’absolue nécessité que l’Etat prenne ses responsabilités en jouant le rôle d’arbitre et fasse appliquer la loi stricto sensu. Pour exemple, respecter les coûts de production sur les produits laitiers ne représenterait pas plus d’un centime d’euro par pot de yaourt et 3.6 centimes d’euro par brique de lait soit 2 euros de plus par mois pour les produits laitiers. Etienne Kalalo, sous-préfet de Thiers a rappelé son rôle de porte-parole de sa circonscription auprès de l’Etat : " J’ai envie d’être utile, je comprends la situation de déséquilibre des forces, tout travail mérite salaire. Les agriculteurs ont toujours répondu présents pour nourrir la France à travers l’histoire. Aujourd’hui on recule sur les objectifs de qualité, de proximité, d’écologie tout compte fait pour faire du profit. Importer de la nourriture à bas coût va à l’encontre de ce que tout un chacun semble vouloir défendre ". Autant de paroles fortes de la part du représentant de l’Etat qui a voulu des échanges concrets avec la profession. " La société évolue beaucoup plus vite que l’agriculture, nous n’avons pas le même pas de temps. Nous ne pouvons pas suivre instantanément les lubies de nos concitoyens " rappelle Quentin Baumont, Président JA 63. " Le ministre mesure mal l’urgence de la situation, selon David Chaize, responsable section bovine, il faut agir aujourd’hui, après-demain il sera trop tard ! "

PAC 2023, à la hauteur des enjeux

La renégociation de la PAC engendre nombre d’interrogations pour la profession agricole. Au-delà des soutiens financiers pour soutenir l’acte de production et permettre une alimentation saine, sûre, de qualité à des prix raisonnables, les soutiens PAC orientent l’agriculture française. A la veille d’une vague de départs à la retraite conséquente, estimée à 45 % de cessations sous 5 ans, il est indispensable que cette nouvelle programmation tienne compte de ces enjeux. Les responsables professionnels départementaux sont attachés à la défense des actifs plutôt que des hectares pour maintenir l’activité et l’économie rurale. « Il ne faut pas diviser les productions, on a besoin de tout le monde dans notre département très diversifié », rappelle Quentin Jaffuel, Secrétaire général des JA 63. Concernant le verdissement, la profession est attentive à la reconnaissance de l’existant et des efforts déjà consentis pour améliorer les pratiques. La future PAC devra en tenir compte pour ne pas mettre une pression " verte " supplémentaire à des systèmes déjà vertueux. Il a été également rappelé que pour produire localement, notamment le maraîchage que les consommateurs urbains attendent, il faut de l’eau. Les propositions de stockages d’eau multiusages doivent être considérées comme des solutions aux pénuries estivales récurrentes. L’Etat est averti de l’urgence d’agir pour que demain la France puisse encore nourrir ses concitoyens.

 

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