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Vendre ses produits par temps de crise : "Les marchés doivent perdurer"

Face à la décision nationale de fermeture des marchés de plein air, le réseau des Chambres d'agriculture d'Auvergne-Rhône-Alpes, se mobilise avec l'ensemble de la profession agricole, pour demander leur réouverture.

Les professionnels de l'agriculture d'Auvergne-Rhône-Alpes réclament la réouverture des marchés lorsque les conditions sanitaires le permettent.

La vente directe, de producteurs à consommateurs, concerne 15 000 exploitations en Auvergne-Rhône-Alpes, soit près d'un quart d'entre elles. Il s'agit de producteurs de fruits, légumes, de produits laitiers ou carnés transformés à la ferme, d'apiculteurs, viticulteurs ...La semaine dernière, Gilbert Guignand, Président de la Chambre régionale d'agriculture Auvergne-Rhône-Alpes est intervenu auprès de Michel Sinoir, Directeur de l'Alimentation, l'Agriculture et la Forêt Auvergne-Rhône-Alpes, pour l'alerter sur les conséquences de la fermeture des marchés sur l'activité agricole régionale.

Pourquoi demander les réouvertures des marchés ?

Parce que 20 % du volume des produits fermiers (produits et transformés dans une exploitation agricole) d'Auvergne-Rhône-Alpes sont commercialisés sur des marchés, urbains ou ruraux répartis sur l'ensemble du territoire. « C'est un des circuits de commercialisation les plus importants. Il permet aux producteurs réalisant de la vente directe de se rapprocher des consommateurs. Certes, la vente à la ferme et les livraisons sont encore possibles mais la distance géographique peut être un frein pour nos concitoyens », explique Gilbert Guignand. La décision de fermer les marchés est vécue comme une double peine par les professionnels dans la mesure où depuis plus de dix jours maintenant, les producteurs ont perdu le débouché de la restauration hors domicile. « C'est dans ce contexte peu favorable que la saison de pleine production commence pour les fruits et légumes mais aussi pour certaines productions fromagères. Si les circuits de commercialisation se ferment les uns après les autres, les productions non commercialisées vont se périmer ce que nous n'acceptons pas. Quel impact pour le moral des exploitants et dans l'opinion publique, dans un contexte déjà très anxiogène ! », précise la chambre régionale d'agriculture dans un communiqué de presse.

Une nécessité sanitaire aussi

Si la priorité reste bien sûr la protection de tous les consommateurs qui souhaitent continuer à venir sur les marchés, « les agriculteurs, en lien avec les municipalités et la profession agricole peuvent proposer de nombreux aménagements et solutions complémentaires comme l'instauration d'une file d'attente pour accéder au marché avec respect des consignes strictes de distance et affichage des consignes, l'accès prioritaire aux personnes âgées et à mobilité réduite, la limitation du nombre de stands ouverts chaque jour pour un meilleur espacement, l'augmentation du nombre de jours d'ouverture du marché pour répartir les stands, mise en place d'un sens unique de circulation, commande à l'avance, installation d'emplacements de vente sur les parkings des supermarchés volontaires ... ». Enfin, la chambre régionale d'agriculture indique reste active pour accompagner toutes les initiatives permettant de trouver des débouchés de substitution.

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