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« Union sacrée pour l’agneau Pascal »

Période cruciale pour la consommation de viande d’agneau, Pâques risque d’être ruinée par le confinement lié au coronavirus. Alors pour inciter les citoyens à consommer de l’agneau français, l’interprofession ovine en partenariat avec la filière bétail et viandes Interbev lance une grande campagne de communication pour tenter de soutenir la demande. Elle se déroulera du 2 au 12 avril sur les principales chaînes de radio et les réseaux sociaux.

La demande d'agneaux est presque atone sur un marché totalement désorienté

Quelles sont les inquiétudes des producteurs ovins français dans ce contexte de pandémie ?

Pâques est une période capitale pour les éleveurs ovins ; c’est une saison particulièrement œcuménique pendant laquelle les quatre grandes religions célèbrent leurs rites autour de l’agneau. La demande en produits est donc importante et vient généralement doper le marché. Mais avec l’épidémie qui sévit en ce moment, le confinement et l’arrêt total de la restauration hors foyer, la demande est presque atone et le marché totalement désorienté. A l’heure où nous parlons (le 30 mars ndlr), plus de 350 000 agneaux sont bloqués dans les fermes. Une situation extrêmement compliquée pour les éleveurs contraints de continuer à nourrir leurs animaux, lesquels avec davantage de gras ne correspondront plus à aucun marché. Et cette situation est d’autant plus difficile que plus de 1180 tonnes d’agneaux de Nouvelle Zélande sont déjà entreposées dans les frigos de la grande distribution ; une concurrence qui habituellement est absorbée par les marchés mais qui aujourd’hui freine totalement l’écoulement de l’agneau français. Face à cette situation inédite et lourde de conséquences pour les éleveurs nous avons décidé avec l’ensemble de l’interprofession viandes de lancer une campagne de communication auprès des consommateurs et de la grande distribution. L’objectif de cette opération est de vider les frigos.

Quels sont vos messages dans cette campagne ?

Nous appelons à un acte patriotique des consommateurs. Le week-end de Pâques les 12 et 13 avril prochains doit rester l’occasion d’un repas festif en famille-certes réduite- mais autour de l’agneau Pascal. Consommer de l’agneau français c’est soutenir les éleveurs qui par leurs activités façonnent les paysages, entretiennent des espaces partagés, maintiennent la biodiversité mais aussi la vie économique et sociale du monde rural. Ce sont là je crois des valeurs auxquelles nos concitoyens sont de plus en plus attachés, particulièrement en cette période de pandémie.

A travers cette campagne de communication, nous appelons aussi les distributeurs à mettre prioritairement en avant la viande d’agneau français dans leurs rayons et non celle de Nouvelle-Zélande, pour booster la consommation. Les enseignes doivent faire preuve d’une plus grande solidarité envers les producteurs ovins. Eleveurs, distributeurs, consommateurs nous devons jouer l’union sacrée afin d’éviter que les ventes et les tarifs ne s’effondrent sur les principaux marchés de production.

Il a dit

Thierry Orcière, président de Copagno :

« La situation est très compliquée. Nous avions organisé nos filières pour répondre à une demande forte d’agneaux en cette période. Or aujourd’hui les marchés sont quasi à l’arrêt y compris pour les produits sous signes officiels de qualité qui constituent habituellement une plus-value pour les éleveurs. Nous n’avons aujourd’hui aucune visibilité. Depuis le 23 mars nous reportons chaque semaine 50% de la collecte d’agneaux auprès de nos adhérents ; nous les collectons une semaine sur deux seulement.  La préoccupation majeure de la coopérative est de collecter des agneaux qui puissent être abattus dans la foulée afin d’éviter le déclassement et donc la dépréciation des produits. En l’absence de visibilité sur les prix et sur l’évolution des marchés il est difficile de rassurer nos adhérents mais nous comptons sur les actions qui vont être mises en place au plan national pour accompagner les éleveurs ovins, notamment sur la campagne de communication visant à booster la consommation d’agneaux français en cette période de Pâques. Malgré tout, Copagno et ses salariés restent à l’écoute des éleveurs."

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