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Rencontre
Une sérénité nécessaire dans les exploitations

Chambre départementale d’Agriculture, FNSEA 63 et Jeunes Agriculteurs du Puy-de-Dôme ont rencontré jeudi 28 octobre Guilhem Brun, nouveau directeur départemental des territoires. Retour sur cette prise de contact en Combrailles.

Parmi les sujets abordés, le projet alimentaire territorial sur le bassin de St-Eloy, mais aussi l’irrigation.

Sur la base de l’échange autour des problématiques rencontrées par l’exploitation visitée, Guilhem Brun a pu répondre et échanger avec les agriculteurs présents.

Une profession qui attend " les clés du camion "

Sébastien Canaud, éleveur allaitant exploite 106 ha dont une moitié environ en prairies permanentes classées sensibles. " Avec le classement prairies sensibles, on est figés, j’en viens à retourner des luzernes de 5 ans encore productives, pour éviter le basculement en prairies permanentes alors que ce serait agronomiquement logique que je retourne plutôt de vieilles prairies dont la flore s’appauvrit ", explique-t-il. Guilhem Brun rappelle qu’une demande de révision des zonages prairies sensibles a été faite dans le cadre de la révision de la nouvelle PAC, sans certitude sur son acceptation cependant. Sabine Tholoniat fait remarquer à M. Brun, le manque d’outils à la main des agriculteurs, les zones sont sanctuarisées et ce sont les agriculteurs qui peinent à atteindre leur autonomie fourragère. " Si on est là, avec vous [M. Guilhem Brun], c’est que nous voulons avancer, mais il faut aussi donner les clés du camion aux agriculteurs ", explique la présidente de la FNSEA 63
David Chauve, président de la Chambre d’Agriculture du Puy-de-Dôme, rajoute que " le discours du ministère, c’est de se remettre en question, d’atteindre l’autonomie fourragère, d’innover, mais les techniciens sont souvent à court de solutions à proposer en raison des contraintes règlementaires. Il faut cesser les contradictions et clarifier les réelles ambitions agricoles ".

Un volet rémunération plus qu’attendu

Pour les agriculteurs présents, la sérénité côté rémunération sera aussi la clé pour poursuivre les améliorations des exploitations. À cela, M. Brun a réexpliqué l’enjeu de la loi Egalim 2 et le rôle de l’Etat qui a " donné les outils ".
Si à ce jour, les agriculteurs présents n’ont pas eu un discours rassurant de leurs acheteurs, ils comptent quand même largement sur une évolution des rapports de force dans la chaîne de commercialisation " car nous avons tous besoin de résultats rapides pour plus de sérénité ", explique David Chauve.
" La France a largement fait évoluer les règles européennes ces 10 dernières années, sans cela, il était impossible d’écrire Egalim 2 " a réexpliqué Guilhem Brun qui a cependant rappelé qu’Egalim 2 n’étai t pas non plus un retour vers des marchés administrés.

PAC 2023-2027 : une évolution assez limitée

Fabien Alleyrat, animateur du territoire Combrailles à la Chambre d’Agriculture, a réalisé des simulations sur l’évolution des aides PAC de l’exploitation de Sébastien Canaud. Des évolutions qui " ne semblent pas être marquantes pour ce système d’exploitation, dans l’état actuel des choses ". Guilhem Brun a expliqué aux agriculteurs présents, les nouvelles modalités de contrôle de la PAC, avec un contrôle surfacique très poussé. " Le monitoring consiste à avoir des photos satellitaires avec une précision à 10m tous les trois jours, cela remplacera le contrôle sur place, les exploitants pourront vérifier et corriger si besoin au fur et à mesure de l’instruction ". Cette nouvelle méthode devrait a priori aller dans le sens du droit à l’erreur. Ces nouvelles modalités de contrôle interrogent les agriculteurs présents : plus de souplesse ou plus de contrôles ? Concernant le volet PAC, Guilhem Brun s’est voulu rassurant sur le volet aides protéines notamment en montagne. La gestion des risques est consolidée par le ministère, ce qui, " objectivement était nécessaire ", a-t-il rappelé.

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