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Syndicalisme
Une actualité chargée et une mobilisation le 12 mai suite au gel

Projet de loi pour faire évoluer la loi Egalim, discussions sur la future Pac, épisode de gel de début avril, gestion des risques… l’actualité est chargée. Le point sur ces différents sujets avec Michel Joux, président de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes.  

Michel Joux, président de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes.

Loi Egalim 2 : bien mais pas suffisant

Le député Grégory Besson-Moreau (LREM, Aube) a présenté mi-avril sa proposition de loi (PPL) sur les relations commerciales dans le secteur agricole, qui vise à surmonter l’échec de la loi Egalim et à améliorer le revenu des agriculteurs. C’est un demi-satisfecit selon Michel Joux : " L’esprit est là, nous avons un député et un gouvernement qui veulent aller encore plus loin avec une loi Egalim 2. Cependant le corps n’y est pas ! Il manque des éléments qui nous permettront d’avoir des résultats, c’est-à-dire des moyens donnés par la loi aux agriculteurs pour qu’ils puissent avoir un retour financier par les prix ", estime-t-il. Le syndicalisme majoritaire demande notamment la non-négociabilité des matières premières agricoles à tous les échelons. Or dans la PPL, " cet élément s’applique uniquement entre les industriels et les distributeurs ". Cette non-négociabilité doit par ailleurs s’appuyer sur " un coût de production établi annuellement par une autorité d’Etat ". Il manque également " une autorité de régulation qui soit indépendante, oblige tous les opérateurs à jouer le jeu, crée les conditions de la transparence à tous les échelons " et qui ait la capacité " d’aller contrôler les dires des opérateurs si ceux-ci paraissent suspects ".
Autre demande de la profession : une identification des produits qui soit totale mais aussi précise, afin d’"empêcher un contournement de la loi ", insiste Michel Joux.

Pac : un ministre à l’écoute

Les professionnels d’Auvergne-Rhône-Alpes se sont entretenus le 7 mai par visioconférence avec le ministre de l’Agriculture. Julien Denormandie donnera sa position pour les orientations de la future Pac " entre la fin du printemps et le début de l’automne ", rapporte Michel Joux. " Nous lui avons réaffirmé que nous voulions une Pac équilibrée, pour sauvegarder un maximum d’exploitations, quelles que soient les productions et les territoires. Il nous a dit que ce n’était pas une tâche facile !  Nous avons redit la nécessité de garder les enveloppes de couplage, de rendre les éco-régimes accessibles au maximum d’agriculteurs et que l’ICHN reste a minima stable ", détaille le responsable. A l’écoute des demandes, le ministre a indiqué qu’il manquait
"700 M€ sur la programmation, qu’il s’engageait à chercher", rapporte Michel Joux. Julien Denormandie s’est montré plutôt " favorable " pour travailler sur " l’agriculteur véritable ". Il a aussi, selon Michel Joux, confirmé sa priorité pour l’ICHN, mais aussi la DJA, le secteur bio, les MAEC et la modernisation des entreprises agricoles. 

Gel : une mobilisation le 12 mai

Suite à l’épisode de gel début avril, la profession agricole a appelé à une mobilisation mercredi 12 mai(1) dans les départements les plus touchés pour réclamer une meilleure lisibilité et une mise en œuvre rapide des aides annoncées par l’Etat. " Les ministres se sont déplacés pour annoncer une enveloppe exceptionnelle d’un milliard d’euros. Mais un mois après, nous n’avons rien de concret ! ", déclare Michel Joux. Des visites étaient prévues sur le terrain avec les services des préfectures.
La Région Auvergne Rhône-Alpes veut débloquer jusqu’à 50 M€, avec l’aide des Départements et des intercommunalités, pour soutenir les agriculteurs sinistrés. Une décision saluée par le président de la FRSEA Aura, " mais il faut que l’Etat se cale rapidement ", clame-t-il, rappelant que la région est l’une des plus touchées.

Gestion des risques : des pistes à creuser

Le député Frédéric Descrozaille (LREM, Val-de-Marne) a rendu son rapport sur la gestion des risques en agriculture le 22 avril au ministre de l’Agriculture. " Le rapport parle de toutes les pistes d’action à mettre en œuvre pour avoir une vraie protection, que ce soit par des mesures fiscales, de stockage ou de protection physique des cultures, auxquelles vient se superposer le système assurantiel, qui est une mesure parmi d’autres ", commente Michel Joux. Reste à définir un financement public pour mettre en œuvre ce système : où trouver les fonds ? Qui réassure le risque ? Le rapport parle d’un pool de co-assurance, retient le responsable, qui insiste sur la nécessité " d’une réassurance d’Etat ou solidarité nationale en cas d’aléa de grande ampleur ". L’enjeu de la souveraineté alimentaire, c’est selon lui ce qui doit guider la mise en place d’un système de protection des productions face aux aléas climatiques : " si l’on veut des agriculteurs pour produire, il faut un cautionnement de l’Etat ".

1. Entretien réalisé entre le 7 et le 10 mai, soit à la veille des mobilisations départementales suite à l’épisode de gel.

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