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Un corps de ferme tout confort

Au Gaec du Four d’Espinasse à Bagnols, les éleveurs ont réaménagé leur étable entravée en stabulation logettes et repensé leur salle de traite pour plus de confort.

Le Gaec du Four d’Espinasse a gagné en productivité en élargissant sa salle de traite.

À Bagnols, à l’occasion de la dernière journée des Portes Ouvertes Bâtiments organisées par la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme, les visiteurs ont pu découvrir la ferme du Gaec du Four d’Espinasse. Ici Aurélie et Philippe Chassard élèvent une cinquantaine de vaches laitières dont ils transforment quotidiennement le lait en Saint-nectaire. En 2016, ils ont entièrement réorganisé et réaménagé leur ferme pour plus de confort. L’étable entravée est devenue une stabulation à logettes, la salle de traite a été rénovée et le bâtiment rallongé pour installer des parcs à génisses.

Investir dans l’agrandissement

Philippe Chassard s’est installé sur la ferme familiale en 2011. A l’époque, il a fait construire une étable entravée ainsi qu’une fromagerie. « L’étable entravée s’est parce que nous avions aussi un troupeau de vaches allaitantes et le bâtiment logettes était trop onéreux. » Cinq ans plus tard, et quelques tonnes de Saint-nectaire fermier vendues, l’éleveur est rejoint par sa compagne Aurélie. Ensemble ils décident d’abandonner les vaches allaitantes et de reconstruire un bâtiment laitier fonctionnel. L’étable entravée mesurait 35 mètres de long sur 18,3 mètres de large. Elle a d’abord été élargie de 17 mètres par la construction d’un second bâtiment juxtaposé. De 640 m² de surface initiale, l’agrandissement leur permet de bénéficier en définitive de 1 235 m² de bâtiment d’élevage et de stockage de fourrage.

À l’intérieur, 50 logettes équipées de matelas ont été installées. L’aire d’exercice est nettoyée à l’aide de deux racleurs. L’éleveur l’assure : « l’alimentation des vaches est plus facile depuis qu’elles sont en logettes et nous avons gagné environ 600 kg de lait par vache et par an ».

Grâce aux logettes, le temps de nettoyage et le paillage a été réduit d’une heure par jour par rapport à l’entravée.

Le confort dans les détails

Là où ils témoignent avoir surtout gagné en confort, c’est dans la salle de traite. En épi 2X6 avec décrochage automatique, indicateur de production, rideau électrique et brumisation, Aurélie et Philippe Chassard n’ont pas lésiné sur les moyens pour se faciliter la vie. « Notre plus grande chance est d’avoir une fosse de traite très large, plus de trois mètres. Lorsqu’on trait à deux, on peut circuler plus facilement tout en ayant tout notre matériel à disposition. Cela permet aussi aux visiteurs venant acheter leur fromage d’assister à la traite avec nous, sans nous gêner. »

La dimension fait beaucoup mais les petits aménagements également. Constatant une dégradation du béton sur l’aire d’attente et les quais de traite, ils ont installé des tapis et évité ainsi les glissades des animaux. « Elles sont tellement bien dessus que parfois elles ne veulent plus sortir ! »

Cet été, le couple a investi dans des brumisateurs placés dans l’aire d’attente et le couloir de traite. « Nous avons déboursé plus de 2 000€ mais on ne regrette pas. Il y a moins de mouches, il fait moins chaud et les vaches bougent moins. C’est très confortable. » Au quotidien, la traite dure environ 55 minutes pour 45 vaches à deux trayeurs et 70 minutes pour un seul trayeur.

Innovation et évolution

L’agrandissement du bâtiment a permis à Aurélie et Philippe Chassard d’installer trois parcs à génisses et un box de vêlage. Dans l’un de ces parcs, les éleveurs expérimentent d’ailleurs le bois plaquettes en litière depuis cet autom- ne. Ils ont d’abord déposé une couche de 15 cm d’épaisseur avant de rajouter entre 3 et 5 cm d’épaisseur de plaquettes tous les 10 jours environ. Avec le parc 100% paille à côté, le résultat saute aux yeux. « Les génisses sont beaucoup plus propres sur les plaquettes que sur la paille » explique Philippe Chassard.

Du côté du stockage de fourrage, l’agrandissement leur permet de conserver plus de 400 bottes à l’abri. Cependant, les éleveurs souhaitent s’agrandir encore et projettent la construction d’un troisième bâtiment dédié uniquement au stockage. « Nous allons construire dans le prolongement du bâtiment existant, un hangar de 45 mètres par 17 mètres sûrement équipé de panneaux photovoltaïques. Ainsi, le bâtiment actuel sera entièrement dédié au logement des génisses. »

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