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Michele DELESVAUX, Présidente de la Fédération régionale ovine
Travailler plus pour gagner moins, ça suffit !

Alors comme ça les éleveurs ovins sont les meilleurs élèves de la classe ! Ils ont fait beaucoup d’efforts en terme technique, de segmentation des marchés, et du coup, leurs agneaux sont les plus chers d’Europe. Et pourtant, tous les moutonniers sont aujourd’hui dans le rouge. Rouge dans les comptes et rouge de colère.

Michele DELESVAUX, Présidente de la Fédération régionale ovine
A qui la faute ?
Aux pouvoirs publics d’abord, qui malgré plusieurs rappels, n’ont pas mesuré le péril de la production ovine. Sans mesure nationale d’urgence de soutien, et ce, dès cette année, c’est toute la filière qui est en péril. Et avec elle, tout l’aménagement du territoire auquel elle contribue largement. Mesdames, Messieurs les élus, un peu de courage, et dites-nous si vous voulez encore de la production ovine en France et sur le Massif central ? Soyez clairs, car nous avons passé l’âge de nous faire embobiner par des discours, que jusqu’à présent, vous n’avez pas su tenir.
Oui nous avons su prendre le train du progrès quand il était temps. Oui nous avons un rôle majeur dans le maintien des paysages ouverts. Oui nous avons des parts de marché à conquérir, car seul 35 % de la production française alimente le marché national.
Mais Non, aujourd’hui nous ne pouvons plus vivre avec moins d’un SMIC !
Faudra t-il que toutes les brebis aient déserté les prairies, pour qu’enfin, on s’interroge sur la légitimité d’un soutien spécifique aux éleveurs ovins ? Il sera trop tard. Il n’empêche, qu’à force de nous faire croire qu’une telle mesure est difficile à envisager, nous allons tout droit dans le mur. Et nous n’allons pas emprunter des chemins sinueux pour nous y engouffrer. Si nous n’obtenons pas un rééquilibrage des soutiens rapidement, dès cette année, inéluctablement, nous allons perdre plus de 600.000 brebis.
Le rouleau compresseur a bien entamé son travail d’éradication. Il en va de la responsabilité des politiques de freiner sa progression.
Vous qui êtes plus enclin à gagner qu’à perdre, comment ne pourriez-vous pas comprendre la détresse d’éleveurs, qui dans leurs campagnes, n’ont qu’un seul slogan «l’agneau on y croit !». Plus question aujourd’hui, de nous ressortir l’argument réchauffé des prix. Nous ne pouvons pas vendre plus cher, au risque de perdre encore davantage de marchés, à l’heure où, déjà des agneaux venus de Nouvelle-Zélande les inondent.
Car non contents de faire les frais d’un profond déséquilibre des soutiens, les éleveurs essuient actuellement les plâtres d’une bien piètre valorisation de leur produit dans les rayons, réduits au passage, à la portion congrue dans de nombreuses enseignes. Les outils de promotion existent, qu’attendez-vous Messieurs les responsables de magasins pour les exploiter. Nous, les éleveurs ovins, sommes prêts à les faire vivre. Même si le sort semble s’acharner sur nous, il nous reste une pincée de courage et un soupçon de fierté pour ne pas sombrer dans la fatalité. Le temps presse, c’est dans les mois à venir que notre avenir va se jouer.
Mobilisons-nous !
Appel à un soutien des éleveurs de la production ovine

Face à un désarroi total des éleveurs de moutons, la FDO appel à un soutien de la profession agricole.
L’édito de Michèle Delesvaux, ci-dessus, explique la situation dans laquelle se trouvent les moutonniers. Des actions sont menées depuis la semaine dernière, notamment auprès des parlementaires afin d’obtenir une réponse concernant la demande d’une aide nationale de 100 euros par UGB.
Devant cette situation, la FDO souhaite un soutien de la profession et des autres productions.

Vous pouvez les soutenir en appelant la FDO au 04.73.44.46.96

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