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Taxe poids lourds : l’élevage du Massif central touché de plein fouet

Les fabricants d’aliment du bétail dénoncent la nouvelle taxe poids lourds qui pénalise particulièrement les filières d’élevage du Massif central. Ils invitent la profession à se mobiliser.

Le réseau soumis au «Péage de Transit Poids Lourds»

C’est en toute discrétion et sans vague que la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, a annoncé au début de l’été le remplacement de l’écotaxe par un péage de transit poids lourds.

 

La taxe de trop

En effet, après les multiples rebondissements liés à la mise en place de l’écotaxe en fin d’année 2013 et suite au mouvement breton très médiatisé des «bonnets rouges», le gouvernement a fait marche arrière et remis à plat la question.

Mais le calme revenu, le ministère vient de décider l’instauration d’une taxe pour les poids lourds circulant sur les itinéraires de grand transit et supportant un trafic supérieur à 2 500 camions par jour. Ces itinéraires représentent 4 000 km du réseau routier national et de certaines routes alternatives départementales. Les poids lourds supérieurs à 3,5 tonnes sont concernés par ce péage(1). Enfin, l’entrée en vigueur se fera au 1er janvier 2015, après trois mois de marche à blanc. «Le péage de transit poids lourds met en oeuvre le principe de l’utilisateur/payeur et du pollueur/ payeur» indique une note du ministère de l’Écologie. Voilà qui est dit !

 

L’élevage du Massif central pénalisé

Depuis quelques mois, l’Union régionale des fabricants d’aliments composés Auvergne Limousin (Urfacal) qui, en octobre dernier avec ses partenaires professionnels de l’élevage et de l’agro-alimentaire, s’était opposée à la mise en place de l’écotaxe, redouble aujourd’hui de vigilance face à l’arrivée du nouveau péage. Les représentants de l’Union sont d’autant plus aux aguets que dans la nouvelle carte du réseau routier français, l’Auvergne et le Limousin sont particulièrement pénalisés par le nouveau dispositif. «Dans nos régions où la compétitivité des élevages est déjà fortement grevée par l’éloignement des ports d’approvisionnement des matières premières, c’est une double peine qui sera appliquée aux éleveurs avec une taxe sur l’acheminement des matières premières entrant dans la composition des aliments du bétail, et une taxe sur les livraisons» constatent Jean-Luc Doneys et Philippe Manry, président et vice-président de l’Urfacal. «Le transport est une charge importante dans nos régions, c’est quatre fois le prix de fabrication. Par rapport aux régions de l’ouest épargnées par le dispositif, c’est 15 à 20 €/tonnes de différence en charge de transport» précisent les deux représentants ; avant d’ajouter qu’il s’agit là «d’une inégalité de traitement territoriale flagrante», renforcée par la possibilité pour les transporteurs de répercuter la taxe via une majoration « pied de facture» forfaitaire de 2,2 %.

L’Urfacal alerte sur les conséquences que va entraîner la taxe de transit poids lourds sur les filières élevages du Massif central. «Dans un marché européen où nous devons lutter avec des pays qui bénéficient déjà de soutiens et d’accompagnements conséquents, le gouvernement français nous impose encore de nouvelles contraintes. Mieux, il met en danger le travail réalisé pour la construction d’une filière régionale d’engraissement. Avec cette nouvelle taxe, c’est tout le transport inter-régions qui est pénalisé» dénonce Philippe Manry.

 

(1) les véhicules et matériels agricoles, et les véhicules dédiés à la collecte du lait seront exonérés du péage de transit poids lourds.

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