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«Taille tôt, taille tard, rien ne vaut la taille de mars»

L’hiver est propice à la taille de la vigne qui s’étend généralement du mois de décembre au mois de mars. Le point avec Carole Chambellant, viticultrice à Contournat.

Avec beaucoup de passion et de savoir-faire, Carole Chambellant occupe ses journées d’hiver à tailler ses 7 hectares de vigne.

Il faut plus qu’un froid glacial et quelques flocons pour la décourager, Carole Chambellant passe ses journées d’hiver dans ses vignes afin de préparer ses 35 000 pieds pour la prochaine récolte. «L’idéal est de tailler au mois de mars, mais dans des petites structures comme la nôtre on ne peut pas se le permettre, il nous faut 4 mois, de décembre à mars».

Durant tout l’hiver, s’enchaînent les différentes étapes techniques de la taille de la vigne, révélatrices d’un véritable savoir-faire, que seules des années d’expérience permettent de sublimer. «C’est un métier de passion», souligne la viticultrice, «en réalité, la vigne vous rend le travail que vous avez fait dedans. Il faut en prendre soin pour qu’elle soit productive».

 

Deux tailles, deux écoles

La première taille dite guyot, est celle que Carole et son époux pratiquent le plus au sein de leur domaine. Il s’agit de choisir sur le pied une baguette bien droite et un écot à deux yeux. La baguette portera les raisins de l’année et l’écot ceux de la récolte suivante. Lors de la coupe, il faut alors se projeter sur deux ans, puisqu’une même branche ne peut pas porter le raisin plusieurs années de suite. La seconde technique de taille est celle du cordon de royat, que le couple continue d’utiliser sur 3 de ses parcelles. Elle consiste à garder en place un bras sur lequel sont laissés plusieurs écots. En principe, cette méthode permet d’obtenir des raisins plus petits et de meilleure qualité, et également de limiter le rendement des vignes très productives.

Un calendrier bien rodé

La taille peut commencer une fois les feuilles tombées, car toute la sève sera bien descendue. La première étape est de couper le haut de la vigne sur le dernier fil du palissage, à mi-hauteur, à l’aide d’une prétailleuse. Pour la coquette somme de 1 500 euros, un sécateur électrique simplifie largement la taille du bois car les vignes ont un bois très dur. Il faut ensuite enlever les anciens bois qui seront broyés et laissés sur place afin de recréer de la matière organique. A l’aide d’une attacheuse, les baguettes sont attachées aux différents fils du palissage. 3 à 4 relevages par an sont nécessaires, généralement en été, pour guider la plante à l’intérieur des fils releveurs. Carole prend soin d’ébourgeonner et d’enlever les verjus (petits raisins qui poussent sur les entre-cœurs) à la main, afin d’assurer la bonne tenue du cep. Rognages, effeuillage, nettoyage des souches à l’épampreuse, sont autant d’étapes qui se succèdent avant de pouvoir récolter le précieux nectar.

«Une culture raisonnée de la vigne»

Contrairement aux préjugés, les viticulteurs n’utilisent pas de pesticides sur leurs plantes mais des fongicides, élaborés à partir des mêmes formules que les traitements destinés aux humains. Ensuite, «nous traitons environ 6 fois par an pour lutter contre les champignons : l’oïdium et le mildiou. Si on ne traite pas, on ne récolte rien». Carole Chambellant y tient, la faune est préservée au sein de sa vigne, car en l’absence d’insectes nuisibles à sa production elle ne voit pas d’utilité à traiter. Des oligoéléments sont aussi utilisés afin de nourrir la vigne et de corriger les carences en phosphore, magnésium, ou fer. Une bande d’herbe entre les rangs des vignes permet de lutter contre la pourriture grise de fin de saison.

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