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«Si on s’occupe bien des vaches, elles nous le rendent à 200% !»

A la Ferme de la Rose des Vents à Egliseneuve-d’Entraigues, la fabrication du fromage rime avec respect de l’animal.

Céline Golfier consacre beaucoup de temps à observer et renforcer son lien avec ses animaux pour faciliter son travail.

S’il faut à certains quelques litres de lait et une poignée de semaines pour fabriquer un Saint-nectaire, chez d’autres on rajoute une pincée d’un ingrédient secret. Observer, écouter et donner ce qu’il y a de mieux à son cheptel laitier par amour de la technique ou respect du travail bien fait, peut tout changer.

 

Donnant-donnant

A la Ferme de la Rose des Vents, à Egliseneuve-d’Entraigues, la famille Golfier en sait quelque chose. Les 70 Montbéliardes de l’exploitation permettent chaque année la fabrication de 50 tonnes de Saint-nectaire. Environ 20% est affiné à la ferme, en cave naturelle, et le reste est confié à Vaissaire-Papon, affineur à Aubière. Un triptyque gagnant puisque la ferme a remporté à deux reprises, le premier prix du concours officiel Saint-nectaire. Ces résultats n’ont rien du hasard pour Céline Golfier : «le partenariat avec l’affineur est important mais ce qui est primordial c’est la relation entre l’éleveur et les vaches. Si on s’occupe bien d’elles, elles nous le rendent à 200% ! Il faut les respecter». Passionnée par son métier et surtout amoureuse de ses Montbéliardes, la jeune femme met un point d’honneur à prévenir plutôt que guérir. Elle utilise régulièrement homéopathie et ostéopathie pour éviter que «les petites complications» ne deviennent un gros problème. Elle consacre également du temps à renforcer ses liens avec ses animaux.

Avec patience et bienveillance, elle s’approche, parle, nomme, caresse et gratouille quotidiennement aussi bien ses jeunes vêles que ses vaches de carrière. «Notre présence ne doit pas être une source de stress pour les vaches. Les animaux constamment angoissés développent plus de problèmes sanitaires que les autres». Un lien éleveur/animal indispensable selon Céline Golfier pour certes avoir un bon lait mais surtout tendre vers l’autonomie. «Le but n’est pas d’avoir des vaches à 4 000 litres de lait mais de rester à 7 000-8 000 litres en ayant le moins d’interventions et d’achats extérieurs possibles».

Rééducation par le fromage

Cet état d’esprit, la jeune éleveuse tient à le transmettre aux dizaines de visiteurs qu’elle accueille chaque jour. Durant la saison estivale, elle peut recevoir jusqu’à 60 personnes à qui elle explique son travail, sa relation avec ses animaux et surtout à reconsidérer les produits fermiers. «Les gens doivent être rééduqués et reprendre conscience que derrière un produit, quel qu’il soit, il y a des heures voire des années de travail ainsi qu’un investissement humain considérable».

Le Saint-nectaire est apprécié pour son goût à la fois parfumé et doux et surtout sa texture crémeuse. Il ravit petits et grands, simples amateurs et férus de fromage et réveille le sens critique. «Grâce aux produits fermiers, les gens redécouvrent le bon goût» affirme Céline Golfier.

15ème Concours officiel Saint-nectaire

 

Le dimanche 7 août à Egliseneuve-d’Entraigues aura lieu le 15ème Concours officiel Saint-nectaire. Plus de 60 producteurs fermiers, 4 laiteries ainsi qu’une dizaine de maîtres affineurs seront en compétition. Une centaine de fromages sera jugée dans 3 catégories : fermier, laitier et challenge affineur. Pour les départager, un jury expérimenté de professionnels appréciera le croûtage, la texture de la pâte et les goûts des fromages. Cette manifestation commentée en direct et ouverte au public, organisée par l’Interprofession AOP Saint-nectaire est LA référence pour les producteurs.

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