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Production porcine
«Sans soutiens d’urgence, nos élevages sont condamnés»

La filière porcine du Massif central est en péril. Les responsables syndicaux attendent beaucoup de leur rencontre avec le ministre de l’Agriculture, prévue ce jeudi.


Une délégation d'éleveurs de porcs du Sud de la Loire sera reçue, le 10 janvier, par le ministre de l'agriculture, Michel Barnier. Ce rendez-vous, ils l'ont décroché à l'issue de la manifestation organisée le 13 décembre à Clermont-Ferrand. La mobilisation de près de 500 éleveurs a évidemment pesé dans l'obtention de cette entrevue, reste maintenant à faire avancer les revendications. Le temps presse, car « chaque jour qui passe creuse un peu plus les trésoreries des éleveurs », explique Bruno Bunisset, président de la section régionale porcine Auvergne-Limousin. Avec des cours du porc relativement bas (voir tableau) et des coûts d'aliments en nette hausse, beaucoup de producteurs n'arrivent plus à faire face.

Revendications
C'est la raison pour laquelle la section régionale porcine réclame en premier lieu, la mise en place rapide d'aides à minimis, le redéploiement de l'aide à la qualité et une année blanche pour les intérêts d'emprunt bancaire et pour les cotisations sociales. Plus structurellement, la section plaide en faveur d'un nouvel outil de cotation permettant de différencier la production du Massif central. Concrètement,
l'idée d'une cotation spécifique Sud-Loire n'est pas exclue dans la mesure où comme l'a précisé Alain Robert, président de l'URPAL (Union régionale porcine Auvergne-Limousin) «celle-ci serait intimement liée à l'IGP Auvergne ». Encore faut-il que le dossier IGP avance positivement et rapidement... «Il faut mettre la pression pour faire bouger les choses !», a souligné Thierry Lafragette, éleveur dans le Lot.

Cotations
L'IGP et les modalités financières et juridiques d'une nouvelle cotation seront au menu de la rencontre avec le ministre de l'agriculture.
Des mesures d'urgence pour passer le cap et une réorganisation de fond pour pérenniser la production sur le Massif central, voilà en résumé les attentes de la section régionale porcine. Ces revendications valent aussi pour la filière cunicole. Les éleveurs de lapins connaissent également une crise et réclament des aides à minimis. Ils seront également reçus par Michel Barnier.

Quoi de neuf depuis le début de la crise ?
Dans le cadre des difficultés de la filière porcine, la Commission européenne, répondant en particulier à la demande de la France, a activé, le 30 novembre dernier, les restitutions à l'exportation pour la viande de porc. Le 29 octobre, la Commission a mis en oeuvre les mécanismes de gestion prévus par l'organisation commune de marché en décidant l'ouverture du stockage privé.
Michel Barnier a décidé d'apporter une aide complémentaire à ces mesures européennes.
Un dispositif de fonds d'allègement des charges à hauteur de 3ME permettra une prise en charge des intérêts des emprunts des éleveurs. Par ailleurs, des prêts de crises pour un montant de 30ME pourront être alloués aux éleveurs de porcs en difficulté.
Ces mesures ciblent, en priorité, les éleveurs les plus endettés, les jeunes agriculteurs et les récents investisseurs. Dans un communiqué le ministre de l'agriculture précise «la mise en oeuvre de ces mesures, dès le début de l'année 2008, vise à conforter l'ensemble des exploitations porcines et maintenir une production et des filières diversifiées». Pour les éleveurs du Massif central, ces dispositifs ne sont pas suffisants. Ils comptent bien le faire comprendre au ministre.

 

 


 

Un prix moyen en baisse sur 2007 de 8,59 %


Le prix moyen du marché du porc breton (MPB) enregistre sur l'année 2007, un cours de 1,118 euro/kg, soit une baisse de 8,59% par rapport à 2006 (1,223 euro/kg).
Il est également en retrait par rapport à 2004 (1,128 euro/kg) et 2005 (1,159 euro/kg) et rompt un cycle de 3 ans de petite hausse du cours. « L'année 2007 restera marquée par la flambée des matières premières. Le coût de revient moyen annuel est supérieur au prix de vente moyen. En moyenne annuelle, il approchera 1,40 euro, tandis que le prix moyen payé sera de 1,25 euro» constate le MPB.

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