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Diversification
Rendements hétérogènes sur les légumineuses

Encore en phase de test, haricots, lentilles et pois chiche de consommation ont offert des rendements aléatoires mais une mine d'informations pour les années à venir.  

Les haricots rouges et blancs ont offert une moyenne de rendement correcte. La lentille verte a obtenu un rendement moyen.

Haricots, lentilles et pois chiche sont arrivés au terme de leur année de production. La nouvelle filière des légumineuses de consommation de Limagrain, a donné quelques sueurs froides aux producteurs. Entre attaques massives de pucerons, développement de viroses et sécheresses, les cultures ont été malmenées. Malgré tout, la coopérative poursuivra en 2021 leur implantation en Limagne, enrichie de cette expérience.


Des rendements mi-figue mi-raisin


Haricots, lentilles et pois chiches ont été récoltés durant l'automne avec de gros écarts de rendement.
En lentilles, seuls 85 hectares ont été arrachés sur les 178 hectares implantés. La lentille verte est celle qui connaît les meilleurs résultats avec un rendement moyen de 5,4 qtx/ha. Vient ensuite la lentille blonde avec 2,8 qtx/ha et la lentille noire avec 0,4 qtx/ha. La présence importante de viroses inoculées par des attaques massives de pucerons, "jamais vues dans la plaine de Limagne et ailleurs en France" ajoute Michel Prévot, directeur Agronomie et Conseil chez Limagrain, sont la raison de tels résultats. "La faible croissance des lentilles, dûe à ces attaques, a amoindri le développement des nodosités et favorisé l'installation de champignons parasites et des adventices." Les lentilles ont dépéri obligeant la coopérative et plusieurs de ses producteurs à prendre la décision de détruire les parcelles les plus touchées. Une situation qui ne se limite pas à la Limagne puisque "tous les bassins de production en France, y compris historiques de la lentille, ont été impactés et enregistrent de mauvais résultats" ajoute l'agronome.
Du côté des haricots, les rendements laissent davantage d'espoir avec 100% des surfaces implantées récoltées pour une moyenne de 20 qtx/ha. Quant au pois chiche, la moyenne atteint 21 qtx/ha et 48 hectares récoltés pour 55 hectares semés. "Il y a des écarts très importants entre les parcelles allant de 7 à 31 qtx/ha."  Sur ces deux cultures, la pression des pucerons semble avoir été moins importante pourtant elle serait, selon Michel Prévost, encore la cause des hétérogénéités de rendement, accentuées par les conditions pédoclimatiques.


Le puceron, ennemi agronomique n°1


Loin d'être abattue, la coopérative s'enrichit de ces expériences pour en tirer des enseignements, bien décidée à contrer le miniscule ravageur. Carine Pothier, responsable des nouvelles filières chez Limagrain, annonce dans un premier temps "le rallongement des campagnes de piégeage de novembre à avril " pour prendre de vitesse les pucerons. L'objectif est de donner la possibilité aux agriculteurs d'avoir "recours aux insecticides avant que la colonisation ne soit trop importante". Dans le même temps, les équipes de Michel Prévost mènent plusieurs expérimentations pour trouver une solution complèmentaire. "On essaie des associations de plantes pour créer un effet de diversion dans la parcelle, à l'image de la combinaison colza/féverole."


Petit à petit, la filière fait son nid


Malgré ces rendements moyens, Limagrain poursuit le développement de sa nouvelle filière. "Les légumineuses présentent de nombreux intérêts agronomiques (restructuration des sols, diversification, rallongement des rotations...) et la demande des consommateurs est forte sur ces produits " précise Michel Prévost. La coopérative prévoit ainsi l'implantation en 2021 d'environ 200 hectares de lentilles blondes et vertes, "il y aura probablement très peu de noires". Le plan de production des haricots est lui aussi augmenté et passe à plus de 150 hectares et 50 hectares pour les pois chiche. Un rythme pianissimo(*) que s'impose Limagrain afin de "valider chacune des étapes" pour "éviter de faire prendre des risques aux producteurs". Carine Pothier précise également "qu'il faut se donner le temps de développer des marchés porteurs [...] cibler les demandes de nos clients".
En parallèle de la production, les essais de date et densité de semis, d'écartement entre rang ou encore de protection phytosanitaire et désherbage mécanique se poursuivent pour affiner chaque année un peu plus l'itinéraire technique de ces cultures. "Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur l'expertise de Vilmorin grâce à sa production de lentille et haricot de semence. Nous travaillons également en partenariat avec Terres Inovia pour enrichir les références sur la culture des légumineuses."


Luzerne : excellent  
Avoine blanche : recalée


Concernant la production de luzerne, dont Limagrain construit également une filière en partenariat avec l'Interprofession du Saint-nectaire, les résultats de l'année sont "excellents" avec un taux moyen de matière azotée de plus de 18%. "Nous prévoyons une augmentation de la sole en 2021 la portant à 170 hectares (contre 70 ha en 2020 NDLR)." Carine Pothier place beaucoup d'espoirs dans la culture de cette légumineuse, qui, d'après elle "apporte une réponse à tous les agriculteurs, avec ou sans irrigation, mais également aux éleveurs."
A contrario, l'avoine blanche développée depuis quelques années par la coopérative a cumulé deux mauvaises années sur trois. Entre la sécheresse de 2019 puis les pucerons cette année, la céréale a montré "trop peu de résilience". Elle ne sera pas reconduite en 2021. "C'est dommage parce qu'elle était plébiscitée par les agriculteurs de moyennes montagnes. Elle répondait à des besoins et des attentes de leur part, notamment en termes de charges de production."

*pianissimo : très doucement

 

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