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Ferme  France
Remettre la compétitivité au centre de nos stratégies politiques

Les conclusions du rapport d'information conduit par le Sénat sont sans équivoque : la ferme France décroche. Perte de compétitivité, déclin des filières agricoles, recours croissant à l'importation... Explications avec le sénateur de Haute-Loire, Laurent Duplomb.  

Ce rapport d'information ont conduit les sénateurs à effectuer 200 auditions et des déplacements sur le terrain à travers la France comme à l'étranger. Ici à Tarascon au Panier provençal.

La France, puissance agricole reconnue à travers le monde, perd progressivement ses galons sur l'autel de la montée en gamme... C'est le constat que font les sénateurs Laurent Duplomb, Pierre Louault, Serge Mérillou et Sophie Primas dans un rapport d'information sur la compétitivité de la Ferme France rendu public le 28 septembre. Lundi 3 octobre, le sénateur Laurent Duplomb a présenté l'essentiel de ce rapport, ciblées sur cinq produits emblématiques (lait, pomme, tomate, blé, poulet), ainsi que les principales recommandations identifiées.

Les parts de marché reculent

Alors qu'en 2019 le Sénat alertait déjà sur une "régression de la place de l'agriculture française sur les marchés internationaux", les conclusions de ce récent rapport confirment malheureusement que la situation est loin de s'améliorer. Après plusieurs mois d'auditions et de visites de terrain, les sénateurs constatent 5 filières sur le déclin même si les filières lait et blé restent les plus compétitives. Mais à quel prix ! En lait, cette compétitivité est à relier à la forte compression des revenus des éleveurs... souligne Laurent Duplomb. Dans les filières pommes, tomates et poulet, les difficultés s'accumulent, les volumes d'exportation s'amenuisent tandis que les volumes importés ne cessent d'augmenter. Il y a 10 ans, la France exportait 700 000 tonnes de pommes contre 350 000 en 2022 et importait 100 000 T contre 200 000 T aujourd'hui. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. "La France est l'un des seuls grands pays agricoles dont les parts de marché reculent en passant de deuxième à cinquième exportateur mondial en 20 ans" lit-on dans le rapport du Sénat. La faute à qui ? À la stratégie de montée en gamme mise en place par nos politiques, à la surtransposition des normes et au coût de la main-d'œuvre bien trop élevé dans notre pays.

De la compote avec 1/3 de pommes polonaises

"Depuis quelques années, on pousse la montée en gamme, ce qui s'accompagne d'une hausse des charges pour les producteurs et d'une suppression progressive de certaines matières actives. On finit par aboutir à une concentration d'interdictions qui nous plonge dans l'impasse technique alors que d'autres pays européens maintiennent l'usage de ces matières. Et c'est ainsi que l'on est obligé d'importer des pommes de Pologne pour que nos Industries Agro-alimentaires puissent fabriquer la compote consommée par nos enfants.
Même scénario pour le poulet : "La France se concentre sur le poulet haut de gamme consommé le dimanche et le reste de la semaine, on accepte de manger du poulet étranger issu d'élevages plus compétitifs. La consommation de poulet est en pleine croissance dans le monde et la France ne profite pas de cette aubaine de développement" regrette-t-il. La surtransposition des normes impactent aussi sévèrement le domaine des céréales en particulier le transport et le stockage.

Un cercle vicieux mortifère

En élevage lait, "la pénibilité physique autrefois vécue par les agriculteurs a été remplacée dans les années 2000 par une pénibilité morale et psychologique liée à la multiplication des normes, à l'agrandissement subi de nos cheptels et à une diminution de la main d'œuvre sur les fermes".
Le sénateur identifie 2 risques majeurs : le cloisonnement du consommateur français (entre ceux qui auront les moyens de consommer du haut de gamme et les autres contraints de consommer de l'importé) et celui de pénurie alimentaire ou de devenir tributaire des autres pays.
Sans se montrer farouchement opposés à toute montée en gamme, qui peut convenir pour certaines filières, les sénateurs pointent du doigt l'absence d'une politique de compétitivité. Pour contrer "ce cercle vicieux mortifère qui conduit à l'érosion du potentiel productif", le rapport propose de "mettre le paquet pour retrouver la compétitivité de la ferme France".

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