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Récolte et arrêt des quotas, la betterave dans tous ses états

Les récoltes de betteraves ont débuté il y a quelques semaines et, d’ores et déjà, la Sucrerie de Bourdon annonce une campagne record dans un contexte sucrier incertain.

Gilles Berthonnèche, président de la section de la Sucrerie (à gauche) et Stéphane Brunel, directeur d’établissement (à droite) rassurent les producteurs sur cette première année d’arrêt des quotas.

La campagne sucrière 2017 est lancée. Depuis le 5 septembre, les 5 760 hectares de betteraves du Puy-de-Dôme et de l’Allier sont en cours d’arrachage. D’ores et déjà, Gilles Berthonnèche, président de la section Bourdon, assure qu’il s’agira « de la deuxième meilleure campagne de la sucrerie après 2014 ». Les rendements moyens sont en effet prometteurs avec 90 à 92 tonnes de betteraves par hectare. Cependant, seul 10% de la surface totale a été récoltée à ce jour, il faudra attendre la fin de la campagne, au mois de janvier, pour connaître les résultats définitifs. Quant aux marchés et à l’arrêt des quotas, Stéphane Brunel, directeur de la Sucrerie de Bourdon appelle les producteurs à « modérer leurs inquiétudes [...] la consommation de sucre au niveau mondial est en augmentation ».

Arrachages en cours

« La récolte se déroule à ce jour dans de très bonnes conditions » précise Gilles Berthonnèche. Cette saison, la betterave n’a dans l’ensemble subi aucun aléa climatique de grande ampleur ou d’attaques virulentes de quelconques ravageurs. Certaines parcelles ont néanmoins été touchées par les charançons et la cercosporiose. « Des attaques jugulées et aux conséquences limitées » selon le président de la section qui précise toutefois le caractère inédit de ces agressions et tout particulièrement du charançon. « Ce ravageur est « nouveau» dans notre département. Sa présence est de plus en plus marquée dans nos betteraves. »

La culture sucrière n’a pas eu à souffrir d’aléas climatiques nuisibles hormis l’épisode caniculaire. Même si ce dernier n’a pas été aussi impactant que celui de 2015 et 2016, il a prouvé encore une fois l’indispensable utilité de l’irrigation. « Nous observons une différence de rendement de 15 à 20% entre les parcelles arrosées et non arrosées » explique Gilles Berthonnèche.

Des marchés incertains

C’est avant tout l’arrêt des quotas sucrier et la position des marchés qui animent les conversations des producteurs. Tous craignent une chute des prix et une production excessive de sucre au niveau mondial. Les betteraviers français parviendront-ils à suivre le mouvement ? Stéphane Brunel, directeur de la Sucrerie de Bourdon rassure : « nous ne sommes que quatre intervenants sucriers en France. Notre restructuration a déjà été réalisée. Nous avançons tous dans le même sens pour affronter et nous positionner sur les marchés ». C’est pourquoi Cristal Union et la Sucrerie de Bourdon encouragent leurs producteurs à augmenter leurs surfaces pour « donner de la flexibilité aux sucreries et saisir des parts de marchés ». Le directeur l’affirme, les impacts de l’arrêt des quotas sont limités pour l’heure, « nous voyons simplement les volumes ou le type de clients changer ».

Malgré les incertitudes sur les marchés du sucre, la Sucrerie de Bourdon poursuit ses investissements pour améliorer ses performances et asseoir encore davantage sa position au sud de la France.

Baisse du prix de la pulpe

 

La Sucrerie de Bourdon augmente cette année sa production de pulpe de betterave afin de répondre aux demandes toujours croissantes des éleveurs. L’entreprise a également pris la décision d’en baisser le prix « tenant compte des contraintes et des difficultés des éleveurs de la région ». Ainsi la tonne de matière sèche de pulpe sera vendue 94 € cette année (contre 105 € en 2015).

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