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Agronomie
Quelle diversification végétale pour mon exploitation ?

Le Salon de la diversité végétale, organisé par la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme, a réuni toutes les filières diversifiantes présentes sur le département.

Diversification végétale

Le 20 mai dernier avait lieu, sur le parvis de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme, le premier salon de la diversité végétale.
Autour de sept stands dédiés à chacune des filières, les agriculteurs, en recherche de valeur ajoutée sur leur exploitation, ont pu rencontrer les conseillers et techniciens. " Les agriculteurs essaient de plus en plus de se diversifier pour répondre aux enjeux agronomiques, environnementaux et économiques. Il nous semblait opportun de réunir et de mettre en avant toutes les filières végétales diversifiantes existantes pour répondre à leurs besoins" explique Mathieu Daim, élu à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme.
Plusieurs dizaines de personnes se sont déplacées pour l'évènement. La technique était au menu de cette journée autant que la convivialité. Après plusieurs mois de confinement et de grisaille, le retour du soleil, le temps d'une journée, et des rassemblements en extérieur, ont profité à la buvette des JA et au pizzaïolo présent pour l'occasion. " Nous traversons des crises successives difficiles économiquement mais aussi moralement. Se rencontrer et échanger permet de voir notre métier sous un autre angle et d'envisager de nouvelles perspectives."

Le tabac se roule en cape

Malgré la fermeture de l'usine de Sarlat en 2019 et les incertitudes autour des débouchés du tabac, les producteurs puydômois et bourbonnais sont toujours présents. Ils sont une trentaine à cultiver entre 35 et 40 hectares de tabac pour trois clients.
Le premier est une usine italienne qui recherche de belles feuilles pour réaliser l’enveloppe extérieur des cigarillos (la cape). Quinze hectares sont ainsi dédiés à ce marché dans le département. Le kilo de feuille est valorisé suivant sa qualité visuelle (couleur, défaut...) et peut atteindre jusqu’à 6,5€/Kg. Le second marché concerne la nicotine où, dans ce cas, l’entreprise française VDLV recherche des tabacs concentrés pour extraire la substance à destination des cigarettes électroniques. Là aussi, le prix au kilo de la production dépend du taux de nicotine. Enfin, le troisième marché, dans lequel les producteurs sont engagés, est le tabac à faible taux de nicotine pour élaborer l’intérieur des cigares. Dans ce cas, c’est une variété ancienne, la B217, qui convient.  Le marché de la cape est celui qui  génère  aujourd’hui  les  plus  grosses  commandes  mais  il  est  de  loin  le  plus  complexe puisque la réussite de la production dépend des conditions climatiques durant le séchage des feuilles. Dans tous les cas, l’irrigation des parcelles de tabac est fortement recommandée.

Produire des vers de farine

La société Invers développe depuis cinq ans sur le Puy-de-Dôme, une filière de production de protéines d'insectes en lien avec les agriculteurs. Les vers de farine, riche en protéines, peuvent aisément remplacer la protéine végétale (soja) dans les aliments pour l'aviculture et la pisciculture. Le projet d'Invers est de permettre aux agriculteurs de réaliser cette production. Pour ce faire, ils doivent disposer d'un bâtiment clos, isolé et chauffé toute l'année à 26°C et maintenu à un taux d'humidité de 60%. La société fournie les œufs de vers de farine ainsi que leur alimentation issue des co-produits agricoles tels que les sons de blé, la farine... Les lots d'insectes se succèdent tout au long de l'année et chacun d'entre eux a une période d'élevage de six semaines.
À ce jour, deux bâtiments d’élevages sont en cours de construction et la société devrait en compter cinq d’ici 2023. L’investissement s’élève à 600 000 €/bâtiment pour une production de 18 tonnes d’insectes par mois. Les charges de productions sont d’environ 1 100€/tonne (bâtiment compris) et le prix d’achat des insectes aux alentours de 1 500 € /tonne. Enfin, le temps de travail à consacrer à cet élevage est d’environ 2,5 jours/semaine.

Les légumes de plein champ

Les producteurs du Puy-de-Dôme viennent de créer une association pour structurer la production de légumes de plein champ dans le Puy-de-Dôme. La demande autour de ces produits locaux augmente considérablement, tirée vers le haut par la GMS. L'objectif de l'association est de dispenser les agriculteurs des aspects logistiques de la vente (prise de commandes, livraisons...) pour qu'ils se concentrent uniquement sur la production. La filière des légumes de plein champ est en pleine émergence et recherche activement des producteurs. L’irrigation sur les parcelles est fortement recommandée.

La filière lin, soja et sorgho grain

Depuis 2018, l'entreprise Chouvy, spécialisée dans l'alimentation animale, développe une filière de production de lin extrudé sur le département. Après avoir investi plus de 4 millions d'euros sur son site de Vic-le-Comte, le fabricant d'aliment est le deuxième du genre en France à proposer ce produit aux éleveurs. Le lin extrudé présente l'avantage d'être plus digestible et mieux assimilable par les bovins et porcins, améliorant ainsi la qualité nutritive de la ration et notamment sa teneur en Oméga 3. L'entreprise Chouvy recherche donc des producteurs puydômois pour produire de la graine de lin. La filière compte aujourd'hui environ 1 200 ha répartis sur l'ensemble du Puy-de-Dôme et sur quelques communes limitrophes de l'Allier.
Le lin se sème sur la dernière quinzaine de septembre pour fleurir entre mai et juin avant d’être récolté entre juillet et août. La récolte se réalise avec une moissonneuse batteuse traditionnelle. Au niveau de l’itinéraire technique, la culture est peu gourmande en intrants et l’irrigation n’est pas nécessaire à sa conduite. Il faut compter environ 250 €/ha de charges de production et un prix d’achat aux alentours de 445 €/tonne.
Parallèlement, l’entreprise Chouvy recherche des surfaces de soja et sorgho grain. Le sorgho, là encore, est une plante résistante à la sécheresse et dont les conditions pédoclimatiques de Limagne semblent lui satisfaire.

Plantez de la vigne !

L'obtention de l'AOC Côtes d'Auvergne et d'une IGP, additionnée à une communication bien ficelée, la notoriété des vins puydômois n'a de cesse de progresser. Bien que l'épidémie de COVID ait quelque peu ralenti les affaires, l'engouement autour des Côtes d'Auvergne se maintient. La cave coopérative Desprat-Saint-Verny recherche donc quelques hectares de vignes supplémentaires pour répondre à la demande. La cave s'est fixée l'objectif d'augmenter sa surface de 50 ha en cinq ans. Déjà 27 hectares ont été plantés "majoritairement par des céréaliers de Limagne" nous apprend Gilles Vidal, président de l'AOC Côtes d'Auvergne. " Ces derniers ont en moyenne trois hectares." La vigne présente plusieurs avantages. Elle est d'abord une culture pérenne, installée pour plus d'un demi-siècle. Elle peut ainsi permettre de valoriser des terres "moins propices" aux cultures. Son itinéraire technique est décalé par rapport aux céréales. La taille et le relevage sont les seuls travaux manuels à effectuer. Le coût d'implantation d'une vigne est au "minimum de 25 000€/ha".  A la récolte, le raisin est ensuite vinifié à la cave.
« Certains vignerons indépendants sont également à la recherche de raisins à vinifier » d’après Pierre Deshors, président de la Fédération Viticole du Puy-de-Dôme. Des partenariats peuvent ainsi voir le jour sur le périmètre de l’AOC.

L'ail voit la vie en rose

L'ail rose de Billom a, il y a longtemps, connu des heures de gloire. Pas une exploitation agricole n'avait sa petite parcelle. L'ail a toujours été une culture de diversification. Presque oublié pendant quelques décennies, il revient aujourd'hui sur le devant de la scène. La Fédération des producteurs d'ail rose a toujours pour projet de faire inscrire la production puydômoise auprès de l'INAO sous la forme d'une IGP. A ce jour, seule une trentaine de producteurs d'ail rose sont répertoriés sur le secteur de Billom. L’ail rose est apprécié des gourmets en tout genre pour ses qualités organoleptiques propres à son terroir. La preuve en est, le nombre considérable de manifestations ayant pour emblème fédérateur l’ail rose lui-même. La Foire à l’Ail de Billom attire à elle seule chaque année près de 30 000 visiteurs.

Les légumineuses, la nouvelle filière Limagrain

Limagrain poursuit le développement de ces nouvelles filières légumineuses. Cette campagne compte ainsi 200 hectares de lentilles, 50 hectares de pois chiche et 70 hectares de haricots lingots blancs et rouges. Du côté de la luzerne, les surfaces augmentent également avec un peu plus de 150 hectares (contre 70 hectares en 2020).
La coopérative recherche des producteurs notamment pour les légumes secs. Agronomiquement, ces espèces apportent un lot d’avantages non négligeable : restructuration des sols, diversification, rallongement des rotations, excellent précédent cultural... « La valorisation des légumineuses avoisine 800€/hectare de marge brute » précise Carine Pothier, responsable des nouvelles filières chez Limagrain. L’irrigation est indispensable à leur réussite. Limagrain ambitionne de développer les surfaces, jusqu’à 500 hectares en lentilles. La coopérative travaille sur deux axes pour atteindre cet objectif. Le premier concerne la valorisation avec l’acquisition l’année dernière d’une recette de pâtes à base de légumineuses germées. La seconde est la recherche agronomique. En 2020, les légumineuses puydômoises ont rencontré quelques difficultés face aux pucerons et les viroses qu’ils ont transmis. Des essais de date et densité de semis, d’écartement entre rang ou encore de protection phytosanitaire et de désherbage mécanique sont en cours pour affiner chaque année un peu plus l’itinéraire technique de ces cultures.
En parallèle, le développement des surfaces de luzerne à destination de l’AOP Saint-nectaire va bon train. Là aussi, une telle culture présente de nombreux avantages agronomiques. Semée pour trois ans, la luzerne demande peu d’intrant et valorise très bien l’irrigation tant en quantité que qualité (taux de Matière Azotée). Là encore, Limagrain projette d’atteindre une surface de production totale de 250 hectares.

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