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Plan d’urgence
Quelle attitude adopter ?

Le plan d’urgence proposé aux éleveurs est aujourd’hui accessible. Chaque situation est différente et mérite une analyse particulière.

En février dernier, 800 éleveurs se sont déclarés intéressés par l'une ou l'autre des mesures proposées. Au moment où l'enveloppe de crédit va être disponible, et où chaque « exploitant demandeur» va être sollicité par sa banque, chacun doit décider s'il demande réellement à bénéficier de ces mesures.
Pour tous les éleveurs, à l'exception des jeunes agriculteurs installés depuis 2004, la prise en charge partielle ou totale des intérêts est assortie de l'obligation d'un nouvel emprunt dont le montant est limité au capital à rembourser en 2009 au titre des emprunts à long et moyen terme.
Bénéficier de cette mesure demande un minimum de réflexion. Faut-il prendre les avantages immédiats : (prise en charge d'intérêts et étalement du capital sur les cinq prochaines années) ou faut-il y renoncer pour ne pas compromettre le fonctionnement de l'exploitation au cours des prochaines années?
Chaque situation est différente et mérite une analyse particulière. Avec 2 exemples, nous présentons deux situations pour vous aider à prendre la bonne décision.

1er cas : un éleveur de bovins avec une porcherie et des emprunts anciens

- L'exploitation au 1er janvier 2009.
Le chiffre d'affaires réalisé en 2008 par cet éleveur s'élève à 264000 €.
Au 1er janvier 2009, le montant global des dettes s'élève à 197000€ qui se décomposent comme suit :
- emprunts à plus d'un an : 111.000 €,
- capital à rembourser en 2009: 21 000€,
- dettes aux fournisseurs : 52.000 €,
- découvert bancaire : 13 000€.
Le montant actuel des annuités s'élève à :
- 26 000 € en 2008,
- 25 000 € et 2009,
- 20 800 € en 2010,
- 12 000 € en 2011,
- 10 200 € en 2012.

- Prise en charge des intérêts 2009 et étalement du capital à rembourser sur 5 ans
Selon le dispositif prévu, cet agriculteur pourrait bénéficier d'une prise en charge d'intérêts de 4 000 € et d'un emprunt de consolidation de 21 000 €. Ainsi l'ensemble de ses annuités 2009 serait « pris en charge ».
Remboursé en 5 ans, au taux de 3,5%, avec un différé d'amortissement de 1 an, l'emprunt de 21 000 € engendrera de nouvelles échéances égales, hors ADI, à 735 € en 2010 et 5 720 € les 4 années suivantes.
En conséquence, après prise en compte des échéances du nouvel emprunt, le montant global des annuités à venir s'élèvera à:
- 0 en 2009
- 20 800 + 735 = 24 535 € en 2010,
- 12 000 + 5720 = 17 720 € en 2011
- 10 200 + 5 720 = 15 920 € en 2012.

- Un dispositif très intéressant.
Dans cette situation, avec un endettement et des annuités importantes, mais avec des emprunts qui arrivent à échéance au cours des 3 ou 4 prochaines années, le dispositif permet de «soulager » réellement la trésorerie (pas d'annuités en 2009) sans accroître la « pression des annuités » au cours des années suivantes.

 

2ème cas : un éleveur de bovins avec des emprunts récents

- L'exploitation au 1er janvier 2009.
Le chiffre d'affaires réalisé en 2008 par cet éleveur s'élève à 97000 €.
Au 1er janvier 2009, le montant global des dettes s'élève à 194000€ qui se décomposent comme suit :
- emprunts à plus d'un an : 159000 €,
- capital à rembourser en 2009: 13 700€,
- dettes aux fournisseurs : 21300 €.
Le montant actuel et à venir des annuités s'élève à :
- 12 500 € en 2008,
- 18 300 € en 2009,
- 17 800 € en 2010,
- 17 400 € en 2011 et 2012.

- Prise en charge des intérêts 2009 et étalement du capital à rembourser sur 5 ans
Selon le dispositif prévu, cet agriculteur pourrait bénéficier d'une prise en charge d'intérêts voisine de 4 600 € et d'un emprunt de consolidation de 13 700 €. Ainsi l'ensemble de ses annuités 2009 serait « pris en charge ».
Remboursé en 5 ans, au taux de 3,5%, avec un différé d'amortissement de 1 an, l'emprunt de 13 700 € engendrera de nouvelles échéances égales, hors ADI, à 480 € en 2010 et 3 750 € les 4 années suivantes.
En conséquence, après prise en compte des échéances du nouvel emprunt, le montant global des annuités à venir s'élèvera à:
- 0 en 2009
- 17 800 + 480 = 18 280 € en 2010
- 17 400 + 3 750 = 21 150 € en 2010
- 17 400 + 3 750 = 21 150 € en 2012.

- Un intérêt moindre
Si la prise en charge totale ou partielle des intérêts et le fait de ne pas rembourser d'annuités en 2009 sont toujours intéressants, la réalisation d'un nouvel emprunt conduit pour les 5 prochaines années à un accroissement des annuités.
Cette augmentation, sera-t-elle supportable et ne viendra- t-elle pas compromettre des investissements indispensables ?

 

Une étude prévisionnelle, même succincte, est nécessaire

Avant toute décision, il convient de prendre en compte la situation économique et financière actuelle de l'exploitation. Réfléchir à l'évolution probable des ventes, du chiffre d'affaires et de l'EBE est nécessaire pour vérifier si une annuité supplémentaire sera bien supportable au cours des 5 prochaines années.
Cette étude est d'autant plus justifiée si les emprunts sont récents et si les annuités sont importantes pendant plus de 5 ans.
Appelez votre conseiller, au CER France Puy-de-Dôme Avenir. Avec lui, vous mesurerez toutes les incidences économiques et financières de ces dispositions sur le «fonctionnement » actuel et à venir de l'exploitation.

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