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Promouvoir les dons agricoles dans la durée

Interface des dons d’origine agricole, l’association Solaal espère que la législation permettra aux producteurs agricoles d’inscrire leur démarche solidaire dans la durée.

Les dons de lait à l’initiative des agriculteurs permettent depuis des années de contribuer efficacement à l’alimentation des personnes en situation de précarité.

Avec l’embargo russe qui a plombé les exportations en 2014, les filières agricoles et notamment celles des fruits et légumes se sont tournées vers les associations caritatives pour écouler leurs surplus. Fin 2014, 1 200 tonnes (soit 2,4 millions de repas) ont été distribuées aux associations alimentaires via Solaal, interface entre les donateurs des filières agricoles et les associations. Un chiffre qui pour sa présidente, Angélique Delahaye, n’est qu’une «goutte d’eau dans l’océan des besoins» et incite l’association à poursuivre son action pour faciliter et amplifier l’élan solidaire du milieu agricole au-delà des crises conjoncturelles.

 

Défiscalisation et contreparties

L’une des conditions nécessaires à la continuité de ces dons, c’est la défiscalisation pour les produits non transformés. En novembre 2013, les dons de lait ont été défiscalisés en prévision des quantités supplémentaires qui pourraient résulter de la fin des quotas, puis en décembre dernier, les œufs ont également bénéficié de la mesure. L’abandon de recettes est par ailleurs possible pour les céréales depuis fin 2014. Conscient de l’importance de ces avantages fiscaux pour inciter au don, Guillaume Garot, ancien ministre de l’Agroalimentaire, parlementaire en mission sur le gaspillage alimentaire, a affirmé que dans son rapport qui sera remis d’ici un mois, «la défiscalisation doit rester un levier fondamental de lutte contre le gaspillage», même en période d’éco- nomie budgétaire. Cependant, «cette défiscalisation doit être assortie de contreparties», a-t-il ajouté, notamment en termes de mesure de ce qui est gaspillé, pour avoir un point de départ et constater l’effectivité de la réduction. Le don doit pouvoir être mesuré en valeur mais aussi en volume, et la défiscalisation doit être, selon lui, conditionnée à des garanties de qualité, notamment en ce qui concerne les dons de la grande distribution.

Lever les blocages

Au-delà de la fiscalité, la réduction du gaspillage doit également passer par la levée de certains freins techniques, financiers et logistiques. Guillaume Garot cite ainsi l’exemple de restaurateurs qui pourraient s’inquiéter de leur responsabilité quand ils donnent des doggy bags à leurs clients : en clarifiant la réglementation, «on pourrait facilement les rassurer», s’exclame le député qui a pris l’engagement récent, devant l’Assemblée nationale, de coécrire avec l’ensemble des groupes parlementaires «une proposition de loi contre le gaspillage alimentaire, qui prendra en compte l’ensemble des aspects, des acteurs, et qui apportera des réponses à toutes les difficultés qui se posent aujourd’hui». Un gros travail reste en effet à fournir pour faciliter et généraliser le don agricole. Arnaud Delacour, président de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) explique ainsi les difficultés qu’il y a à donner des pommes de terre aux entreprises qui les transforment en chips, par exemple, puisque ces produits bruts ne représentent que 20 % du coût du produit final pour l’entreprise qui n’est pas toujours disposée à payer de sa poche les 80 % manquants. La profession avance pour trouver des solutions à ce problème complexe. La logistique du don mérite également d’être optimisée, puisque comme le souligne un membre de la coopérative Blue Whale, un camion de marchandise normalement exportée va devoir être envoyé, quand son contenu est finalement donné, à plusieurs endroits dans toute la France sous un conditionnement différent. Solaal travaille actuellement à plusieurs initiatives sur ce thème, l’optimisation des flux logistiques avec la Fondation Carrefour par exemple, ou l’élaboration d’une plateforme de regroupement de dons de fruits et légumes. Un travail salué par Guillaume Garot, convaincu que la lutte contre le gaspillage est «une belle cause qui permet d’être fier de ce que fait la société française», et surtout un enjeu au regard du défi alimentaire, plus global, et dans lequel le monde agricole est évidemment en première ligne.

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