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Pullulation
Prévenir la pullulation du rat taupier, guérir les prairies infestées

Le rat taupier ravage le Puy-de-Dôme. Lors d'une réunion les professionnels agricoles demandent la mise en place rapide d'actions pour enrayer ce fléau et aider les agriculteurs sinistrés.

Toutes les personnes (1) conviées par Bruno Chaput, vice-président de la Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme ont répondu présent à son invitation : trouver des solutions pour aider les agriculteurs dont les prairies subissent de lourds dégâts dûs aux campagnols terrestres, avec des conséquences pesant lourdement sur la production fourragère.

La situation aujourd'hui
Le rat taupier envahit le Puy-de-Dôme depuis 1974. Les pullulations qui se concentraient sur un pic annuel restreint de six à sept ans, s'étendent maintenant sur deux à trois ans et l'écart semble se resserrer, "on a l'impression de ne plus s'en sortir ! " s'exclament les exploitants des secteurs touchés (à l'heure actuelle Dômes et Sancy). Les prairies pour la plupart totalement détruites ne donneront aucune récolte. Le risque en filigrane : un troupeau qui risque de connaître des problèmes sanitaires

Favoriser la lutte préventive
"La lutte doit être menée de manière précoce et collective, bien que collectif ne signifie pas obligatoire, souligne Bruno Chaput. On ne peut imposer de traiter. En effet pour bon nombre d'exploitants agricoles, la difficulté de traiter vient du trop long délai des autorisations administratives, et du manque de main-d'œuvre. D'où l'idée d'étudier la faisabilité de faire intervenir des agents extérieurs à l'exploitation, dont les tâches restent à définir mais qui pourraient agir en temps et en lieu opportuns (nous cherchons dès à présent des financements pour cette action)." L'ensemble des participants en accord avec lui, souhaite donc une simplification des démarches administratives, espère une meilleure prise en compte des réalités du terrain dans l'utilisation de la bromadiolone à basse densité.
Un groupe technique va travailler sur ces propositions et les chiffrera.

Après le passage des rats taupiers
L'ensemble des partenaires l'a affirmé : on doit aider les exploitations les plus touchées. "Pour bien faire a expliqué Bruno Chaput, nous allons prochainement rencontrer des partenaires financiers et administratifs, pour voir concrètement le soutien que l'on peut espérer."
Bernard Favodon, vice-président du Conseil Général du Puy-de-Dôme, a précisé que l'assemblée départementale se tient prête à soutenir financièrement un plan d'action, dans le cadre d'une lutte collective. "Nous considérons qu'il faut mener un programme d'action efficace contre le rat taupier. Une enveloppe supérieure à celle adoptée peut être envisagée à condition d'être dans un cadre de partenariat affirmé et pour des démarches efficaces."
La Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme afin de favoriser la remise en état des prairies, a renforcé son équipe Fourrages en engageant un ingénieur supplémentaire dans ce service. La fiche sur le rat taupier conçue par les services Chambre d'Agriculture va de nouveau faire l'objet d'une remise à jour.

 

Les moyens de lutte
Bernard Pradier a informé l'assemblée sur l'évolution possible du contexte réglementaire : la réglementation d'usage de la bromadiolone ne devrait pas évoluer sur la posologie : dosage du produit, nécessité d'intervenir en faible densité d'infestation. Par contre (sous toute réserve) certains assouplissements pourraient voir le jour :
-Le remplacement de l'actuel arrêté municipal obligatoire par un avis de traitement pris par le président du groupement de défense, déposé en mairie en préalable à toute démarche de traitement mécanique (enfouissement à la charrue).
-Pour le traitement manuel à faible densité aucune mesure ne serait obligatoire.
Ces deux mesures vont dans le sens de demande de la profession : une intervention très rapide pour des traitements précoces sur les secteurs infestés.
-L'usage du P.H.3 en basse densité autorisé contre les taupes pourrait l'être pour les rats taupiers, en utilisation par des agents agréés. Le représentant du SRPV Auvergne a précisé qu'actuellement en France on ne cherche pas de nouveaux toxiques en substitution de la bromadiolone, seul produit dont l'usage reste autorisé.

Pratiques agricoles : mise en cause et défense
Bernard Pradier a souligné que les dégâts se sont progressivement amplifiés depuis 1974, à cause notamment de l'évolution des pratiques agricoles : diminution des surfaces cultivées, agrandissement des exploitations avec pour conséquence une diminution de la main-d'oeuvre disponible, donc du temps de lutte contre ce ravageur.
Il précise qu'il pourrait exister un lien avec la fertilisation.
Bruno Chaput a répondu que "si l'on peut faire ce constat historique de l'évolution des dégâts, il ne faut pas en déduire que l'évolution de l'agriculture a été illégitime, qu'il reste possible de faire marche arrière. L'évolution était inéluctable et ne peut être remise en cause. Il est fort regrettable que dans le même temps, l'efficacité des traitements n'évolue pas, ne corresponde plus aux besoins du terrain."

(1 Philippe Bonhomme GEDON de Tauves, Pierre Mestre DOMAGRI, David Perret UDSEA, Daniel Bellaigues Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme et FDSEA, Sandrine Laffont, Chantal Martins, Patrick Richard FDGDON 63, Bruno Pradier SRPV Auvergne, Christian Chabanat MSA, Bernard Favodon, Renaud Thillaye Conseil Général du Puy-de-Dôme, Bernard Chaput, Laurent Huguet, Eric Brugière, Jean Potier, Alexandre Lefèvre de la Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme.

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