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Cultures
Pluie importante, foyers infectieux : les cultures ont la vie dure !

Castration, moissons, récoltes… les travaux débutent sur le département. L’occasion de faire un premier point sur l’état des cultures marquées cette année par des pluies en abondance et une forte pression des maladies.

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas ! Un adage qui se vérifie dans le domaine des productions végétales, notamment pour les céréales, les oléagineux et les protéagineux qui, cette année, paient les frais de pluies à répétition intervenues au moment crucial de la floraison.

En blé, les pluies continues durant la 2ème quinzaine du mois de mai ont provoqué des attaques importantes de fusariose sur l'ensemble des céréales à paille. « La pression des maladies de l'épi est telle que toutes les variétés sont touchées, même les variétés résistantes » explique Myriam Guerin, responsable agronomie Limagne chez Limagrain. Les mauvaises conditions climatologiques ont par ailleurs rendu difficile la réalisation des traitements visant à protéger les épis. Au moins la moitié de la récolte de blé est fusariée, selon la responsable agronomie. Les prévisions en mycotoxines conduisent à un impact possible sur le rendement et sur la qualité de la production. Le rendement moyen devrait être inférieur à celui de l'année dernière; soit aux alentours de 65 qx contre 70 qx la campagne dernière. « Le challenge de Limagrain sera alors de gérer au mieux la récolte et l'allotement afin d'isoler les lots sains des autres lots ».

« Nous ne sommes pas du tout dans les même conditions de valorisation que l'an passé » indique Christophe Cautier, producteur de blé et président du syndicat des producteurs de maïs semence. Le taux acceptable de mycotoxine pour la meunerie destinée à l'alimentation humaine, soit une limite de 1250 ppb(1), pourrait en effet être dépassée entraînant ainsi un déclassement en alimentation animale et donc, une perte de valorisation financière.

 

En orge, la tendance est similaire avec cependant une hétérogénéité plus marquée. « Il y a de très bonnes parcelles de 75 à 80 qx et d'autres avec des poids spécifiques peu élevés ayant souffert d'excès d'eau » précise Michel Delsuc, président de Domagri.

La récolte a commencé, les trois quart des parcelles ont été récoltée, « mais il reste des problèmes d'embourbement sur certaines parcelles, notamment en Limagne Sud et vers Lezoux ; des queues de parcelles restent inexploitables » indique le président.

 

En maïs, compte-tenu également de la pluviosité abondante, la végétation est très hétérogène. Les premières castrations du maïs semence ont débuté le 5 juillet sur les secteurs les plus précoces. Le passage des machines a été rendu difficile voire parfois impossible sur certaines parcelles gorgées d'eau. « Nous avons alors dû jouer l'entraide et mettre en place très rapidement des équipes de castration pour intervenir sur la trentaine d'hectare concernée » explique Christophe Cautier. « Le gros coup d'eau était notre crainte ! C'est la première fois cette année que cela arrive, où les machines ne peuvent pas passer et où il a fallu faire appel à de la main-d'oeuvre ». Un phénomène qui, de fait, a entraîné cette année la destruction inhabituelle de parties de parcelles de maïs semence. « Près de 40 ha ont été broyés à ce jour sur l'ensemble de la Limagne contre 12 ha l'an dernier concentrés sur la zone Chappes/Ennezat». Ceci étant, de belles parcelles sont en train d'être castrées : les décalages sont corrects, l'état sanitaire est bon et laissent présager de bons rendements.  Sur le maïs consommation (8.300 ha Limagrain sur un total de 12.000 ha en Limagne), la tendance est la même avec la présence de zones inondées, des difficultés de désherbage, des semis plus précoces... mais les rendements devraient atteindre un bon niveau.

 

 

En Colza, plus des trois quarts des surfaces sont aujourd'hui récoltées. Là encore, l'hétérogénéité marque la production avec la réalisation de bons rendements sur certains secteurs (entre 36 et 38 qx) et quelques cultures moins bien implantées qui n'atteignent que 15 à 20 qx. « Ce sont les parcelles les plus séchantes qui ont souffert durant la période critique de fin mars à début avril. Elles subissent en plus des attaques maladie» indique Michel Delsuc.

 

En tournesol, la plante a essuyé un mauvais départ : excès d'eau, attaques de corbeaux sur certaines parcelles au moment des semis, forte pression des pucerons...  Mais aujourd'hui, avec l'augmentation des températures, le développement végétatif s'accélère et les parcelles présentent un bon potentiel.

 

En pois, contrairement aux autres années, les perspectives de rendement s'annoncent excellentes. L'implantation s'est faite dans de bonnes conditions ; le pois a par ailleurs bénéficié d'eau en quantité suffisante et à bon escient, et d'un temps doux qui lui est favorable. « L'inquiétude  est plus sur la fin de cycle avec le développement éventuel de maladies » précise le président de Domagri.

 

En betterave, grande hétérogénéité de la sole. Les 4.200 ha de surface betteravière (Allier / Puy-de-Dôme) ont tous été touchés par les pluies en abondance. Les conséquences sont encore plus marquées  sur les 1.500 ha de resemis. Les sols inondés ont asphyxié les betteraves. Et des rendements catastrophiques sont attendus sur certaines parcelles. La cercosporiose a, par ailleurs,  fait ses premières apparitions fin juin. Et la pression s'est accélérée autour du 14 juillet. Les foyers infectieux sont importants dans les parcelles. Au 20 juillet, la quasi-totalité des parcelles avait reçu un traitement adapté. L'inconnue réside maintenant sur les conditions climatiques à venir.

 

 

 

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