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Biolice
Petite révolution biodégradable au champ

La production de certaines variétés de maïs semence, en Limagne, est favorisée depuis trois ans, par le film de paillage fabriqué à partir de la matière Biolice, digérée par les bactéries du sol en un mois.

Le mois d'avril vit ces dernières journées et à la faveur d'un printemps changeant alternant épisodes pluvieux et journées ensoleillées, les semis battent leur plein sur la terre noire de Limagne. Sur la commune de Clerlande, Jean-Pierre Blanc poursuit ses semis de maïs semence sur l'une de ses parcelles. Tracteur et semoir sont de la partie. Et depuis deux ans, l'agriculteur recouvre ses cultures du film de paillage Biolice. Un film 100 % biodégradable qui s'est substitué au film plastique jusque là utilisé, pour la plus grande satisfaction de l'agriculteur : « L'avantage du film Biolice c'est que nous n'avons pas à le retirer, car il disparaît naturellement au bout d'un mois, sans avoir d'impacts négatifs sur l'environnement ».

Répondre à un besoin

Au milieu des années quatre-vingt dix, la coopérative Limagrain a sollicité sa filiale Ulice, afin de trouver une alternative au plastique issu de la pétrochimie. En effet, à partir de 1997, ces films étant considérés comme des déchets ultimes, les agriculteurs étaient soumis à l'interdiction de les brûler au champ. Ces films non recyclables devaient donc être ramassés, avant d'être acheminés vers une filière de retraitement.
Issu des ressources génétiques du groupe Limagrain, Biolice est né au terme de dix années de recherche. 100 % biodégradable et 100 % compostable, cette matière est fabriquée à partir de grains entiers de céréales, issus principalement de maïs.

 

Semences plus tardives

En plus du paillage des semis, Biolice a aujourd'hui trouvé bien d'autres applications (voir ci-dessous). Du côté des agriculteurs, cette innovation a non seulement contribué à amoindrir les contraintes, mais aussi à faire de la préoccupation environnementale, une réalité. Economiquement, le paillage permet de précocifier certaines variétés de semences. Autrement dit, l'utilisation de cette technique permet de produire en Limagne des lignées de semences plus tardives.

1.000 hectares de plasticulture

« Sans paillage, le solde de température entre semis et floraison ne serait pas suffisant pour produire certains types de variétés », explique Jérôme Lolive, technicien semence chez Limagrain. D'où l'intérêt d'apporter un peu de chaleur lors des premières semaines de la pousse, « pour reconstituer l'effet de serre ». Pour ne pas risquer d'étouffer et de brûler la plante, le film biolice est rainuré à la pose. L'installation d'un film nécessite plus de main-d'œuvre que dans le cadre d'un semis classique (entre deux et quatre personnes). Par ailleurs, « le débit de chantier est divisé par deux, comparé à un semis classique », estime Jean-Pierre Blanc. En matière de dé-sherbage, l'effet de serre accélérant la croissance de la plante mais aussi des mauvaises herbes, « il faut passer plus souvent, mais avec des quantités moin-dres ». Sur les 6.000 hectares de maïs semences cultivés par les adhérents de la coopérative Limagrain, 1.000 hectares bénéficient de la plasticulture.

Le maïs, une plante qui s'autoféconde

A noter, que seules les lignées de semences femelles, plus lente à démarrer, sont semées sous paillage. Le semis des géniteurs mâles est quant à lui décalé. Une parcelle de maïs semence est en effet composée de lignes de géniteurs femelles semées en alternance avec des lignes de géniteurs mâles. Le rôle du géniteur mâle est de fournir le pollen qui fécondera les fleurs du géniteur femelle. Un protocole de semis précis est établi pour chaque variété à multiplier. La castration mécanique, complétée par des passages manuels permettra, par la suite, de supprimer les pani-cules (*) des plantes sur les rangs femelles. Il s'agit de la phase essentielle du processus de production de semences de maïs qui doit avoir lieu, avant l'émission du pollen. Pour l'agriculteur-multiplicateur, l'objectif primordial consiste à faire concorder la floraison des géniteurs mâles et femelles qui ont souvent une précocité différente. Les films de paillage constituent ainsi une des réponses à cette problématique, car ils permettent de hâter la pousse des variétés les moins précoces.

(*) Inflorescence constituée d'un axe central et de ramifications dont la longueur décroît de la base vers le sommet.

 

Limagrain, quatrième semencier mondial

En Auvergne, la coopérative consacre 6.000 hectares à la production de maïs semence. 75% de ces semences sont vendues à l'international.
Dans le monde, le groupe consacre 17.000 hectares à la multiplication de maïs semence. Près de 5 millions d'hectares sont ensemencés dans le monde avec des variétés Limagrain. 565 variétés sont vendues en Europe sous les marques LG et Advanta, et 350 variétés en Amérique du Nord sous différentes marques.
Afin de développer de nouvelles variétés en grande culture, potagères et produits céréaliers, le groupe consacre 102 M€ d'euros à la recherche, soit 12 % du chiffre d'affaires professionnel et 160 M€ avec les partenaires de Limagrain.

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