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Viande bovine
Patrick Bénézit : «Des prix meilleurs et des marges de manœuvre»

Les 8 et 9 février prochains, la Fédération nationale bovine se réunira en congrès à Strasbourg. Son vice-président, Patrick Bénézit revient sur l’année stratégique traversée par la filière.

Patrick Bénézit : «La stratégie export nécessite d’être irréprochable sur le plan sanitaire».

L’an dernier, le congrès de la FNB s’était ouvert dans un contexte délicat pour le secteur de la viande bovine, acculé par quatre années de crise. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Patrick Bénézit : Les perspectives sont meilleures qu’en 2011. Le redressement des prix que l’on vit actuellement est de plus en plus ferme. Nous restons cependant vigilants pour garantir un équilibre favorable aux éleveurs. En matière de prix, il reste encore des marges de manœuvre.

 

Comment s’est opéré le déclic en matière de prix ?

P.B. : Il est évidemment lié à la pression que nous avons exercée auprès des pouvoirs publics et de la filière en général. La reprise des parts de marché de la viande française en France et la stratégie export sont deux leviers qui ont été actionnés pour garantir des prix convenables. Dans un premier temps, nous avons engagé fortement les distributeurs français à privilégier la viande française. Le lobbying a rapidement démontré son efficacité. L’aspect export a quant à lui été déterminant dans notre objectif de voir augmenter les prix. La preuve aujourd’hui, puisque les catégories où l’on exporte le moins, ont vu leur prix très peu évoluer.

 

Mais le processus a été long et a porté ses fruits…

P.B. : La dynamique a mis du temps à se mettre en place, car l’export demande un travail en amont important. A force d’augmenter le nombre de certificats d’exports pays par pays, les choses ont pris forme. Nous avons vraiment senti un basculement durant l’été 2011, avec l’augmentation de la demande des pays du Maghreb et l’assainissement progressif du marché. A l’automne, l’ouverture du marché turc et l’augmentation de l’export vers le Maghreb ont déclenché de réelles augmentations de prix.

 

En novembre 2011, suite aux blocages des sites de Bigard, vous vous étiez fixés un objectif d’augmentation de prix. Est-il rempli aujour-d’hui ?

P.B. : Actuellement, l’objectif a été dépassé sur le jeune bovin. Sur la femelle, du travail reste encore à accomplir. Sur le broutard, il y a eu une reprise mais qui est trop faible. Quoi qu’il en soit, nous devons obtenir de meilleurs résultats. Il le faut pour rétablir complètement l’équilibre économique des exploitations fragilisées par quatre années de crise et par une sécheresse.

 

Obtenir de meilleurs résultats est-ce synonyme d’ouvrir de nouveaux marchés ?

P.B : Nous y travaillons. Le Kazakhstan, d’autres pays de l’Est, comme la Russie sont preneurs de nos produits. Nous avons également des vues sur la Lybie et sur des pays d’Asie. Le groupement d’export français commence à prendre ses mar-ques pour promouvoir ce développement en viande, en bovins à finir, en bovins prêts à tuer et en animaux reproducteurs.

Les éleveurs ont eu aussi leur carte à jouer, en étant irréprochables sur le plan sanitaire. Il va de la responsabilité collective des éleveurs de sécuriser par la vaccination, ces nouveaux débouchés. Un seul cas de FCO peut fermer les portes de certains pays.

 

Les opérateurs adhèrent-ils désormais unanimement à cette stratégie export ?

P.B. : Nous avons eu les pionniers, ceux sur qui nous avons pu compter dès le début et qui nous suivent encore à ce jour. Puis, il y a ceux qui nous ont rejoints et qui partagent notre stratégie. Il reste toutefois encore des conservateurs.

 

L’an dernier, la FNB a dévoilé un schéma de contractualisation. Où en sommes-nous aujourd’hui ?

P.B. : Nous avons fait des propositions. Côté entreprises, les réactions sont timides. N’empêche que pour contractualiser, il faut être deux, et que les éleveurs n’engraisseront pas s’ils ne s’y retrouvent pas financièrement.

 

Sur la PAC, la FNB a été l’une des premières organisations à se manifester en octobre dernier suite à la divulgation des propositions de la Commission, craignant le sort réservé à la PMTVA(1). Quel est votre positionnement ?

P.B. : Nous regrettons que l’Europe n’ait pas reconduit la PMTVA telle qu’on la connaissait jusqu’à présent, mais en même temps, nous saluons les propositions du nouveau règlement qui donne à la France des outils pour reconduire un système similaire permettant le recouplage de toutes les vaches allaitantes. Bien entendu, nous n’imaginons pas que la France n’utilise pas cette possibilité. Par ailleurs, nous militons pour que l’Europe reconnaisse enfin au plus vite la zone de montagne et notamment défavorisée telle qu’on la connaissait dans le Massif central, dans le cadre des ICHN(2).

 

Sur le verdissement, la profession dans le Massif central semble défendre le principe de la reconnaissance de l’existant. Souhaitez-vous aller au-delà ?

P.B. : Nous ne sommes pas contre l’idée du verdissement à condition que cela n’empêche pas les paysans de produire. Au nom de ce principe, nous estimons que deux problèmes doivent être pris en compte. D’abord, pour que les exploitations d’élevage puissent s’adapter aux changements climatiques et aux dégâts engendrés par les rats taupiers, il faut donner de la souplesse en matière d’autonomie fourragère. Autrement dit qu’une partie des prairies naturelles puisse rentrer dans certaines rotations, c’est bon pour la biodiversité et l’autonomie. Enfin, le règlement prévoyant quand même la contrainte de garder les prairies naturelles, il faudra que cette contrainte soit financée. On ne peut pas obliger les gens à conserver des surfaces labourées, pour certains par leurs parents ou leurs grands-parents, sans réclamer une contrepartie.

 

 

(1) Prime Vache allaitante

(2) Indemnité compensatoire de handicap naturel

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