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Terroir 2007
Parler des biotechnologies : un pari audacieux mais réussi pour les agriculteurs

Une fois encore, pari gagné pour les organisateurs de Terroir 2007 qui, cette année, ont osé échanger avec le grand public sur un thème aussi difficile et sensible que les biotechnologies.

«Les biotechnologies : source de vie, champ de connaissance infinie » : voilà un sujet à la fois sensible et audacieux que les agriculteurs de la région d’Issoire n’ont pas hésité à transformer en thème de débat lors de la traditionnelle foire de la Ste Paule, les 26 et 27 janvier derniers. Toujours fidèles au rendez-vous et déterminés à faire connaître le métier d’agriculteur, les organisateurs de Terroir ont choisi cette année de se tourner vers la recherche pour expliquer l’évolution de l’agriculture et, à travers elle, l’amélioration de la qualité des produits.

Se familiariser avec les biotechnologies
Pari courageux mais pari gagné pour l’équipe de Michel Delsuc qui a vu défiler dans la Halle aux Grains d’Issoire de nombreux curieux, à la recherche d’informations et de vulgarisation sur les biotechnologies. Quatre scientifiques ont prêté main forte à cette opération : Alain Toppan (Limagrain), Pierre Barret (INRA de Clermont), Cyril Eymarie (INRA de Toulouse) et Marie Christine Montel (INRA d’Aurillac). Ils ont apporté leur regard professionnel sur le cheminement de la recherche et répondu aux interrogations des visiteurs. Un colloque organisé dans l’enceinte de la Halle permettait à ces derniers, de se familiariser avec les biotechnologies, de mieux cerner la technique des OGM et leur présence dans le monde. Sur l’avenir des OGM, Alain Toppan et Pierre Barret ont confirmé que pendant longtemps encore, les OGM cultivés seront de caractère agronomique. Mais ils ont surtout mis l’accent sur la nécessité de maintenir une recherche efficace en Europe.


Ne pas dénigrer  la recherche

« C’est aussi le message que nous souhaitions faire passer lors de cette 8ème édition de Terroir », explique Michel Delsuc. Dans son discours d’accueil, le président de Domagri a dénoncé « l’acharnement médiatique d’une minorité, en marge de toute évolution, remettant en cause en permanence les fondamentaux de la recherche. Depuis les temps les plus reculés l’homme répertorie, sélectionne les plantes et les animaux dans leur milieu naturel pour ses besoins de subsistance. A travers les biotechnologies, il dispose aujourd’hui de techniques nouvelles qui permettront non seulement d’améliorer l’alimentation mais aussi la protection de l’environnement et la création d’énergies renouvelables. Elles permettront également de maintenir notre indépendance alimentaire tout en étant un acteur majeur dans une économie mondialisée »
D’un stand à l’autre, les visiteurs sont ainsi remontés aux sources des biotechnologies avant de se familiariser avec des mots tels que cellule, ADN, ou chromosome. Ils ont ensuite découvert les différentes applications des biotechnologies (alimentation, environnement et santé) avant de prendre conscience des enjeux pour répondre aux besoins alimentaires de la planète. Un parcours qui ne laisse pas indifférent le profane !

 

Ils ont dit…

-Gérard Renard, président de la Chambre départementale d’agriculture
«Cette exposition montre que nous devons être tournés vers l’avenir. Ceux qui pensent que l’agriculture peut retourner aux bases qui étaient les siennes se trompent de débat sur l’avenir. La manière et les méthodes utilisées pour produire ont changé. Depuis 1900, l’espérance de vie a augmenté de 44 ans. Si l’agriculture avait été mal conduite nous n’aurions pas eu cette évolution de l’espérance de vie. L’agriculture est souvent sur la sellette à travers l’environnement. Peut-être que nos détracteurs devraient se pencher un peu plus sur la recherche et les travaux qui sont conduits pour, notamment, mieux préserver l’environnement tout en continuant à nourrir les hommes. Il faut retrouver un peu de raison pour concilier agriculture du 21ème siècle et espérance de nos concitoyens».

- Jean-Louis Amat, sous préfet d’Issoire
«J’apporte le soutien de l’Etat à cette opération. La conjonction d’enjeux économiques et d’indépendance alimentaire nous amène à réfléchir et à ne plus se laisser enfermer dans des débats conduits par la peur. Cette initiative est importante pour communiquer notamment auprès des jeunes, des agriculteurs et des hommes politiques de demain.

- M. Avignon, maire adjoint
« La halle aux grains est un lieu symbolique pour accueillir la profession agricole. A Issoire, nous sommes attentifs à l’évolution de l’agriculture tant au plan local que national, pour l’équilibre de l’économie».
Enquête

Les étudiants du BTSA Technologies végétales du lycée agro environnemental St Joseph ont livré les résultats de leur enquête sur « la relation entre la culture du maïs et la population locale en Limagne Sud. » L’enquête portait sur un échantillon de 216 questionnaires dont 198 exploitables . Quatre thématiques :
1- Représentation de l’agriculture locale : 61 % ont désigné les cultures céréalières et industrielles dominantes en Limagne sud. La grande majorité pense que l’agriculture a un effet positif sur l’économie et l’environnement. 10% jugent qu’elle a un caractère polluant. 5 % désignent une approche sociale de l’agriculture.
2- Connaissance relative à la culture du maïs : 76 % disent que le maïs n’est pas originaire de la région. 55 % ne savent pas ce qu’est le maïs semence
3- Polémique écologique relative à la culture du maïs : le maïs est vu comme une culture polluante. 67% pensent que c’est une plante grosse consommatrice d’eau. « il y a une forte association du maïs à l’épuisement des ressources en eau». Le maïs OGM : «il a des avantages pour l’agriculture au détriment du consommateur». Forte opposition à l’approche alimentaire des OGM.
A la question : quels sont les risques selon vous des OGM ? 33,5 % ne se prononcent pas, 36,5 % pensent qu’il y a des risques mais ne savent pas les exprimer et 30 % qu’il n’y en a pas. Si 36,5 % pensent qu’il y a des risques, 67 % pensent en revanche que les OGM représentent un intérêt pour l’avenir, «deux approches contradictoires qui montrent bien l’absence de connaissance et d’information sur le sujet».
4- Destinations principales du maïs : 82 % pensent au maïs pour l’alimentation animale. Déconnexion totale entre production agricole et alimentation : 8 % seulement font le lien !
Sur les débouchés non alimentaires : 63 % ne savent pas que l’on fabrique des sacs biodégradables dans la région, en revanche, 60 % ont des connaissances sur les biocarburants.

Michel Delsuc


Le président du comité d’organisation a salué le travail et le dévouement de l’équipe Terroir qui, chaque année s’investit pleinement dans l’organisation de cette manifestation “une démarche lourde à mettre en place et où les bonnes volontés sont toujours les bienvenues”
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