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PAC post 2020 : Le Massif central a de solides arguments à faire valoir

Pour répondre aux enjeux de souveraineté alimentaire et d’alimentation durable, le modèle agricole du Massif central a une longueur d’avance, selon les professionnels de la Copamac-Sidam, à condition qu’il bénéficie d’une PAC ambitieuse.

De gauche à droite : Patrick Escure, Christine Valentin, Patrick Bénézit et Léa Geneix, directrice du Sidam.

Être force de proposition au niveau du Massif central autour d’une feuille de route partagée par les départements de cette grande région. Telle est l’ambition du livre blanc de l’agriculture du Massif central, imaginé pour la première fois en 2008, puis réactualisé au gré des différentes échéances de réforme de la PAC. L’actuelle réforme de la politique agricole commune qui devrait rentrer dans sa phase de négociation à l’automne, les récentes conclusions de la convention citoyenne sur le climat, et la grande conférence européenne sur la souveraineté alimentaire annoncée par le Gouvernement pour la rentrée prochaine…sont autant de rendez-vous stratégiques qui pointent tous dans une même direction : maintenir les capacités de production de la France et de l’Europe, et valoriser les systèmes agricoles familiaux et résilients à l’origine de nombreux services rendus à l’environnement. Les agriculteurs du Massif central veulent profiter de « cet alignement des planètes » pour dire et redire à quel point leur modèle est vertueux. « La communication sur nos positions, est engagée auprès des députés, des sénateurs et auprès des élus européens. Elle doit désormais s’intensifier », estiment Christine Valentin et Patrick Bénézit, le duo à la tête du Sidam et de la Copamac. Pour eux, le premier préalable indispensable c’est d’obtenir un budget de la Pac ambitieux, comprenez, à minima au moins équivalent en euros courants à la précédente période. Ensuite, les professionnels défendent quatre axes stratégiques : soutenir les prix ; compenser les écarts et reconnaître l’existant ; garantir la sécurité des exploitations ; et enfin installer et investir.

Polyculture-élevage et culture de l’herbe

Par soutien des prix, ils entendent : une sécurisation juridique donnant aux agriculteurs le pouvoir de négocier ; des outils de gestion des marchés et de prévention des risques pour gérer la volatilité ; et des outils de valorisation des produits permettant la création de valeur ajoutée. Second pilier du livre blanc, la compensation des écarts et la reconnaissance de l’existant. « Cela passe par une compensation économique des handicaps naturels pour les surfaces fourragères (revalorisation des ICHN notamment), un maintien des aides couplées, une reconnaissance des services annexes rendus par l’élevage à l’herbe et un filet de sécurité pour maintenir une activité agricole sur tous les territoires », résume Christine Valentin. « Le maillage territorial des exploitations, la mixité des cultures et des élevages permet de tendre au maximum vers l’autonomie alimentaire de nos exploitations et de valoriser au mieux les caractéristiques fertilisantes des élevages. Les politiques publiques doivent prendre en compte cette diversité, tout comme elles doivent reconnaître le rôle essentiel de la culture de l’herbe, comme ressource alimentaire et élément filtrant », ajoute Patrick Bénézit. Face à la multiplication des épisodes climatiques extrêmes, en premier lieu la sécheresse, le Massif central estime que l’Europe, pour garantir sa souveraineté alimentaire, doit également déployer « une palette d’outils en fonction de l’aléa, de la production et de la stratégie d’exploitation en favorisant les dynamiques collectives autour de fonds de mutualisation climatiques et sanitaires ». Enfin sur le volet renouvellement des générations, les responsables professionnels plaident en faveur d’aides spécifiques à l’installation et à la transmission, défendent un accompagnement des investissements et des innovations pour répondre à la demande sociétale.

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