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«PAC, MAE, plan de soutien, phytos, compte pénibilité… Ras le bol !»

Outre la conjoncture dégradée, les agriculteurs ne supportent plus les effets d’annonce conjugués à la lenteur et aux difficultés de mise en œuvre des mesures sur le terrain.

Le décalage entre la communication du ministère de l’Agriculture et les dossiers qui n’avancent pas est insupportable. Certes, des engagements forts ont été pris, mais la mise en œuvre est laborieuse et imprécise. Concrètement, ce qu’on constate sur le terrain n’est pas la hauteur des effets d’annonce. Ainsi, alors que les télédéclarations PAC 2016 sont ouvertes depuis deux semaines, les dossiers 2015 ne sont toujours pas réglés. Pour les agriculteurs dont la situation personnelle a évolué entre 2014 et 2015 (changement de statut juridique, agrandissement…), ils n’ont perçu à ce jour que 60 % des aides promises, contre 90 % pour les autres. Difficultés également des aides à la modernisa- tion qui relèvent du 2ème pilier, et pour lesquelles les choses n’avancent pas. Les paysans n’y comprennent plus rien, les DDT sont noyées, dans l’incapacité d’avoir un mode d’emploi et d’appliquer les dispositions prévues. Il en est de même pour les mesures agro-environnementales, comme des mesures de soutien à l’agriculture biologique. Tout est ainsi à l’avenant, y compris sur le plan de soutien. Si le volet social est bien engagé, le dispositif coince sur la mise en œuvre de l’année blanche. Le cahier des charges prévu rend l’opération inapplicable.

Et sur le volet phytosanitaire, l’éventuelle interdiction des néonicotinoïdes, est particulièrement inquiétante. Sur ce point, la cacophonie qui règne au gouvernement entre Stéphane Le Foll, qui appelle de ses vœux une décision communautaire pour éviter les distorsions de concurrence et Ségolène Royal, qui s’est prononcée sur une interdiction pure et simple, est tout à fait déplacée. De la même façon, l’interdiction du diméthoate en France, laissera les agriculteurs sans produit de remplacement pour le traitement des cerisiers.

Autre sujet de mécontentement, la généralisation de la complémentaire santé et le compte pénibilité. Si des assouplissements viennent d’être obtenus sur la complémentaire santé, il y a peu d’avancées sur le compte pénibilité. En parallèle, le projet de la taxation des CDD, et donc des emplois saisonniers est contre-productif en matière de création d’emploi. Rappelons que la production de maïs semence sur le département représente près de 2400 emplois saisonniers chaque année.

Ce qui se passe à Bruxelles n’apporte guère de satisfactions non plus. Ainsi de l’éventuelle levée de l’embargo russe sur la viande porcine est toujours en stand-by, de même que la finalisation des mesures décidées dans le secteur laitier en mars dernier. La Commission de Bruxelles ne bouge pas et se refuse à débloquer une enveloppe financière pour accompagner une stabilisation voire une réduction de la production laitière à l’échelle européenne. En revanche, elle a assorti l’autorisation donnée au doublement des aides de minimis à un engagement de l’éleveur à réduire sa production.

Philippe ROY, Secrétaire adjoint de la FNSEA 63

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