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Ovins : La FNO en tournée en Auvergne

Présidente et secrétaire général de la FNO, Michèle Boudoin et Patrick Soury, ont échangé avec les éleveurs auvergnats sur les dossiers du moment : conjoncture, prix, FCO, prédation…

Éleveur en Charente, installé sur 110 hectares en bovins viande et ovins viande, Patrick Soury, secrétaire général de la Fédération nationale ovine, est l’une des chevilles ouvrières de la Fédération. Il travaille aux côtés de Michèle Boudoin, élue présidente de l’association spécialisée au printemps 2015. Jeudi dernier, à l’occasion de la tournée FNO en Auvergne, la présidente faisait figure de régionale de l’étape puisque Michèle Boudoin est installée sur la commune de Ceyssat dans le Puy-de-Dôme. Autour de la table, des éleveurs et techniciens venus de l’Allier, du Puy-de-Dôme, de Haute-Loire et du Cantal. L’occasion pour Claude Font, éleveur en Haute-Loire et président de la section régionale ovine de la FNSEA Auvergne de saluer le travail entrepris par chacun à l’échelle départementale et régionale mais aussi de faire remonter des informations du terrain «essentielles pour nourrir les réflexions au niveau national». Le prix est actuellement un sujet de crispation dans les campagnes comme l’a rappelé Marion Vedel, éleveur ovins dans le Puy-de-Dôme et présidente des JA de ce même département : «Malgré la présence des signes de qualité, nous avons perdu 50 centimes du kilo par rapport à l’année dernière et 30 centimes par rapport à il y a deux ans. Les jeunes en phase d’investissement ont du mal à absorber ces baisses». Pour Patrick Soury, «il est essentiel de ne pas perdre de vue l’augmentation soutenue du prix de l’agneau de ces dernières années». De son côté Paul Bony, président de Copagno estime que la concurrence étrangère est aussi à prendre en compte : «les opérateurs sont pénalisés par un déficit de compétitivité dû principalement à la majoration du coût du travail en France». Autre frein significatif, la baisse de la consommation. Entre novembre et décembre 2015, les ventes d’agneaux français se sont ainsi repliées de 13%. «Notre filière doit se rassembler autour de la communication sur le manger français», insiste Michèle Boudoin.Si le prix ne se décrète pas, en revanche la FNO entend travailler à la reconnaissance du travail des éleveurs.


De meilleurs résultats

Force est de constater que même si la conjoncture est loin d’être toute rose, la filière ovine revient de loin. En témoignent, les ré-cents résultats publiés par Cerfrance Alliance Massif central.«En matière de résultats financiers, la production ovine est en tête de peloton en 2015 alors que pendant des années, elle figurait parmi les productions générant le moins de revenu», explique Serge Figon, représentant de Cerfrance. Cette position mérite toutefois d’être temporisée par la chute des revenus dans plusieurs filières notamment en bovins viande, bovins lait et productions végétales constatée l’an passé. Néanmoins, sous certaines conditions, la production ovine est celle qui génère le plus de revenu par unité de main-d’œuvre. La remontée du prix de l’agneau, la revalorisation des aides publiques et l’amélioration de la technicité, gage de gain de productivité, ont porté leur fruit. «Le retour sur investissement est globalement plus rapide qu’en bovins», témoigne Serge Figon. «Les exploitations de notre réseau parviennent à sortir 1,35 SMIC par mois», ajoute Gérard Servière de l’Institut de l’élevage.


Manque de vocations

Il n’empêche que malgré ce contexte plus favorable, certains signaux demeurent inquiétants. C’est d’abord le renouvellement des générations qui peine à opérer. «La production ne suscite pas l’envie et donc les vocations», constate Patrick Soury. L’objectif de produire plus d’agneaux en travaillant moins est à ce titre crucial. La surcharge de travail est souvent rédhibitoire pour beaucoup de jeunes. «Sur ce sujet, nous avons des marges de progrès. C’est d’ailleurs l’un des objectifs du programme Inn’ovins que nous avons mis en place au niveau de la FNO», résume Michèle Boudoin. Enfin, la stratégie d’investissement pose question, puisque toujours selon les données de Cerfrance Massif central, l’ensemble du résultat des exploitations de la région est capitalisé et non investi. Ainsi, la part consacrée à l’investissement représente moins de 15% du chiffre d’affaires. Pour Eric Du Boulet, éleveur dans l’Allier, «ce phénomène est normal dans la mesure où les trésoreries avaient besoin d’être consolidées après de nombreuses années de difficultés. L’investissement sera probablement envisagé dans un second temps». Renouvellement, investissement, perspectives de marchés… Tous ces sujets seront abordés à l’occasion du prochain congrès de la FNO, programmé les 21 et 22 avril prochains à Saint-Malo.


Sophie Chatenet


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