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Où va l’agneau ?

En présence de la Présidente de la FNO, Michèle Boudoin, les adhérents de la FDO 63 se sont retrouvés, le 31 mars, pour leur rendez-vous syndical annuel.

Les éleveurs ovins de la FDO se sont retrouvés à Elva Novia à Lempdes.

Au programme, le bilan des actions menées par la FDO tout au long de l’année : collecte de laine, journées lycées, Ovinpiades pour promouvoir l’élevage ovin et aider au renouvellement des générations. C’est l’occasion pour les éleveurs d’échanger sur l’actualité commentée largement par la Présidente nationale et notamment sur les conséquences éventuelles du Brexit sur les contingentements mondiaux. Et s’il est important de connaître le fonctionnement des échanges internationaux pour interpréter les conséquences nationales, Marie Miquel, chargée de mission en production ovine à la Chambre régionale, s’est attachée à présenter l’étude de l’Institut de l’élevage concernant la commercialisation de la viande d’agneau en France. Les débouchés sont différents selon les provenances (abattages français ou import) mais globalement la viande d’agneau se retrouve majoritairement dans les rayons des grandes surfaces (GMS). Pour autant, les boucheries traditionnelles écoulent encore un quart du marché car l’agneau reste une viande festive prisée par une clientèle plus «traditionnelle».

 

Opération séduction

Aujourd’hui la profession réfléchit à d’autres manières de consommer la viande ovine pour séduire plus largement les consommateurs et répondre aux nouveaux modes de consommation (viande hachée, préparation rapide…). En restauration hors domicile, l’agneau est surtout importé et les éleveurs déplorent l’absence de qualité qui ne favorise pas l’envie d’en consommer, notamment auprès des jeunes dans les cantines scolaires. Les boucheries s’orientent sur un approvisionnement en carcasses, les GMS aussi mais elles sont attentives au prix et au « prêt à l’emploi ». Elles privilégient les produits déjà en partie travaillés, sont en recherche de régularité et de viande « calibrée ». Afin de répondre à leur exigence de prix bas, d’homogénéité et de prêt à l’emploi, l’import s’impose donc dans les rayons des grandes surfaces et souvent sous forme de « chilled » (conditionnement en atmosphère contrôlée). La segmentation des rayons est fonction de la période dans l’année. Ainsi, en automne-hiver, on remarque une hausse des agneaux britanniques et irlandais. En début d’année, les achats se tournent vers les lacaunes, puis vers les agneaux français de race bouchère. Les pics d’imports en provenance des pays tiers (Nouvelle Zélande et Australie) se font pour les fêtes traditionnelles (Pâques et Noël). Globalement, l’agneau standard français se retrouve en concurrence directe avec l’import. En revanche, il y a une place pour les agneaux français sous signes officiels de qualité et d’origine (SIQO) dans le cadre d’une commercialisation plus « haut de gamme » en boucherie et dans les rayons boucherie traditionnelle des GMS. Pour autant, il faut que ces dits rayons soient approvisionnés car les professionnels constatent que s’il n’y a pas d’agneau, les consommateurs n’en réclament pas.

 

Améliorer l’image de l’élevage ovin

Pour Richard Randanne, président de la FDO, « il est nécessaire d’avoir un contact direct éleveur-consommateur pour instaurer une relation positive » d’autant que l’élevage ovin jouit d’une bonne image respectueuse de l’environnement. « Le rôle de force de vente du boucher est également primordial ».

Plusieurs initiatives interprofessionnelles sont à l’étude pour améliorer les perspectives d’avenir de la production ovine. Au niveau européen, des fonds vont être alloués pour promouvoir la consommation d’agneau.

 

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