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Interview
"Nous ne lâcherons rien !"

Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA63 et Quentin Baumont, président de JA63, reviennent sur les raisons de la mobilisation syndicale du 3 mars à Clermont-Ferrand.  

Sabine Tholoniat, présidente de la FNSEA63 et Quentin Baumont, président de JA63

Pourquoi cette nouvelle mobilisation ?
ST : Nous voulions dénoncer une situation qui n’est plus tenable. L’action du gouvernement doit désormais dépasser les discours et venir en soutien à l’agriculture. Le président de la République ne peut pas revendiquer à tout va la souveraineté alimentaire et ne pas donner les moyens à ses agriculteurs d’y contribuer. Les contraintes et les difficultés ne cessent de s’accumuler pour la profession : réduction des phytos sans solutions alternatives efficaces, ZNT, gestion de l’eau, distorsions de concurrence avec des produits agricoles importés moins chers et dont les conditions et normes de production sont différentes des nôtres etc... Il faut que cesse cet empilement de contraintes !


La loi Egalim est aussi dans votre collimateur ?
ST :
Ce n’est pas la loi en tant que telle que nous dénonçons mais son application ! Nous demandons simplement qu’elle soit pleinement appliquée et que le prix de vente intègre nos coûts de production. Il suffit pour cela de plus de transparence dans la filière et quelques centimes supplémentaires payés aux producteurs. Le portefeuille du consommateur n’en sera pas impacté.
QB : En manifestant devant la préfecture ce mercredi nous voulions rappeler à l’Etat son engagement sur la loi Egalim et sa responsabilité à la faire appliquer. Les producteurs ne doivent plus être la variable d’ajustement dans les négociations commerciales.


Quels sont les autres messages portés par la mobilisation ?
ST :
La question de l’eau est primordiale pour nous ; elle semble l’être aussi pour nos politiques mais leurs discours ne sont pas compatibles avec leurs attentes. Je prends l’exemple du bassin clermontois où on demande aux agriculteurs alentours de développer une filière légumes-dont les besoins en eau sont importants- alors que, dans le même temps, tout est fait pour freiner voire empêcher la création de systèmes de stockage de cette ressource. On marche sur la tête.
QB : J’ajoute que l’irrigation dans le département est une des conditions au maintien de notre agriculture et de nos filières. C’est la garantie de produits de qualité tant réclamée par les politiques et les consommateurs.
Parmi les autres messages que nous avons revendiqués, notamment devant le conseil départemental, c’est la forte pullulation des rats taupiers ; un véritable fléau contre lequel nous ne disposons d’aucun moyen de lutte approprié et efficace. Plus récemment, c’est aussi la mise en place de la voie verte qui nous préoccupe. Ce projet impacte notre département le long de l’Allier. L’emprise foncière est conséquente mais aucune compensation n’a été prévue et concertée avec la profession.


La réforme de la PAC en cours vous inquiète-t-elle ?
ST :
Rien n’est encore défini aujourd’hui, nous sommes en pleine négociation. Mais nous restons extrêmement vigilants. Dans le département constitué à 70% de zones de montagne, les agriculteurs ont besoin d’être soutenus et donc d’une PAC forte.  C’est la condition sine qua non si on veut des agriculteurs acteurs de leurs territoires car au-delà de l’accompagnement financier, la PAC conforte aussi la dynamique rurale.
QB : La PAC revêt aussi un enjeu sur l’avenir de nos exploitations agricoles. Nous savons que d’ici 5 à 10 ans c’est la moitié des agriculteurs du Puy-de-Dôme qui partira en retraite, ce qui représente environ 3 200 départs d’actifs. Il va bien falloir les remplacer ! Mais pour cela le métier doit être attractif, et il ne le sera que si nous bénéficions d’une PAC forte, capable de soutenir les actifs de nos territoires.
Le renouvellement des générations ne se fera pas non plus sans prix et sans revenu. C’est le message que nous avons fait passer mercredi, y compris aux consommateurs avec lesquels nous avons pu échanger très positivement lors de la vente de nos burgers à prix coûtant. Et aux jeunes venus nous rencontrer, nous leur avons dit que nous avions besoin d’eux dans le métier.


Comment ressentez-vous l’accueil du grand public ?
ST :
J’ai le sentiment que le regard de la société et des médias sur l’agriculture est en train de changer. Les messages sont plus positifs et il semble que le grand public comprenne davantage notre rôle nourricier mais aussi ses difficultés. A force de communiquer auprès de la société et des politiques nous avons réussi à faire entendre que l’agriculture française était de meilleure qualité, plus sécurisée et bénéfique d’un point de vue carbone,  que celle venant d’ailleurs. Même les GMS s’accaparent notre image pour vendre leurs produits… C’est un acquis syndical qui mérite d’être souligné. Pas question toutefois de se laisser bercer et berner ! Nous maintenons la pression sur tous les sujets qui nous impactent. D’ailleurs, dans la continuité de cette mobilisation, d’autres actions diligentées par la FRSEA sont prévues dans les jours à venir !

 

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