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Interview
" Nous demandons que le smic 2021 soit la base de calcul de la revalorisation des retraites "

Le séminaire de la SRAE a eu lieu dernièrement à Pomeys (Rhône) sur le site de La Neylière, maison d’accueil mariste. L’occasion pour les retraités agricoles de se retrouver et de revenir sur les sujets syndicaux prioritaires.  

Jean-Claude Chalencon, président de la section régionale des anciens  exploitants.

Jean-Claude Chalencon, président de la section régionale des anciens exploitants revient sur les sujets syndicaux primordiaux.


Après avoir été annulé l’année dernière, le séminaire de la section régionale des anciens exploitants a finalement eu lieu fin septembre. Comment s’est-il passé ?
Nous étions tous contents de se retrouver après cette longue parenthèse Covid où toutes nos réunions et tous nos voyages ont été annulés. Même si le téléphone existe, il n’a pas pu remplacer nos rencontres physiques. Aujourd’hui, les activités redémarrent et ce séminaire nous a permis de faire le point avec toutes les sections départementales qui sont en train de préparer leurs assemblées générales pour l’automne. Philippe Bonnier, maire de la commune de Coise et vice-président en charge de l’agriculture et de la forêt à la Communauté de communes des Monts du Lyonnais (CCMDL), nous a accueillis dans sa commune et est revenu sur la question sensible du foncier agricole. Sur son territoire, le prix très élevé des habitations augmente celui de la reprise des exploitations, là où la moitié des agriculteurs a plus de 55 ans. Ces propos nous ont conduits tout droit à la question du renouvellement des générations. Le président de la chambre d’agriculture du Rhône, Gérard Bazin, de la FRSEA Aura, Michel Joux, et de la FDSEA du Rhône, Pascal Girin, ainsi que sa secrétaire générale, Élise Michallet, ont pris part à nos échanges.


La question de la revalorisation des retraites à 85 % du Smic est revenue sur le devant de la scène. Expliquez-nous pourquoi ?
La loi Chassaigne qui entrera en application le 1er novembre 2021, est une avancée pour les chefs d’exploitation. Or, comme tout le monde, nous subissons une inflation importante, reconnue par les pouvoirs publics puisque le Smic a augmenté en octobre 2021 (NDLR, le Smic mensuel net a augmenté de 2,2 % au 1er octobre, après avoir augmenté de 0,99 % au 1er janvier 2021). Notre incompréhension est donc grande quant à la non prise en compte de cette augmentation dans le calcul des retraites agricoles. L'annonce de la majoration des retraites à 85 % du Smic est pour nous mensongère. En se basant sur l’ancien Smic, la hausse réelle effective est de 82.8 %. Nous demandons que le Smic 2021 soit la base de calcul de la revalorisation de la loi Chassaigne. Nous exigeons également que la majoration de 10 % par enfant ne soit pas prise en compte dans les ressources. Adoptée par les députés, une loi permet à nos conjoints collaborateurs et aides familiaux de voir passer leurs pensions à 700 €. Ce texte est bloqué au Sénat pour cause de jeux politiques. Il est impératif qu’il soit très rapidement inscrit à l'ordre du jour des travaux du Sénat. Nous avons déposé une motion dans ce sens.


La dépendance, le coût des maisons de retraite, le mal-être des anciens exploitants sont des sujets de toute aussi grande importance pour les anciens exploitants…
Bien sûr ! Nous suivons ces dossiers grâce à nos trois élus régionaux à la section nationale des anciens exploitants (SNAE) : Gérard Auberger (Loire), René Geoffray (Ain) et Marie-Chantal Charignon (Drôme). La dépendance, ça touche tout le monde et malheureusement ce sont bien souvent les enfants et les petits-enfants qui se retrouvent à financer les maisons de retraite en raison de leur coût trop élevé. Avec à peine plus de 1 000 € par mois, comment voulez-vous qu’on les finance ? Aujourd’hui, nos enfants, pour des raisons d’éloignement et de mutation de travail, partent loin de leur famille et n’ont plus les moyens humains de rester aux côtés de leurs anciens. Pendant ce séminaire, nous avons aussi évoqué la question du suicide chez les retraités agricoles. Il y a un mal-être chez certains, une fatigue, une solitude, une situation financière difficile, une succession mal préparée… Quand un voisin se suicide, tout le monde va mal, les anciens y compris. Il y a comme un effet " boule de neige ". Il faut qu’on arrive à mieux repérer les causes de ces malaises et créer un maximum de liens avec toutes les organisations agricoles pour rompre l’isolement.

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