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« Nous assurons la survie d’un patrimoine »

Une capacité d’accueil de 5 500 personnes dans le Puy-de-Dôme.

Yvon Bec, président des Gîtes de France du Puy-de-Dôme revient sur l’activité et l’actualité des hébergeurs touristiques du département. Présents dans les moindres recoins du territoire, leur activité dans les zones rurales est loin d’être anodine.

Quel bilan de la dernière saison touristique dressez-vous et comment se présente la prochaine ?

L’année 2019 s’est très bien passée puisque notre chiffre d’affaires et la présence de la clientèle sont en nette progression. Ces résultats classent d’ailleurs le Puy-de-Dôme dans le Top 10 des départements français Gîtes de France. L’année touristique 2020 se présente bien. La neige aurait pu booster davantage notre activité mais son absence est loin d’avoir un effet néfaste considérable nous concernant. Au 15 février, nous comptions d’ores et déjà plus 20% de réservation sur l’année 2020 par rapport à 2019. Cela va-t-il se maintenir ? Nous l’espérons mais n’oublions pas que le tourisme est une activité quelque peu volatile. Un petit rien peut suffire à ralentir cette progression.

Le classement à l’UNESCO de la Chaîne des Puys a-t-il eu un impact sur la fréquentation des gîtes ? A contrario, l’actuelle épidémie de Covid-19 freine-t-elle votre activité ?

Le classement à l’UNESCO est une très bonne chose pour le développement du tourisme. Cependant, je pense qu’il faut encore attendre pour voir une augmentation de la fréquentation dans le département. Concernant les Gîtes de France, très peu de nos clients évoquent ce classement. Ils viennent pour découvrir l’Auvergne mais comment ont-ils eu l’idée de venir ici ? Nous n’avons pas de réponses pour l’instant. Ensuite, concernant l’épidémie Covid-19, elle a surtout des conséquences sur nos touristes étrangers. Nous n’avons pas encore de remise en cause de nos réservations mais nos clients ayant posé des options ne sont pas certains de les confirmer.

Quelle est la carte d’identité des gîtes du Puy-de-Dôme ?

Nous comptons au total plus de 800 hébergements dont 700 gîtes. L’offre est particulièrement riche dans le Sancy. Depuis quelques années, nous constatons une montée en gamme. Les gîtes moyennes et hautes gammes (c’est-à-dire trois ou quatre épis) se développent de plus en plus pour répondre à la demande des clients. Les nouveaux hébergements sont d’ailleurs très beaux. Cette progression est une réponse à la demande des touristes mais aussi une volonté des propriétaires désireux d’offrir un accueil de qualité.

La concurrence des hébergements touristiques est rude…

Les Gîtes de France du Puy-de-Dôme sont surtout présents dans les milieux ruraux et moins en zones urbaines. Délaisser les villes a d’ailleurs été une erreur de notre part puisque nous avons ouvert la porte à des plateformes comme Airbnb. Notre objectif à long terme est de reconquérir le milieu urbain, sans délaisser le rural. Nous croyons en notre formule d’hébergement. Chaque département possède sa plateforme de réservation. Il y a de l’humain, local, derrière notre site internet. Gîtes de France permet aussi aux propriétaires de se former, d’être conseillés et accompagnés. Notre relais départemental contrôle chaque hébergement pour vérifier le respect de notre charte et du cahier des charges. C’est pourquoi nos clients n’ont pas de mauvaises surprises lorsqu’ils passent par Gîtes de France. Toutes les plateformes de réservations en ligne ne peuvent pas en dire autant.

L’activité des Gîtes de France a-t-elle des retombées économiques en zone rurale ?

Rien qu’en 2019, les Gîtes de France du Puy-de-Dôme ont reversé plus de 111 000€ de taxes de séjour aux communes puydômoises. N’oublions pas qu’à cela s’ajoute les autres impôts. Notre capacité d’accueil dépasse les 5 500 personnes. Autant de clients qui auront envie d’aller au restaurant, besoin de l’épicerie ou de la boulangerie, de visiter les musées et autres… Mais surtout, les gîtes permettent de sauvegarder le patrimoine bâti. Les hébergements sont très souvent réalisés dans d’anciennes granges rénovées. Par exemple, j’ai moi-même rénové un ancien pigeonnier dans un domaine agricole dont j’ai hérité, pour faire un gîte et des chambres d’hôtes. Sans cette activité touristique, jamais je n’aurais pu conserver et encore moins rénover ce bâtiment. Aujourd’hui, il accueille des touristes qui me permettent de rembourser les travaux. Les Gîtes de France s’est aussi cela : assurer la survie d’un patrimoine trop souvent délaissé.

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