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« Notre Président se dit européen, qu'il le prouve ! »

Régis Rougier, producteur de maïs sur la commune de Joze dans le Puy-de-Dôme et administrateur de AGPM Maïs Semence fait le point sur la situation des cultures

Interview de Régis Rougier, producteur de maïs sur la commune de Joze

Alors que la campagne de production du maïs bat son plein, Régis Rougier, aborde les défis qui se présentent actuellement à l'AGPM à commencer par le plan du gouvernement visant à « sortir de la dépendance aux phytos ».

 

L'observatoire Céré'obs estimait au 23 juin dernier à 74% les surfaces en bonnes à très bonnes conditions au niveau national. Qu'en est-il exactement aux niveaux national et local ?

Régis Rougier : Globalement les maïs du département sont beaux et affichent à ce jour de bons potentiels à l'image des autres maïs continentaux et du nord-ouest de la France. Bien-sûr il y a eu des parcelles sévèrement touchées par les aléas climatiques (inondations, grêle)... Et le potentiel actuel doit être protégé : cette année la pyrale est bien présente au sud comme au nord et les dégâts de taupins et de corbeaux sont fréquents.

Les maïs du sud-ouest connaissent de grandes difficultés cette année car les pluies incessantes ont gravement perturbé les semis qui se sont terminés fin juin.

 

Avec l'interdiction programmée de certains produits comme les néonicotinoïdes ou le glyphosate, comment l'AGPM entend alerter le gouvernement sur les difficultés des maïsiculteurs sur le terrain ?

R.R : Les décisions franco-françaises concernant les phyto sont intolérables et nous ne pouvons accepter toujours davantage de distorsions. La sortie du glyphosate, par exemple est une demande sociétale et, même si elle n'est pas scientifiquement justifiée, nous devons en tenir compte. Mais pas tout seuls et à n'importe quel prix. Que ce soient aux niveaux local ou national, l'AGPM ne cesse de demander aux pouvoirs publics de s'en tenir à la réglementation communautaire. Notre Président se dit européen, qu'il le prouve !

L'interdiction des néonicotinoïdes est une réelle menace pour les maïs du Nord et de l'Ouest qui ont besoin du thiaclopride (Sonido) pour se prémunir d'attaques de mouches. Dans son rapport du 30 mai l'ANSES a clairement identifié cette menace et l'impasse à laquelle les producteurs devraient faire face si aucune dérogation n'était délivrée. C'est ce qui a conduit l'AGPM à demander une dérogation qui sera examinée par trois ministères : Agriculture, Environnement, Santé. L'examen de passage s'avère difficile et il est primordial que notre demande soit relayée par les agriculteurs sur le terrain.

Parallèlement les producteurs de maïs ont toujours été ouverts aux solutions de substitution aux phytos. C'est pourquoi nous nous engageons aux côtés de la FNSEA dans la démarche «Contrat de solutions » ... Mais il faut être clair : les nouvelles solutions nécessitent des investissements et des surcoûts que les maïsiculteurs ne pourront pas supporter seuls même si, à bien des égards, le maïs a déjà une longueur d'avance.

C'est-à-dire ?

R.R : C'est en maïs que le biocontrôle est le plus développé, avec 120 000 ha protégés contre la pyrale via les trichogrammes. Et c'est encore dans les champs de maïs que l'on voit de plus en plus de désherbage mécanique se développer. Ces deux alternatives sont en bonne place dans les techniques identifiées dans le contrat de solutions et il convient de les promouvoir mais sans se priver des autres. Cette année par exemple pas question de désherber mécaniquement des sols détrempés. Et quand la pression pyrale devient trop forte, les trichogrammes ne suffisent pas et la chimie doit pouvoir prendre le relai.

Poursuivre la recherche dans tous les domaines avec l'institut Arvalis, promouvoir les techniques répondant aux aspirations sociétales et défendre les solutions efficaces aptes à préserver la culture, telle est la ligne poursuivie par l'AGPM en matière de phytos.

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