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« Mort assurée des producteurs de lait si les promotions ne sont pas encadrées »

Une quinzaine de producteurs de lait de la FDPL du Puy-de-Dôme s’est rendue dans le rayon des produits laitiers de Géant Casino pour dénoncer les abus sur les promotions.

La délégation est venue porter des chrysanthèmes dans le rayon des produits laitiers. Le lait premier prix, vendu à 0,73 cts € le litre, peut-il rémunérer tous les acteurs ?

Lundi 29 octobre, la Fdpl du Puy-de-Dôme et les Jeunes Agriculteurs se sont rendus dans une grande surface de l’agglomération clermontoise pour dénoncer les braderies permanentes faites sur le rayon des produits laitiers. Cette dénonciation, à la veille de la Toussaint, s’est voulue symbolique avec un déplacement de chrysanthèmes vers le rayon lait en promotion. Pour la profession, ces promotions importantes et répétées détruisent la valeur des produits agricoles.
Le prix en rayon apparaît complètement déconnecté des coûts de production, que ce soit sur le lait conventionnel ou sur le lait produit en agriculture biologique, ce que dénoncent fermement les éleveurs présents.

L’encadrement des promotions va être réglementé par une ordonnance qui fait suite à la loi alimentation. La demande de la Fdpl est d’imposer l’encadrement des promotions, référence par référence, et non pas par groupe de produits ou rayon, qui pourrait laisser trop de marges de manœuvre aux distributeurs. David Chauve, président de la Fdpl explique aux journalistes présents sur place : « les Etats Généraux de l’Alimentation ont conclu à un certain nombre d’axes de travail pour ramener de la valeur aux producteurs et il est temps de transformer l’essai pour qu’il ne se solde pas seulement à un coup de communication du gouvernement ». Avec deux à trois centimes supplémentaires dans le rayon, c’est un retour de 20 ou 30 euros supplémentaires sur le prix du lait aux producteurs. Le partage des marges sur chaque maillon de la filière rendrait les négociations commerciales plus équitables sans pour autant nuire aux autres acteurs. Mais comme l’a exprimé Joël Amadon, producteur de lait à Pontaumur : « le lait entier part des exploitations à 32 cts le litre, et vendu 1,25 € le litre en rayon, où passe cette marge ? ». Le directeur du magasin, Sébastien Imenez, ne « sait pas » comment s’établissent les marges. Sans réponse donc. David Chauve dénonce ce manque de transparence parmi les acteurs de la filière : « Lors des EGA, tous les acteurs s’étaient engagés à plus de transparence, mais aujourd’hui seuls les producteurs sont prêts à le faire. Le rapport de forces est complètement déséquilibré : certains paient pour ne pas divulguer leurs résultats ». Les éleveurs souhaitent que le gouvernement fasse preuve d’une volonté franche en engageant de vraies sanctions. Le directeur de magasin Sébastien Imenez avoue avoir, depuis les dernières actions syndicales, retiré le lait belge de ses rayons, et s’est engagé à faire remonter les demandes des producteurs au groupe.
David Chauve explique aux journalistes présents qu’ « il reste deux ou trois détails à régler dans la loi alimentation, qui ont pourtant un impact énorme pour les producteurs. L’échéance, ce sont les prochaines négociations commerciales, soit on enclenche une dynamique des prix vers le haut, soit on garde le statu quo auquel cas on n’a pas pris en compte les problématiques de la profession agricole. » Verdict dans les prochains mois.

Adeline Javion

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