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Alimentation
« Modifier nos systèmes alimentaires, de la production jusqu’au consommateur »

Une étude de l’ADEME portant sur l’empreinte sol du système alimentaire français préconise un rééquilibrage de notre assiette et une réduction de consommation des produits importés.  

Dans son étude, l'ADEME préconise de rééquilibrer la part de produits végétaux et animaux dans nos assiettes.

Dans le cadre du projet de loi climat et résilience qui prévoit notamment de soutenir une alimentation saine et durable, peu émettrice de gaz à effet de serre (GES), l’ADEME conduit différents travaux dont une étude réalisée en 2020 sur les niveaux de l’empreinte sol du système alimentaire français. Les résultats de celle-ci ont été présentés récemment lors d’une visio-conférence par Sarah Martin, Ingénieure Alimentation Durable, et Antoine Pierart, Ingénieur au Service Forêt, Alimentation et Bioéconomie.
L’étude en question vise à mesurer d’une part l’empreinte des différents régimes alimentaires sur le sol et, d’autre part, l’empreinte des produits agricoles et alimentaires importés pour l’alimentation animale et humaine. " Le sol est à l’origine de 95% de notre alimentation ; c’est aussi un gigantesque réservoir de biodiversité et de carbone ", explique Antoine Pierart avant d’ajouter que " la qualité des sols dépend avant tout de l’activité humaine ".  Un quart de l’empreinte GES est liée à la chaine alimentaire selon l’ingénieur, et le premier niveau émetteur est la production agricole (67%), suivi par le transport.

Risque de tension

Avec une surface agricole utile en France de 28,7 millions d’ha et une surface agricole nécessaire à l’alimentation de 26 millions d’ha, le pays pourrait être à l’équilibre, selon l’étude de l’ADEME. Mais cet équilibre est compromis par le fait que 12 millions d’ha de notre SAU servent à produire pour l’exportation. Et 9,6 millions d’ha sont importés pour l’alimentation. Une réalité fragile qui peut être " source de tensions sur nos sols et qui interroge sur la résilience de notre territoire " indiquent les deux ingénieurs.
Autre constat de l’étude de l’ADEME : l’importation en France de produits agricoles et alimentaires qui impacte également notre empreinte sol. Plus de 50% des tonnages importés en France proviennent de l’Union européenne, ce qui est " plutôt positif en matière de transport " note Sarah Martin. Selon elle, le point faible résulte davantage des importations de plus de 50% de nos fruits et légumes depuis des pays extra-européens et de l’importation à 100% du café, thé et cacao venant d’Amérique du Sud, de l’Asie et de l’Afrique. " Le prisme empreinte sol de ces produits représente 20% de l’empreinte sol de nos produits importés " selon l’ingénieure. Enfin, si la majorité des importations de viande proviennent d’UE, en revanche l’alimentation du bétail français est fortement impactée par le tourteau importé de très loin, depuis l’Asie et l’Amérique du sud.

Les solutions avancées

Quelles solutions pour réduire cette empreinte sol de l’alimentation ? L’ADEME prône " des arbitrages cohérents ". Son étude préconise de " rééquilibrer la part de produits végétaux et animaux. Cela permettrait de libérer des terres agricoles en France et hors de France, de faciliter la conversion en bio des systèmes agricoles et privilégier des systèmes moins intensifs, de relocaliser des productions et favoriser la résilience des territoires, et de réduire notre impact sur les écosystèmes (déforestation importée). " L’ADEME avance également la nécessité de " relocaliser la production de fruits et légumes pouvant être produits en France et de modérer notre consommation de café/ thé/chocolat afin de réduire notre empreinte sol et notre impact sur les écosystèmes ". 
Faut-il aussi proscrire la viande dans nos assiettes ? Pour l’ADEME, " l’enjeu est de travailler sur la diversification de l’assiette. Il s’agit de combiner viande et légumes, tout en respectant nos habitudes culturelles " explique l’ingénieure. Cela suppose de " réduire la quantité de viande en privilégiant une viande de qualité en moindre quantité, et de proximité. L’enjeu est de développer les équilibres dans les exploitations entre productions animale et végétale, redonner de la valeur à notre alimentation tout en rémunérant les agriculteurs."

 

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