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Production ovine
Michèle Delesvaux : « Vivre avec moins que le RMI, ça ne peut plus durer ! »

La présidente de la FRO(1), a rappelé, lors du rassemblement des éleveurs du 17 juin dernier, la nécessité de soutenir rapidement les producteurs ovins. « C’est une question de survie ! »

Michèle Delesvaux : « Il faut un rééquilibrage des soutiens en faveur de l’élevage ovin ».

Quelle est, aujourd'hui, la situation des éleveurs ovins ?
Malgré tous les efforts permanents d'améliorations techniques et de conditions de productions, nous connaissons un des revenus les plus bas parmi les productions agricoles, un revenu qui ne cesse de baisser depuis des années. Cette dégradation s'explique par une accumulation de facteurs d'ordre conjoncturel et d'ordre structurel : un handicap lié à la PAC de 2003 qui accentue les différences de revenu entre producteurs; un paradoxe "angoissant" d'un prix plus élevé en France que dans les autres grands pays producteurs d'ovins qu'ils soient européens ou pays tiers, ce prix engendre une concurrence "déloyale" inscrivant un tel écart de prix à la distribution avec un contexte de pouvoir d'achat "en prime" qui fragilise encore plus la filière ovine et des hausses de charges exponentielles, qui dans ce contexte, absorbent les maigres réserves de trésoreries, si tant est qu'elles existent !!!
Le cri d'alarme lancé en décembre 2006, à l'occasion des premiers états généraux de la filière ovine, organisés à Clermont-Ferrand, est donc toujours d'actualité...
Oui, puisqu'aujourd'hui un éleveur de mouton fait vivre sa famille avec 7 393 euros de revenu soit 616 ? par mois pour vivre ! Moins que le RMI ! Nous sommes en dessous du seuil de pauvreté ! C'est indécent. La situation devient intenable pour bon nombre d'éleveurs. C'est pourquoi j'ai voulu, mardi dernier, lancer un véritable cri d'alarme, de désespoir, un cri l'alerte, afin que chacun des éleveurs présents mesure la désespérance, le découragement, l'amertume et l'abandon de nos éleveurs ovins.

Avez-vous le sentiment d'être suffisamment soutenus par les pouvoirs publics ?
Les rapports du député Simon, des sénateurs Bailly et Fortassin, du parlementaire irlandais Lyam Aylward, sont tous unanimes et s'accordent à dire et écrire qu'il faut un réel rééquilibrage de soutien à notre production ! Le ministre de l'agriculture français, Michel Barnier, convaincu de la légitimité de nos demandes, mais ayant les poches vides, nous a «gratifiés » de deux plans de soutien «dit d'urgence» à la fois conjoncturel et structurel, tout en nous précisant que la solution était à Bruxelles. Dont acte ! Il s'est donc engagé à traiter la problématique ovine en priorité à l'occasion du bilan de santé de la PAC.

Et en attendant les arbitrages bruxellois, dont on dit qu'ils n'interviendront pas avant 2009, que compte faire la profession ?
La FNO, la FRO Auvergne, affichent d'une seule voix le réquisitoire suivant : nous ne pouvons plus attendre ! Il faut passer des promesses aux actes. Nous demandons un soutien sans faille de toute la profession. Il nous faut un affichage clair, qui réponde à la question suivante : oui ou non, l'élevage ovin français fait-il, doit-il faire partie du paysage agricole français ? Pour continuer d'exister demain, nous réclamons, un alignement du niveau de soutien sur le régime bovin allaitant par l'attribution d'une prime supplémentaire à toutes les brebis présentes, et ce dès 2009, car en 2010, il sera trop tard. La parité légitime enfin retrouvée, car c'est un préalable indispensable, nous demandons un renforcement du soutien transversal à l'herbe.


(1) Fédération régionale ovine

 

 

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