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Ovins
Marché 2006 marqué par un recul du cheptel

La fédération nationale ovine était en Auvergne, la semaine dernière, dans le cadre de ses assemblées régionales. L’occasion de faire l’état des lieux de la filière.

Avant son assemblée générale nationale qui se déroulera le jeudi 12 avril, à Paris, la fédération nationale ovine réalise, comme à son habitude, le tour des régions. La semaine dernière, représentée par son secrétaire général, Jean-Pierre Arcoutel et son directeur, Bertrand Bouffartigues, la FNO était à Clermont-Ferrand.
Autour de Michèle Delesvaux, présidente de la fédération régionale ovine et de Claude Font, président de l’AROA et des responsables ovins des quatre départements, les participants ont notamment évoqué la situation du marché en 2006.
Une situation marquée par une baisse de cheptel de l’ordre de 1,5 % (- 98.000 brebis). Comme en 2005, les classes de détenteurs de moins de 200 brebis connaissent les baisses les plus importantes en pourcentage. Par contre, alors qu’elle était quasi stable en 2005, la classe des détenteurs entre 200 et 350 brebis connaît une baisse sensible en 2006 avec moins de 43.000 brebis. Seule la classe entre 500 et 750 brebis connaît une hausse cette année.
Selon les données provisoires fournies par l’Office de l’élevage, seules neuf régions sont dans une situation de hausse d’effectifs en 2006 contre treize en 2005. Il s’agit principalement des zones situées au nord de la Loire. Les plus fortes pertes sont concentrées dans les zones du Centre Ouest et en particulier dans les zones à mixité bovins-ovins.

 

Nouveaux produits et nouvelle communication
Comme dans le cas du cheptel, la tendance s’est inversée en 2006 par rapport à 2005 pour la production, avec une baisse qui devrait se situer aux alentours de - 2%. «Depuis la crise de la fièvre aphteuse, le marché de la viande ovine européenne n’a jamais retrouvé son niveau d’offre qui se situe toujours à environ 85 % inférieur à celui d’avant la crise. Cela entraîne une consommation française qui a perdu 50.000 tonnes sur 280.000 en 2001. Aujourd’hui celle-ci devrait être en recul de l’ordre de 1 %», a expliqué Bertrand Bouffartigues.
Au niveau des prix, la cotation nationale a progressé de 4,1 % en 2006, avec en particulier l’absence de creux de prix, traditionnel au moment de l’été. «Cette cotation doit être prise comme un indicateur de tendance mais qui ne reflète pas forcément les disparités entre les régions», a précisé le directeur de la FNO. Au chapitre des perspectives, la FNO estime que la situation de limitation de l’offre en Europe va s’amplifier dans les années à venir, puisque les principaux pays moutonniers prévoient une baisse des effectifs et de la production. Du coup, l’interprofession ovine souhaite travailler prioritairement sur deux axes : le développement de nouveaux produits élaborés pour attirer et fidéliser les consommateurs et imaginer une communication plus générique de la viande d’agneau en relation avec d’autres pays européens dans un contexte de fragilisation du marché européen face aux importations des pays tiers.
Trois questions à Jean-Pierre Arcoutel, éleveur ovins dans le Lot (Rocamadour)

Sur quelles problématiques portent actuellement le travail syndical de la FNO ?
Jean-Pierre Arcoutel : L’amélioration du revenu des éleveurs ovins est aujourd’hui notre principal cheval de bataille. Le constat est clair et simple : c’est par l’amélioration du revenu de l’ensemble des éleveurs ovins que la production ovine et sa filière se maintiendront dans notre pays.


La maîtrise des charges et l’amélioration de la productivité sont-elles les deux seules voies, selon vous pour y parvenir ?
J.P.A : Elles font partie des solutions, mais cette problématique de revenu trouve essentiellement sa source dans le manque de soutien. La filière ovine souffre d’une inégalité de soutiens par rapport à d’autres productions. C’est la raison pour laquelle, au niveau de la FNO nous réclamons une politique de soutien communautaire réellement équitable.


Ce message a largement été porté lors des Etats Généraux de la filière ovine, le 18 décembre dernier à Clermont-Ferrand. Que s’est-il passé depuis, et quelles sont aujourd’hui vos marges de manœuvre ?
J.P.A : Nous continuons à faire pression sur les parlementaires et sur l’ensemble des décideurs pour défendre des options qui permettent de rééquilibrer les niveaux de compensations. Nous attendons toujours les conclusions de la mission ovine, menée par le député Yves Simon, qui devraient intervenir dans les jours prochains. En tout état de cause, l’enjeu semble être celui de rendre eurocompatible une mesure spécifique en faveur des éleveurs ovins. Quoi qu’il en soit, il y a urgence à agir. Il en va du maintien de toute une filière, qui comme s’accorde à dire l’ensemble des instituts techniques, a déjà fait beaucoup en terme d’organisation, de génétique et de segmentation de marché.

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