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Rencontre
L’UMP et l’UDSEA du Puy-de-Dôme confrontent leur vision de l’agriculture

Antoine Herth, agriculteur et député du Bas-rhin, en charge du dossier agricole à l’UMP, est en visite dans le Puy-de-Dôme.

Une délégation de responsables professionnels du département a souhaité rencontrer Antoine Herth pour lui faire partager sa vision de la situation de l’agriculture au plan national, européen et international. « A la veille d’échéances électorales importantes, nous attendons du monde politique qu’il ait le courage de redonner ses lettres de noblesse à l’agriculture » commence Patrick Trillon. Les responsables professionnels présents ont tenu à éviter la petite polémique de campagne, pour se consacrer entièrement à l’examen des problèmes de fonds. «Aujourdhui on ne parle d’agriculture que sous ses aspects négatifs. On a réellement besoin d’une vision et d’un discours sur l’agriculture qui soit porteur de perspectives » reprend Philippe Aymard.


L’agriculture française : un poids social, économique et politique considérable
Avec ses 4 millions d’emplois (plus de 15 % des emplois français) et une contribution à la richesse nationale supérieure à celle des industries automobile, aéronautique, navale et ferroviaire réunies, les filières agricoles et agroalimentaires occupent une place de premier rang dans l’économie nationale. Elles contribuent indiscutablement au rayonnement politique de la nation et sont caracté-
ristiques du modèle économique français. « L’agriculture doit rester une priorité nationale. C’est un secteur économique ancré au coeur des territoires. De plus, nous constatons que c’est un des secteurs qui résiste le mieux en cas de crise ou de conjoncture économique défavorable» explique Antoine Herth.

Casser la vision qui prévaut à l’OMC
Comment nourrira t-on les 9 milliards d’habitants que comptera la planète en 2050 ? Pour y parvenir, nous aurons besoin de toutes les agricultures. C’est pourquoi de nombreux pays, les Etats-Unis en premier lieu, renforcent leurs politiques agricoles. Pourtant, la logique qui prévaut actuellement à l’OMC, et qui dicte les réformes successives de la PAC, est suicidaire pour la production agricole. Elle considère les produits agricoles comme des produits manufacturés banals. Hors, l’agriculture est spécifique. Les lois de libre concurrence et du marché sans régulation fonctionnent mal en raison de ses spécificités : la production est soumise aux aléas climatiques, la demande n’est pas élastique, l’offre est terriblement dispersée … Les marchés agricoles soumis aux règles de l’OMC se caractérisent donc par une fluctuation anarchique des prix agricoles avec de très grandes amplitudes. « Aucun secteur d’activité ne pourrait supporter de telles variations. Ces prix s’imposent à tous les agriculteurs de la planète alors que moins de 10 % de la production agricole est exportée et qu’une dizaine de pays tout au plus est concernée! » analyse Pierre Pagesse.

 

Pour une politique européenne refondée
Jusqu’à présent, la politique agricole européenne a plutôt bien réussi à préserver les agriculteurs européens de ces disfonctionnements. Les consommateurs et les citoyens en ont largement profité en terme de sécurité alimentaire, de maintien de l’emploi ou d’aménagement du territoire. Aujourdhui, la situation a changé. Les responsables professionnels sont très inquiets du démantèlement qui menace la politique agricole communautaire. La baisse des droits de douane, la régionalisation aveugle des aides et la disparition des outils de régulation des marchés porteraient un coup fatal à l’agriculture européenne qui ne serait plus en mesure d’assurer sa fonction productive dans des conditions de compétitivité satisfaisantes et non tronquées. Pour Jacques Chazalet, il est indispensable de retrouver une volonté politique forte sur ces sujets: « Malheureusement, on sent la France isolée dans la défense d’une politique agricole ambitieuse ». Pourtant, tous sont d’accord, il faudra changer de logique et baser à l’avenir l’organisation des marchés agricoles sur les coûts de production réels pour garantir le revenu des producteurs.

 

 

 


Repères : que pèse l’agriculture française ?

 

 


L’agriculture française et les filières agro-alimentaires ont produit 198 milliards d’euros en 2004. Cela représente 6,7 % de la production des biens et services nationaux. Cette production est supérieure à celle d’un grand nombre de secteurs d’activité majeurs du pays.
Exemples :
- Agriculture, industries agricoles et agroalimentaires : 198 milliards d’euros
- Industrie automobile : 92 milliards d’euros
- Energie (production de carburants, gaz, électricité) et eau : 103 milliards d’euros
- Construction (bâtiments, travaux publics) : 192 milliards d’euros
- Activités financières et assurances : 147 milliards d’euros
- Santé : 113 milliards d’euros

Source : Comptes nationaux 2004 – Insee

 

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