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Syndicat
L’UDSEA et JA proposent un modèle agricole attractif, audacieux et solidaire

Le congrès annuel de l’Udsea a été l’occasion pour le syndicat de dévoiler les orientations qu’il défendra dans le cadre des prochaines élections Chambre d’agriculture.

Le 17 novembre dernier, l’UDSEA et les Jeunes Agriculteurs du Puy-de-Dôme ont dévoilé leur projet en faveur de la Ferme départementale. Un projet dans lequel le métier a un prix et où l’agriculture se veut «audacieuse, attractive et solidaire». Trois mots qui définissent les orientations fixées par les deux instances syndicales majoritaires et qui constitueront le ferment de leur campagne pour le renouvellement des membres de la Chambre d’agriculture en janvier prochain.

Pour la compétitivité des exploitations

 

« Produire et ne pas être broyé par la mondialisation en marche » tel est le message fort de l’Udsea qui exhorte les agriculteurs à s’impliquer véritablement dans la mise en marché de leurs produits. « Nous devons être acteurs dans la recherche de nouveaux débouchés, la contractualisation avec les filières et le regroupement de l’offre. Car le premier pilier d’une agriculture attractive est assurément la compétitivité des exploitations agricoles » déclare Patrick Trillon. Le président de l’Udsea met l’accent sur la défense de prix de vente élevés dans le cadre de marchés régulés et grâce à l’application du principe de préférence communautaire. « Nous n’avons pas toujours été entendus sur ce point, notamment lors de la révision de la Pac en 2003».
Mais le prix n’exclut pas le soutien des exploitations. Le président Trilon fait référence aux indemnités versées aux élevages des zones à handicaps naturels ou à vocation herbagère. « Ces aides doivent nous permettre de retrouver un niveau de compétitivité comparable aux élevages des autres régions européennes. C’est une priorité de notre combat syndical d’obtenir leur revalorisation. En revanche, nous n’accepterons pas que soit imposée une extensification supplémentaire de nos pratiques agricoles. Ce serait un recul de la production départementale et une déstabilisation complète des filières». «Extensifier l’herbe, c’est appauvrir le Massif central» complète Jacques Chazalet.

 

Pour une agriculture responsable

 

Sur la conditionnalité des aides Pac - autre élément de compétitivité- le représentant de l’Udsea dénonce les dangers d’une ponction supplémentaire et généralisée des trésoreries, « on ne peut pas d’un côté ouvrir les frontières et libéraliser les marchés et de l’autre, attacher des boulets aux pieds de nos exploitants ! On ne peut pas être brésilien par les prix et européens par les charges ». Une position partagée par le secrétaire général de l’Udsea, Bruno Chaput, qui sans détours dénonce « une France timide et malade, incapable de voir qu’autour d’elle le monde échafaude des stratégies conquérantes et s’acharne à développer une agriculture compétitive, moderne, capable de produire massivement pendant que l’Europe et elle se gargarisent au vert…».
Une invitation lancée aux agriculteurs afin qu’ « ils se prennent par la main, se mobilisent, s’impliquent et s’unissent autour de la Chambre d’agriculture pour défendre leur avenir».

 

Jean Bernard Bayard : « Relever le défi collectif »
Voix puissante et verbe haut, le secrétaire général de la Fnsea a appelé les agriculteurs du Puy de Dôme à « relever le défi collectif » qui consiste pour l’agriculture à « se remettre en cause pour mieux affronter le contexte mondial que l’on ne peut nier.
L’agriculture ne sera plus ce qu’elle a été. Nous devons avoir une autre approche de notre métier. A Bruxelles, un certain nombre d’outils vont voler en éclat ; à nous alors de réfléchir à des schémas de remplacement dont le monde politique devra se faire le relais ».
Jean Bernard Bayard a présenté les objectifs pour la Ferme France : « avoir des Hommes qui vivent de leur métier, des gens responsables de leurs exploitations, de leur devenir ; présenter une agriculture qui corresponde à l’attente des jeunes et afficher une solidarité entre les productions, les régions et les Hommes.» Sur l’installation, le secrétaire général a d’ailleurs dénoncé « la dérobade de l’Europe » en matière de soutien et d’accompagnement, «on ne peut pas tirer un trait sur les prêts bonifiés, a-t-il expliqué, au risque sinon de déséquilibrer l’économie des installations et de fragiliser leur pérennité ». Concernant la conditionnalité des aides, il a décrié «une conditionnalité née de groupes de pression de type «bobocratie», associés à des pseudo paysans. Ceux qui ont piétiné leur métier sur la place publique ne méritent aucune considération de notre part ».
Enfin, s’adressant à l’administration, J.B Bayard a demandé à ce «que les contrôles s’en tiennent au texte. Face à des agents zélés qui ont tendance à se comporter en cowboy lors des contrôles, l’administration doit les rappeler à l’ordre et ne leur faire appliquer que le texte, rien que le texte ».

Les professionnels ont dit...

Sébastien Vidal, président JA63
«Le modèle agricole que l’on veut pour le département est celui d’une agriculture qui continue à installer sur des exploitations économiquement et socialement viables. C’est la garantie demain, de vivre de notre métier et de maintenir une dynamique dans nos campagnes».

 

Gérard Renard, président de la Chambre d’agriculture
« L’agriculture est sans cesse remise en cause sur ses fondamentaux, notamment sur ses soutiens. Or nous devons veiller à ne pas détruire une agriculture professionnelle qui a rempli les missions qui lui étaient assignées par rapport à la nourriture, à l’hygiène, à la sécurité alimentaire. C’est nécessaire à l’ensemble de l’édifice mondial (…) L’évolution de l’agriculture passe par des fondamentaux ; nous les avons, alors pourquoi y renoncer ? En 2025 il manquera à l’Inde 60 M d’ha pour subvenir à ses besoins. Attention alors à ne pas détruire la production en Europe que nous aurons du mal à reconstruire le moment venu… ».

Jacques Chazalet, président de la Frsea Massf central
«La France ne serait pas ce qu’elle est s’il n’y avait pas le poids de l’industrie agroalimentaire dans le produit intérieur brut. Or, ce n’est pas cher payé le retour qui est fait aux agriculteurs ! ».

 

 

...et les politiques se sont exprimés

Catherine Guy-Quint, députée européen (PS)
«Notre PAC est en danger. Il faut la refondre complètement et proposer à l’UE une réforme qui puisse subvenir aux besoins du monde et être en adéquation avec l’OMC (…) Le pouvoir décisionnel n’est plus en France mais à Bruxelles. C’est là qu’il faut être présent».

André Chassaigne, député (PC)
««Il faut plus d’Europe pour essayer d’avoir moins de mondialisation. Cela ne veut pas dire qu’il faut élever des murs autour de nos frontières, mais travailler sur des coopérations et non sur la base d’un prix unique au niveau mondial, tiré vers le bas (…) Face aux coups portés au 2ème pilier de la PAC, il faudra bien envisager des aides compensatoires pour palier le désengagement européen ».

 

François Marion, conseiller général de La Tour d’Auvergne (UR)
«Nous avons beaucoup de travail à faire ensemble sur les secteurs où l’agriculture est le minerai principal afin de maintenir un tissu d’exploitations, même si dans certains cas il faudra démarrer par des petites structures pour ensuite les aider à se développer».

 

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