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L’ISN rajoute des pierres et des partenaires à son édifice

Près de 93% du lait AOP Saint-Nectaire est transformé en fromage mais le nombre d’exploitations laitières est en baisse, encore 9,3% d’entre elles ont disparu en 2018.

Jacques Chazalet, président de la Safer AuRA et Patrice Viala, président de l’ISN ont signé la convention de partenariat en présence de Jean-Marc Boyer, sénateur du Puy-de-Dôme.

La filière AOP Saint-Nectaire poursuit son développement. À l’occasion de son assemblée générale annuelle, l’Interprofession du Saint-Nectaire (ISN) est revenue sur les faits marquants de l’année 2018. La progression des ventes de +2,2% (+3,5% en fermier et +0,7% en laitier) et un taux de transformation de la production laitière de près de 93%, soit 58 321 250 litres, sont les témoins d’une stratégie commerciale efficace. Encore 44% des volumes de Saint-Nectaire sont écoulés dans le centre-ouest de la France mais le fromage assoit également sa notoriété dans le Sud-Ouest, l’Ouest et la région parisienne. La GMS est le circuit privilégié par les consommateurs pour leur achat mais la part des foires et marchés est en nette progression. Malgré tout, l’ISN s’est fixé l’objectif d’ici 2025 de commercialiser 15 300 tonnes de fromages contre 14 100 tonnes aujourd’hui. « Un objectif ambitieux mais si l’on ne fait rien, nous sommes sûrs d’arriver nulle part » souligne Patrice Viala, président de l’ISN qui rajoute « il en va de la valorisation de toute la filière ».


« 8 à 10 installations/an à partir de 2020 »


Plus de mille tonnes de fromages supplémentaires d’ici six ans, cela implique de renforcer la production laitière sur la zone. Il y a quelques mois déjà, l’ISN alertait sur la baisse de production en raison des cessations d’activités. Marie-Paule Chazal, directrice de l’ISN explique : « pour atteindre cet objectif de 2025, il nous faut augmenter la production de Saint-Nectaire laitier à 7 105 tonnes (près de 6 600 tonnes en 2018) ». Cependant, si l’évolution prévisionnelle de la production laitière actuelle se poursuit, il faudra à la filière retrouver « 14 millions de litres de lait » pour espérer atteindre la production escomptée. Afin de palier au manque annoncé, ce sont « 8 à 10 installations par an à partir de 2020 » qui doivent avoir lieu sur la zone. L’ISN rassemble donc plus que jamais ses forces vives.


L’ISN se rapproche de la Safer


L’assemblée générale annuelle a ainsi été le théâtre de la signature d’une convention entre l’ISN et la SAFER AuRA. « Le foncier est un enjeu stratégique important dans la consolidation des exploitations » explique Patrice Viala. À travers cette nouvelle collaboration, les acteurs de la filière espèrent préserver les exploitations et les terres de la zone, dédiées actuellement à la production de l’AOP. Cependant, Jacques Chazalet, président de la Safer précise : « la Safer a du pouvoir mais nous avons des contraintes législatives, nous ne pouvons pas faire ce que nous voulons. Nous pouvons privilégier les projets de production de Saint-Nectaire mais nous ne pouvons pas leur donner l’exclusivité ». Ladite convention officialise donc le rapprochement entre la filière et le gestionnaire du foncier qui s’engage « à faire le maximum et surtout à partager des informations ».


Filière luzerne de proximité en construction


L’ISN s’est également rapprochée de Limagrain dans l’espoir de construire ensemble une filière de foin de luzerne dans le département. Le cahier des charges du Saint-Nectaire permet l’introduction de fourrages secs, produits hors zone. Ce nouveau projet novateur a pour but de répondre aux problématiques d’approvisionnement fréquemment rencontrées par les producteurs (rats taupiers, sécheresse…).
L’interprofession a donc débuté une étude de faisabilité. Une première évaluation de l’offre et de la demande a été réalisée et révèle un besoin moyen de la part des producteurs de 2 200 tonnes de foins de luzerne. « Cette demande monte même jusqu’à 5 500 tonnes les années de sécheresse » ajoute Louise Mion, chargée de l’étude. Dans la plaine de la Limagne, près de 40 céréaliers sont prêts à contractualiser pour produire la luzerne. L’ISN poursuit ses investigations notamment pour évaluer les coûts de production suivant les modalités de séchage (vrac, botte, au sol). L’histoire ne dit pas encore si cette nouvelle filière pourrait compenser la perte d’une autre…


Mélodie Comte

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