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Filière ail
L’industrie Rochias en pourparlers avec les agriculteurs

L'entreprise Rochias, spécialisée dans l'ail déshydraté, s'est récemment rapprochée de la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme pour développer sur le département la production d'ail d'automne et développer ainsi son approvisionnement local.

Aulx

Une nouvelle filière s'apprête-t-elle à voir le jour dans le Puy-de-Dôme ? C'est du moins ce qui semble se profiler à l'horizon. L'entreprise Rochias, basée à Issoire et spécialisée dans l'ail déshydraté, s'est récemment rapprochée de la Chambre d'agriculture pour développer sur le département une production d'ail d'automne pour son approvisionnement. Le 10 juin dernier, les agriculteurs étaient invités à venir s'informer et à débattre de l'intérêt d'une telle filière.

Enrichir l'approvisionnement local

L'entreprise Rochias est un leader européen dans l'ail déshydraté. Ses principaux clients sont Danone, Bonduelle, Blédina, William Saurin ou encore Fleury Michon. L'industriel se fournit en ail auprès de la Chine (1er producteur mondial), l'Argentine et l'Espagne. La France représente moins de 1% de ses achats et correspond à des têtes d'aulx issus du triage. Ces volumes seuls ne suffisent pas à répondre à la demande en produits français. "Leur objectif est d'atteindre 600 t/an d'ail français local. C'est ce que leurs clients sont prêts à acheter pour l'instant " explique Éric Vindiolet, élu à la Chambre d'agriculture.
Alors quoi de mieux que d'avoir recours à la production locale ? L'ail était une culture traditionnelle en Limagne avant d'être laissée pour compte (hormis par quelques irréductibles) au profit d'autres productions plus rentables et mécanisées. Ce contexte est le même partout en France hormis dans la Drôme où on dénombre près de 800 ha d'ail. La proposition de Rochias, auréolée d'un "échange ouvert sur le coût de la production", enthousiasme les producteurs d'aulx présents ce jour-là à la Chambre d'agriculture. "Aujourd’hui, il n'y a aucune filière d'ail industrielle en France. Tout est à inventer. C'est super que ce soit chez nous mais attention à ne pas vouloir aller trop vite" prévient Laurent Heinis, président de la Fédération d'ail d'Auvergne.

Les besoins en main-d'œuvre et matériels importants

La précipitation n'est pas de mise dans cette affaire. D'abord parce qu'aujourd'hui l'ail d'automne est très peu cultivé en Limagne, contrairement à l'ail alternatif de printemps (ail rose de Billom). Les connaissances sur le comportement des variétés sont donc limitées alors qu'elles sont la première clé de réussite de la production. "Des essais variétaux sont indispensables " selon les agriculteurs tout comme les "essais matériels".
L'ail demande des outils spécifiques, là aussi peu présents sur le territoire. Les futurs producteurs auront besoin d'une égousseuse, d'une planteuse, d'une arracheuse, d'une chaîne de déterrage, et de matériel de stockage pour le séchage (palox ou silo). "L'investissement en commun sous forme de Cuma serait la meilleure solution" d'après Alban Mialon, animateur de territoire. Malgré tout, la somme de main d'œuvre reste importante. La Chambre d'agriculture a évalué le nombre d'heure de travail sur l'ensemble de la production à environ 75 h/ha pour l'exploitant, 55 h/ha pour la main-d'œuvre type entraide et familiale (surtout de la plantation) et à 105 h/ha pour les saisonniers.
Quant aux coûts de production, dans l'hypothèse où le matériel serait acheté neuf (amorti sur 7 ans) et le travail du producteur rémunéré à hauteur de 1,5 SMIC, les aulx devraient être achetés par Rochias à 1,7€/Kg d'ail sec (si le rendement moyen est de 8 t d'ail sec/ha). Les prochaines rencontres avec les industriels seront déterminantes dans la poursuite ou non du projet.

 

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