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“L’État doit mesurer l’ampleur de la situation en urgence !!”

David Chauve, Président de la FNSEA 63

Dans le département, le travail d’enquête sécheresse est entamé, quelles attentes peut-on avoir quant à ce dispositif ?


Nous avons incité la DDT à entamer les démarches « calamités sècheresse » depuis mi août. Les missions d’enquête ont désormais eu lieu. La commission calamités va donc se prononcer. Nous déplorons que certains secteurs n’aient pas été visités (Limagne Sud, Nord Bois Noirs,…). Les exploitants des zones «potentiellement qualifiées » en calamités auront d’autres démarches à entamer, pour bénéficier d’aides de l’État. Mais le mode de calcul des pertes fourragères est complexe et ne reflète pas la réalité car il est théorique et principalement basé sur la première récolte de printemps, alors que…. de fait, les exploitations cultivant du maïs fourrager sont rarement bénéficiaires. De même pour les exploitations de polyculture-élevage ou celles détenant des ateliers hors sol, car la baisse de chiffre d’affaires global n’atteint pas le seuil de déclenchement. Quelle incohérence lorsque l’exploitation est en phase d’installation ou de développement ! Difficile alors d’entendre que d’un côté à l’autre de la clôture, on est dans le dispositif ou non ! Et n’oublions pas que les autres productions végétales ont aussi été largement touchées par cette sécheresse.

Quelles autres solutions la profession peut-elle avoir ?


À notre échelle, nous avons entamé des démarches pour des réductions fiscales sur la taxe du foncier non bâti. Ce n’est pas la panacée, mais c’est toujours quelques euros qui reviennent dans les cours de fermes. Le ministère a aussi annoncé des avances des paiements PAC à hauteur de 70 % en octobre. C’est une façon de faire de la trésorerie pour des achats mais cela ne constitue pas une mesure exceptionnelle ! Cette année est vraiment particulière, la réalité c’est que nous allons tout droit vers un affouragement des animaux pour une durée de plus de 8 mois sur l’année : presque deux hivers !! Pire, cette situation est malheureusement de plus en plus fréquente. Tout le cheptel français ne pourra pas être alimenté cet hiver ! La flambée des cours des fourrages et de la paille est telle que bon nombre d’agriculteurs baissent les bras et font le choix de la décapitalisation. Au-delà des dispositifs calamités inadaptés, il faut que l’état prenne rapidement conscience de  l’ampleur de la situation pour accompagner de manière équitable  les exploitants aujourd’hui sans solutions : d’autres l’ont fait. En Allemagne 340 millions d’euros ont été débloqués par le ministère. Nous demandons à l’administration d’activer tous les leviers dont elle dispose et ne pas se défiler.

À l’avenir, d’autres dispositifs sont-ils attendus ?


Bien évidemment, nous exigeons de l’État et de l’Europe des mécanismes efficaces pour gérer ces risques auxquels nous allons être plus souvent exposés. Nous demandons depuis plusieurs années déjà, des outils fiscaux, mais aussi d’autres mécanismes de déclenchement des indemnisations calamités plus en phase avec nos exploitations actuelles. Dans notre projet pour les élections Chambre d’Agriculture, nous faisons de la gestion de l’eau une des priorités, aussi bien dans les aménagements que dans les gestions de volumes, pour l’irrigation et l’abreuvement des cheptels. C’est avant tout une question de volonté et surtout de bon sens !

 

Propos recueillis par Adeline Javion

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