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Filière
Les produits locaux au menu des ambitions du Grand Clermont

Le Projet Alimentaire Territorial (PAT) du Grand Clermont et du Parc Naturel Régional du Livradois-Forez analyse la capacité du territoire à fournir, notamment la restauration collective de l'agglomération clermontoise, en produits locaux.

Caisses de légumes

Depuis 2017, le Grand Clermont et le PNR du Livradois-Forez sont lauréats de l’appel à projets du Programme National pour l’Alimentation et ont obtenu un soutien du Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, et de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) pour élaborer un Projet Alimentaire Territorial (PAT) commun. Son objectif est d’améliorer le taux d’auto-approvisionnement du territoire et d’offrir aux habitants les conditions d’une alimentation saine, de qualité, accessible à tous, issue de circuits de proximité.

C'est quoi un PAT et pourquoi ?

Un Projet Alimentaire Territorial (PAT) est un ensemble d’initiatives locales qui sont coordonnées dans une stratégie globale à l’échelle d'un territoire. Il œuvre à la reterritorialisation de l’alimentation, à la structuration de l’économie agro-alimentaire locale et au rapprochement des différents acteurs de la chaîne alimentaire, du producteur au consommateur en passant notamment par les transformateurs, les distributeurs ou encore les restaurateurs.
Le PNR Livradois-Forez et le Grand Clermont se sont donnés pour objectif d’améliorer le taux d’auto-approvisionnement du territoire. Ils souhaitent ainsi améliorer les conditions alimentaires des habitants au travers de produits sains, de qualité, accessibles à tous et surtout issus de circuits de proximité, contribuant au développement d’une agriculture rémunératrice pour l’agriculteur et respectueuse de l’environnement.
Le PAT en cours se traduit par un ensemble d’initiatives locales qui concerne 268 communes puydômoises dont certaines très rurales et d'autres urbaines.

Quelle stratégie ?

Pour construire le projet, le Grand Clermont et le PNR Livradois-Forez ont choisi de réunir l’ensemble des acteurs concernés. Près de 250 d’entre eux, issus de structures diverses (par leur statut, leur implantation géographique ou leur domaine d’activités) ont participé à l’élaboration du projet entre 2017 et 2018. Ensemble, ils ont ouvert la réflexion et envisagé une stratégie alimentaire pour le territoire et conduit un état des lieux prospectif.
 Le diagnostic et les scenarii prospectifs réalisés ont permis de mesurer les forces et faiblesses du territoire, les tendances à l’œuvre et les attentes des acteurs.
Ils ont constitué un socle de discussion commun et ont déterminé l’écart existant entre la situation agricole et alimentaire actuelle et un futur désirable pour tous, à l’horizon 2050.
Parmi les orientations choisies, on retrouve :
- la réduction de l'artificialisation des terres et de la disparition des prairies naturelles ;
- le maintien des emplois agricoles et agro-alimentaires ;
- l'introduction de 20% de protéagineux et légumineuses dans les rotations pour répondre à une évolution du régime alimentaire et de nutrition des cheptels (+ 10 000 hectares) ;
- atteindre 50% d’autonomie alimentaire en fruits et légumes (+ 4 000 hectares soit + 125ha/an) ;
- garantir un coût matière de 2€ minimum par repas en restauration scolaire ;
- proposer 50% de produits locaux, bio ou sous signe de qualité en restauration collective (dont 20% de produits bio) ;
- réduire de moitié les pertes et gaspillages sur toute la chaîne alimentaire ainsi que les émissions de gaz à effet de serre issues de l’agriculture, et enfin consacrer 20% des surfaces agricoles à l’agriculture biologique.

Où en est-il aujourd'hui ?

Afin de répondre à ces enjeux et accompagner les différents acteurs des filières locales, Bio 63 et la Chambre d’Agriculture du Puy-de-Dôme, ont été missionnées pour réaliser une analyse des outils locaux de transformations. L’étude, démarrée en juin 2020, a recensé les pratiques et flux entre les producteurs, transformateurs et distributeurs de chaque filière agricole du territoire. Elle a également mis en avant les besoins et les attentes pour la transformation des produits issus des filières animales et végétales du territoire.
Ainsi, concernant la filière viande du territoire du PAT (rassemblant 486 élevages allaitants dont 170 en filière courte), l'analyse de la production a mis en lumière le grand nombre d'éleveurs en circuit court et la mobilisation des élus locaux dans le maintien des abattoirs municipaux. A contrario, la filière allaitante est pénalisée par le faible nombre d'outils d'abattages et de découpes et leur exploitation très hétérogène du fait de leur implantation.
La filière laitière quant à elle, compte sur ce même territoire 317 producteurs dont 124 en circuit court. La présence d'AOP permet d'améliorer le revenu des producteurs mais le coût très élevé des ateliers de transformation à la ferme et les charges salariales dissuadent nombre d'entre eux, privilégiant les opérateurs des filières longues.
La filière grandes cultures est la principale production du territoire du PAT. La présence de moulins industriels et artisanaux permet de bénéficier d'une large gamme de produits. Cependant, la vétusté de ces derniers met leur activité en péril puisqu'encore une fois, les investissements sont très lourds.
Enfin, les volumes de la filière légumière du territoire ne permettent pas d'approvisionner la restauration collective et encore moins les conserveries présentes dans le département. Ces derniers ne peuvent d'ailleurs pas traiter de gros volumes.
Dans les trois filières, le manque d'un collectif de producteurs en circuit court pour planifier et mutualiser les livraisons est une réelle faiblesse.
Autant de points sur lesquels le PAT du Grand Clermont et le PNR Livradois-Forez ainsi que leurs nombreux partenaires, s'attèlent à développer.

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