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Semences de maïs
Les producteurs de semences de maïs mettent l’accent sur l’innovation

Combatifs, les producteurs se rangent derrière l’innovation et la recherche pour améliorer la productivité et assurer leur présence sur les marchés.

Jeudi dernier, les producteurs de semences de maïs des Limagnes et du Val d’allier étaient réunis en assemblée générale autour de Christophe Cautier, président du syndicat. L’occasion pour eux de dresser le bilan médiocre de la campagne 2006, marquée par une météo perturbée et une forte pression de ravageurs. Résultat : la récolte s’est traduite par des taux de déchets inhabituels. «Sur un plan de production de près de 4000 ha, les résultats atteignent en moyenne 92,4 % des références avec un taux de déchets de 6,9%, et 98 % sur les surfaces non sinistrées» explique Christophe Cautier. Au plan national, les résultats sont comparables, signe que toute la zone française a été confrontée aux mêmes problèmes climatiques et parasitaires.

 

Maintien du budget expérimentation
Le contexte difficile de la production de maïs semences s’est concrétisé par une baisse du plan de production en 2006 mais stabilisé en 2007. Les surfaces resteront en effet identiques à celles de l’an passé, soit près de 4000 ha ensemencés. Et 5 nouveaux producteurs seront contractualisés sur 4 ha chacun. Toutefois, cette réduction des surfaces n’entache pas l’effort consenti par le syndicat et la coopérative Limagrain dans la poursuite des expérimentations et de la recherche. Pour Léon Chaput, vice-président, «cette effort est indispensable pour l’amélioration de la productivité». C’est donc dans cet esprit que le budget d’expérimentation, puisé dans les réserves, a été reconduit en 2007 à hauteur de 57 000 €. C’est aussi dans cet objectif que le syndicat a décidé de poursuivre le développement de la méthode IRRINOV(1) en maintenant la subvention de 30 % aux nouveaux équipements.
Plus largement, le président Cautier a rappelé l’importance des solutions techniques qui font défaut aujourd’hui. «Qu’il s’agisse de traitements de semences, de solutions de désherbage ou de maîtrise des maladies et parasites, les producteurs se trouvent parfois démunis» précise-t-il. Cette situation incite donc le syndicat à maintenir ses différents travaux d’expérimentation et à proposer des solutions de désherbage et de protection fongicide notamment contre l’éclatement du grain, phénomène largement observé en 2006 et qui a généré des taux de déchets importants.

 

L’intérêt du maïs BT
Les producteurs de maïs semences misent sur l’innovation et le développement des plantes OGM, notamment celles tolérantes aux insectes. «Plus de 100 millions d’ha d’OGM ont été cultivés dans le monde en 2006 ; 50000 ha sont annoncés en France en 2007! A terme, le réseau français de production de semences devra être un acteur incontournable de ces nouvelles technologies » insiste Christophe Cautier. Sur ce point, Cédric Poeydomenge, directeur adjoint de l’AGPM2, s’est exprimé sur l’intérêt des biotechnologies et les conditions de production de semences OGM. : «c’est un marché en plein développement. En 2005, 500 ha de maïs BT étaient cultivés en France, 5 200 ha en 2006 et près de 30000 ha le seront en 2007 (…). La France a les meilleurs atouts pour répondre à ce marché : un savoir-faire en segmentation, un contexte pédoclimatique favorable et un cahier des charges renforcé déjà en place qui facilite la traçabilité ». Le directeur adjoint a également souligné les intérêts de la culture : protection du rendement, protection de la qualité du grain, limitation de l’impact environnemental et facilité de récolte. «Demain, face à l’arrivée de nouveaux parasites (diabrotica, héliotis…), aux solutions techniques de moins en moins efficaces et nombreuses, la filière tout entière aura besoin des atouts du maïs BT pour pouvoir être dans le marché. » Toutes les exigences sont remplies. Reste maintenant à dépasser l’aspect sociologique en informant le grand public et en obtenant un engagement politique ferme au travers de la réglementation. Un dernier point sur lequel Pierre Pagesse, président de Limagrain, n’a pas caché son scepticisme, «la directive européenne n’a toujours pas été débattue à l’assemblée nationale et ne le sera certainement pas avant la fin de cette année élective. Or, selon qu’il y aura transcription ou pas, cela laissera la possibilité ou non de cultiver du maïs OGM en France. Aujourd’hui nous restons dans l’inconnu ! ».

Savoir plus...
Le maïs OGM progresse en Europe
*En 2006, l’UE à 25 comptait
78 000 ha de maïs semences dont 48 % en France et 27 % en Hongrie. Cette même année, les surfaces ont baissé de 18 % mais les variétés ont été maintenues. Les variétés stériles continuent de progresser et représentent 18% de la production.
*102 millions d’ha de plantes transgéniques sont cultivés dans le monde.
Dans l’UE les surfaces de maïs OGM continuent d’augmenter notamment dans quatre pays :
- Allemagne : 300 ha en 2004/2005, 1000 ha en 2006
- Portugal : 800 ha en 2005, 1250 ha en 2006
- République Tchèque : 300 ha en 2005, 1200 ha en 2006
- Espagne : 22 000 ha en 1998, 53 000 ha en 2005, 65000 ha en 2006.
«Plus gros et plus ancien producteur en Europe, l’Espagne n’a eu aucun problème avéré de coexistence en 8 ans de cultures» selon Cédric Poeydomenge, directeur adjoint de l’AGPM.

(1)- Irrinov : méthode de pilotage de l’irrigation
(2)- AGPM : Association générale des producteurs de maïs

 


Pierre Blanc

Le président de l’AGPM, section maïs semences, a participé aux travaux de l’assemblée générale du syndicat. Après avoir dressé un bilan mitigé de la campagne 2006 il espère que le retour à des niveaux de prix normaux du maïs consommation aidera à détendre la filière».
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