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FDPL
Les producteurs de lait doivent peser dans les négociations !

L’année laitière 2021 et la loi Egalim 2 au cœur des débats de la dernière assemblée générale de la fédération des producteurs de lait du Puy-de-Dôme.

Les producteurs de lait de Puy-de-Dôme ont échangé sur des sujets cruciaux pour l'avenir de la filière autour de Thierry Chirol, président de la FDPL 63, et Stéphane Joandel, responsable de la section régionale laitière de la FRSEA AuRA.

Pour l’Assemblée Générale 2022 de la FDPL 63, les producteurs de lait du département avaient rendez-vous au Gaec de Vareilles, à St Just, où Benjamin Cayre et Monique et Serge Roiron sont à la tête d’un troupeau de 150 vaches laitières montbéliardes, dans un bâtiment d’à peine 10 ans avec trois robots de traite. Aux côtés de Thierry Chirol, le président de la FDPL, était présent Stéphane Joandel, le responsable de la section régionale de la FRSEA Aura.

La hausse des charges impacte fortement la conjoncture 2021

Après la partie statutaire, pendant laquelle les comptes ont été présentés puis qu’un bilan annuel des actions de la FDPL 63 ait été dressé, les responsables laitiers du département sont revenus sur l’année laitière 2021. Sur les 12 derniers mois, la collecte mondiale a été ralentie. La production néozélandaise s’est repliée à partir d’août 2021 tandis que les volumes ont stagné aux Etats-Unis sur la fin d’année. Il n’y a que l’Argentine qui est restée en positif sur la fin de l’année. En Europe, malgré des collectes irlandaises et italiennes dynamiques, les replis marqués chez les trois principaux producteurs ont orienté la collecte totale à la baisse à l’automne.
La collecte française sur l’année dernière accuse une baisse de 1.2% par rapport à 2020, qui était déjà en diminution. C’est la baisse la plus importante depuis 5 ans et la crise laitière de 2015-2016. Désormais, elle devient structurelle et non plus conjoncturelle.
En 2021, en France, le prix du lait à la production a augmenté. En moyenne sur l’année 2021, toutes qualités confondues, le prix a été de 363€ pour 1000 litres. C’est + 16€ /1000l en comparaison à 2020. Cependant, l’augmentation des coûts de production, initié depuis quelques mois a perduré. L’indice Ipampa lait de vache a augmenté de 10 points entre janvier et novembre 2021, en raison de l’explosion du coût des aliments achetés, mais aussi celui de l’énergie et celui des engrais. La hausse des prix ne profite donc pas aux producteurs. Et 2022 ne s’annonce malheureusement pas meilleure.
Avec une demande en produits laitiers élevée et une offre laitière limitée, les courts sont en hausse. La poudre de lait écrémée a augmenté de 1200€/tonne entre août 2021 et février 2022. La cotation du beurre est en hausse de 1800 euros depuis août 2021. Les indicateurs de marché, la valorisation beurre-poudre et les prix allemands sont favorables en raison de la reprise économique, de la collecte en baisse et des stocks faibles.
Cela a donc de l’influence sur le prix « conforme » calculé chaque mois par la FNPL. Il s’élève à 411.19€ en mars 2022 (357.56 € en avril 2021). Thierry Chirol, le président de la FDPL du 63, a redit que « l’objectif de ce prix « conforme» est de donner les moyens aux producteurs de comparer le prix payé par leur laiterie par rapport à ce prix «conforme » qui lui, est un prix potentiel avec le respect de la prise en compte des indicateurs de coûts de production ».

Nécessaire prise de conscience de la loi Egalim 2

La question de ce prix conforme a permis d’aborder en deuxième partie d’AG la loi Egalim 2.  Cette loi, qui se donne pour objectif de protéger la rémunération des agriculteurs, permet de rééquilibrer les relations commerciales entre les différents maillons de la chaine alimentaire. « Il est nécessaire que tous les exploitants se saisissent de cette loi, a redit Stéphane Joandel. Depuis trop longtemps les producteurs de lait et les agriculteurs en général ont été les maillons faibles des négociations, avec un rapport de force inégal. Le travail syndical amorcé depuis 6 ans a permis d’aboutir à la loi Egalim 2. La balle est désormais dans notre camps ». C’est aux exploitants de peser dans les négociations, qu’ils livrent à des laiteries privées ou qu’ils soient coopérateurs. Car rappelons-le, les coopératives ne sont pas exemptées d’appliquer Egalim 2 !

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