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«Les producteurs de grandes cultures défendent aussi leur revenu »

Interview Christian Peyronny, Président de la Fnsea 63

«Les producteurs de grandes cultures défendent aussileur revenu »


Plus de 500 agriculteurs qui répondaient à l’appel de la FNSEA63 et des JA ont bloqué les entrées de Clermont-Ferrand le 23 juillet dernier. Quel bilan faites-vous de cette mobilisation ?C’est  un mouvement sans précédent pour le département; un mouvement dont nous devons la réussite grâce à la mobilisation de tous les agriculteurs, y compris les producteurs de végétaux. Et j’insiste fortement sur ce point car la crise que nous dénonçons depuis plus d’un an concerne toutes les productions sans exception. Personne n’est épargné, surtout pas les producteurs de grandes cultures du Puy de Dôme dont les difficultés persistent depuis près de 3 ans.  Entre les aléas climatiques qui se succèdent,  les contraintes environnementales qui s’empilent et les prix qui baissent, ils sont aussi dans l’impasse. Leur mobilisation en masse le 23 juillet  n’était pas seulement en soutien à l’élevage mais pour défendre leurs productions et leurs revenus. Aujourd’hui, le blé panifiable sorti de ferme est à 137€ (*). Qu’en sera-t-il demain ? La forte volatilité des cours nous empêche d’avancer un prix moyen de campagne qui, quoiqu’il arrive, sera en dessous des charges de structures…Nous n’avons en effet jamais retrouvé les niveaux de prix des céréales d’il y a 20 ans…L’année exceptionnelle de 2012 pour les grandes cultures a conduit à des décisions politiques fâcheuses,  synonymes de racket sur les productions végétales qui n’ont bénéficié d’aucun retour du second pilier de la PAC. Malgré nos actions réitérées, nos mises en garde sur les conséquences d’une telle décision, les pouvoirs publics ont manqué de vigilance et de mesure. Les céréaliers du département sont donc aujourd’hui en difficulté, pieds au mur pour certains. En Limagne sèche- secteur qui représente plus de 75% des surfaces de grandes cultures du Puy de Dôme- cela fait deux années de suite que les rendements ne dépassent pas les 30 à 40 quintaux/ha. Et je sais de quoi je parle puisque moi-même je suis producteur de céréales sur 45ha en Combrailles (+20 vaches allaitantes : ndlr). Je connais donc les problématiques de cette zone où il est impossible d’irriguer alors que nous subissons aussi les contraintes climatiques et environnementales. A titre d’exemple, entre 2012 et cette année, j’ai perdu 20 000 euros de chiffre d’affaires sur ma production végétale…
La situation des producteurs de grandes cultures du Puy de Dôme est totalement différente de celle des grands bassins de production céréalière. Quelle solution particulière alors envisager pour les producteurs locaux ?Il est évident que par rapport aux grands bassins de production végétale proches des voies fluviales d’exportation,  le positionnement géographique de la Limagne est un véritable handicap naturel. C’est d’ailleurs pour cette raison que dans le Puy de Dôme, des productions céréalières à forte valeur ajoutée ont été développées garantissant ainsi un prix aux producteurs. Si nous n’avions pas une coopérative puissante comme Limagrain, capable d’assurer la trésorerie des exploitations en période de forte dépréciation des prix, la production de grandes cultures ne survivrait pas dans le département. Mais cette particularité, nous devons la faire savoir. Nous devons expliquer que pour maintenir ce type de productions nous avons besoin de l’irrigation, d’inventer des solutions au stockage de l’eau et de trouver des issues financières de compensation. Il faut construire une vraie dynamique des productions végétales du département ! La section grandes cultures de la FNSEA63 a son rôle à jouer. C’est d’ailleurs dans ce sens qu’elle envisage dans les semaines à venir,  une action de communication d’envergure. La mobilisation du 23 juillet était importante. A travers elle,  nous avons montré que la FNSEA était reconnue en tant que syndicat majoritaire, responsable de la défense de TOUTES les productions. Il appartient maintenant aux sections de travailler dans cet esprit de groupe et de dynamique syndicale.


(*) Cotation d’Axereal du 4/08


Propos recueillis par C.Rolle

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