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Dégâts
Les populations de blaireaux en forte croissance dans le Puy-de-Dôme

Lors de l’assemblée générale des louvetiers, le 11 avril dernier, était fait un constat inquiétant : la population de blaireaux sur le département a, semble t-il, doublé sur ces dernières années !

Le blaireau peut causer des dégâts sur les céréales (blé, orge, avoine et maïs) en consommant des grains ou des épis et parfois en les piétinant
Un constat qui vient conforter l’observation de plus en plus régulière de dégâts réalisés par cette espèce. Il est souvent difficile d’estimer l’évolution d’une population d’animaux sauvages. Aussi s’en remet-on, souvent, aux estimations faites suite à l’accroissement du constat de dégâts ou à la fréquence accrue avec laquelle on observe un animal que l’on voyait auparavant bien moins. Et effectivement les constats de plus en plus fréquents de dégâts réalisés par des blaireaux sur cultures et l’observation elle aussi de plus en plus fréquente de cet animal pouvaient faire penser que la population était à la hausse.
Ces éléments sont corroborés par les « hommes de l’art », les louvetiers, qui, à l’occasion de leur assemblée générale, le 11 avril 2007, font état d’un accroissement considérable des interventions dues à des dégâts de sangliers sur le département du Puy de-Dôme. La multiplication des interventions concerne en particulier les dégâts en été sur cultures de maïs.
Ces dégâts sont d’autant plus préjudiciables que le blaireau, animal non soumis à plan de chasse, ne fait pas l’objet d’indemnisations en cas de dégâts. Le plan de chasse du sanglier permet que les dégâts de cette espèce soient indemnisés selon le barème en vigueur sur les différentes cultures. Alors que les dégâts de blaireau, quant à eux, ne donnent pas lieu à indemnisation.
Aussi l’agriculteur qui, observant des dégâts sur sa parcelle de maïs, fait venir l’estimateur en pensant qu’il s’agit de dégâts de sangliers, est-il fort dépité quand on lui annonce qu’il s’agit de dégâts de blaireaux non indemnisés. Pour autant, ne vous amusez pas à déclarer comme dégâts de sangliers des dégâts de blaireaux car les estimateurs savent en faire la distinction.
La régulation de cette espèce est donc avant tout du ressort de la chasse, lorsqu’elle est permise. Aussi l’administration et les lieutenants de louveterie sont-ils tout à fait conscients de la nécessité de profiter de la période complémentaire d’ouverture de la vénerie du blaireau depuis le 15 mai jusqu’au 15 septembre, laquelle vient en complément de la période de chasse légale du 15 septembre au 15 janvier.
Plusieurs équipages de vénerie sous terre se sont mis à disposition de l’administration et de la Fédération Départementale des chasseurs. Ils sont agréés à pratiquer cette chasse spécifique .
Pour être efficace la lutte doit être précoce : aussi dès les premiers dégâts, voire par le simple constat de la présence régulière de blaireaux, n’hésitez pas à les faire intervenir.

Période de chasse autorisée
La période d’exercice de la vénerie sous terre est fixée par le code de l’environnement : elle débute le 15 septembre et s’achève au 15 janvier. Cependant le Préfet peut autoriser la vénerie sous terre du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 mai et jusqu’au 15 septembre.
La vénerie sous terre consiste à faire acculer par des chiens un animal dans son terrier et à l’en sortir en creusant avec des pelles pour le saisir avec des pinces. L’animal peut être ensuite tué ou relâché.

Les dégâts générés
Le blaireau peut causer des dégâts sur les céréales (blé, orge, avoine et maïs) en consommant des grains ou des épis et parfois en les piétinant. Ces dommages ont surtout lieu durant la période ou les céréales sont «en lait». Ils sont souvent plus importants dans certains secteurs à risque comme les lisières de forêt.

 

Il a dit....

Gérard Groisne, représentant de l’UDSEA et de la Chambre d’agriculture auprès de l’association des lieutenants de louveterie du Puy de Dôme

« La lutte contre le blaireau supposait qu’il y ait un rapprochement entre le monde agricole et les louvetiers, et que nous tissions de bons rapports entre nous. C’est ce que nous faisons depuis près d’un an maintenant. Nous avons noué des contacts assez étroits avec les louvetiers et mis en place des systèmes de veille qui nous permettent de réagir vite et efficacement face à ce fléau non indemnisé. Ensemble, nous veillons donc à la gestion de la population de cet animal. Nous avons organisé des équipages de venerie destinés à intervenir aux endroits où sont mis à jour de gros dégâts. Et nous nous retrouvons régulièrement dans le cadre de réunions, pour maintenir ce lien essentiel avec les louvetiers et les déterreurs”.
Tableau d’évolution des prises

-   Saison       Prises de blaireaux
- 2000-2001         209
- 2001-2002         222
- 2002-2003         209
- 2003-2004         336
- 2004-2005         364
- 2005-2006         476

Les prises ont plus que doublé ces 4 dernières années
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