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Conjoncture agricole
Les marchés reprennent du tonus

Dans une grande majorité de marchés, les prix sont à la hausse ou demeurent soutenus. Revue de marché.

Enfin une bonne nouvelle
Presque partout des signaux positifs émanent des marchés agricoles. Ils ne règlent pas toujours les questions de revenus des exploitations, loin de là. Ceux-ci dépendent largement des coûts de production, certains secteurs étant fortement touchés par les prix de l’énergie et donc aussi ceux des engrais. De plus, la hausse des cours des grandes cultures aura inéluctablement des conséquences sur les coûts des aliments du bétail. Ce qui rejaillira sur les marges des éleveurs, surtout en production intensive. En attendant, les agriculteurs tentent d’encaisser au mieux les retombées de cours qui progressent.

L’envolée des prix des céréales

Dans la filière céréales, la situation a changé du tout au tout par rapport à la campagne passée. Les prix étaient alors « scotchés » au prix d’intervention, voire au-dessous, plombés par une récolte abondante et une difficulté d’exporter nos céréales sur le marché mondial en raison d’une parité euro/dollar défavorable. En 2006/2007, c’est l’envolée. Le blé au départ des zones de production a gagné 35 à 45 euros/tonne depuis le début de la campagne.
L’Europe a été la première à ouvrir le bal de l’envolée des prix au niveau mondial, en raison de la sécheresse à la fin du printemps, puis des pluies perturbant la récolte dans le nord de l’UE. La production mondiale est attendue en baisse de 30 millions de tonnes par rapport à 2005/2006. Ce recul touche quasiment tous les continents. De plus, la production, de 588 Mt serait insuffisante pour couvrir la demande mondiale (607 Mt).

Le moral des éleveurs dopé par les prix
En élevage, les prix à la production progressent, dopant le moral des agriculteurs. Au niveau des bovins, l’augmentation des cours ne date pas d’hier, mais elle se poursuit toujours. Selon l’Institut de l’élevage, le prix de la vache R en 2005 a dépassé de 8 % son niveau de 2004 et de 7 % celui de 1999. La tendance se confirme en 2006. Principale raison à cela : la baisse régulière des disponibilités en France, conséquence entre autres de la réforme de la Pac et de la baisse du troupeau laitier. Les prévisions de l’Institut de l’élevage sur la production de femelles pour 2006, font état d’un recul de 1 % en 2006 par rapport à 2005, à 811 000 tec (tonnes équivalent carcasse) et de 2 % en veaux de boucherie à 240 000 tec. En porc, après une année 2005 en demi-teinte, à 1,159 euro/kg de moyenne, le cours du Marché du porc breton (MPB), a battu plusieurs records (1,462 euro/kg le 28 août) depuis le début de 2006. Sur les 9 premiers mois de l’année, le cours se situe à 1,259 euro/kg, soit plus de 8 % au-dessus de la même période de 2005.
 

Production laitière : apaisement en 2006

Le paysage laitier du côté des producteurs s’est apaisé pendant l’année 2006 après une année 2005 particulièrement mouvementée. Depuis le 26 janvier 2006, après de longues et difficiles négociations, l’interprofession est parvenue à un accord complexe avec 4 élements à prendre en compte dans la fixation du prix. Cet accord est globalement respecté même si Lactalis a joué un moment les trouble-fête en s’alignant sur le groupe Sodiaal qui avait obtenu de l’interprofession une dérogation sur le prix du lait. En clair, ce sont les producteurs qui sont prélevés au niveau de leur paie laitière pour permettre à ce groupe de se restructurer. Sur l’année 2006, en moyenne nationale pondérée par la collecte, la recommandation sur l’ensemble de l’année représente une baisse de prix de 7,92 euros/1000 litres. « Cette diminution résulte essentiellement de la baisse des prix des produits industriels liée à la réforme de la PAC », souligne le Cniel. La mise en œuvre de la PAC de 2003 est passée, pour le secteur laitier, par la mise en place en 2004 d’une Aide directe laitière (ADL) compensatrice de baisse des prix d’intervention pour 3 années. Globalement, la baisse du prix du lait se situe autour de 30 euros/1000 litres compensés par l’ADL. « C’est un calcul sur le papier, s’empresse d’ajouter la FNPL. Imaginez un employeur qui décide de baisser la rémunération de ses salariés de 10 % mais en les dédommageant sous forme de prime à la fin du mois. Psychologiquement, ce n’est pas équivalent ! ». Deuxième souci des éleveurs : l’évolution de leur prix de base alors que les entreprises diminuent les primes supplémentaires notamment en fonction de la composition du lait. En résumé, malgré une année apaisée, les trésoreries des éleveurs sont tendues, assure la FNPL.

Volailles : les revenus restent en berne
Si la crise médiatique consécutive à la grippe aviaire n’est plus qu’un souvenir, le secteur de la volaille sort péniblement des difficultés économiques. « Il y a un peu de mieux mais nous n’avons pas encore récupéré », affirme Christian Marinov, à la CFA (Confédération française des producteurs avicoles). Aux prises avec des charges d’exploitation en hausse (énergie, surtout), les éleveurs ne profitent pas des cours élevés qui sont pratiqués par les grandes surfaces. Sur les étals, en effet, les tarifs de la viande de dinde ou de poulet sont parfois supérieurs à ceux du porc, pourtant également en hausse. La marge semble pour l’essentiel rester au niveau du distributeur, regrettent les éleveurs. A cela s’ajoute la gestion de la Commission européenne qui a décidé de réduire les restitutions à l’exportation, de 43 à 31 euros les 100 kilos de poulets entiers. « Une décision scandaleuse », juge Christian Marinov. Les producteurs avicoles resteront sans doute parmi les plus mal lotis, en dépit d’aides publiques qui ont représenté 25 millions d’euros pour les éleveurs et 35 millions pour les entreprises.



Quelques indices
Blé tendre : + 18,40 %
Maïs : + 12,70 %
Oléagineux : + 14,90 %
Gros bovins : + 3,60 %
Porcins : + 12,20 %
Ovins : + 2,40 %
Volailles : - 2,40 %
Lait : - 0,80 %

Machines agricoles
Les constructeurs tablent sur une stabilisation du marché
En 2006 les agriculteurs auraient réduit leurs achats d’équipements, mais de 5 % seulement en valeur et non de 9 % comme les chiffres du premier semestre le laissaient prévoir. Pour l’année à venir, c’est la stabilité qui est prévue, autour d’un volume d’achats de 3,7 milliards d’euros, soit une valeur équivalente à 2006.
Le secteur de l’élevage est demeuré dynamique en termes d’équipements. Grâce à cela, les achats de matériels d’élevage (salles de traite, notamment) sont restés stables, même si, dans le secteur porcin, les éleveurs profitent de l’amélioration des cours pour se désendetter d’abord.
Dans d’autres domaines, on constate aussi de nettes progressions, comme les ventes de moissonneuses-batteuses qui augmentent de 5,5 % sur la campagne 2005-2006. En revanche, les ventes de presses à balles rondes baissent, à fin août, de 18 %, celles à balles carrées régressent de 23 %. Le marché des faucheuses conditionneuses est en chute de 9 % et celui des matériels de fenaison classiques diminue de 10 % .
Le marché des pulvérisateurs est par contre qualifié de stable : la réduction des volumes de produits utilisés n’empêche pas le nombre de passages de rester stable, selon les constructeurs.

 

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