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FORÊT
Les marchés du bois en dents de scie

La ruée vers le bois énergie n'est pas sans occasionner quelques difficultés et réveille auprès des propriétaires forestiers et des coopératives, des enjeux d'avenir et de durabilité environnementales et économiques.

La production de bois est entrée à son tour dans la spirale des marchés mondiaux et de la spéculation mais sa nature indolente complexifie l'adaptation des différents acteurs.

Rien ne va plus sur les marchés du bois. Les cours du douglas s'effondrent après avoir battu des records en 2021, parasités par un sérieux coup de frein sur le marché français de la construction. À l'opposé, le bois énergie cristallise toutes les passions à la veille d'un hiver synonyme de sobriété énergétique, contrainte et forcée. La situation toutefois ne profite guère aux propriétaires forestiers ni même aux scieries puisque "les prix n'ont pas augmenté des masses" selon les experts pour qui "les produits de la forêt sont entrés dans la spirale spéculative du moment".

Les prix des bois blancs fléchissent

L'euphorie forestière de 2021 retombe chez les propriétaires forestiers, réunis la semaine dernière à l'occasion de l'assemblée générale annuelle de Fransylva Puy-de-Dôme. Les revirements soudains des marchés du bois étaient au centre des discussions et les explications des experts présents n'étaient pas de trop. C'est en effet à ne plus rien y comprendre. L'année passée, le bois d'œuvre, et notamment le douglas, ont vu leurs prix bondir sous le double effet du développement de la construction bois et la réorientation du marché américain vers les imports européens, suite à l'arrêt des exports canadiens.
La crise géopolitique et ses conséquences en cascade ont d'abord été bénéfiques pour la filière. En juillet dernier, la coopérative forestière Unisylva qualifiait les premiers chiffres de 2022 "d'encourageants" grâce à "une demande toujours soutenue dans l'ensemble des domaines".  Depuis, la situation s'est inversée. "Le marché américain s'est retourné et le marché intérieur français est considérablement ralenti en raison de l'inflation des matériaux, la difficulté d'obtenir des permis de construire, des emprunts..." explique Luc Détruy, expert forestier.
Les résultats ne se font pas attendre : les prix du douglas s'effondrent tout comme ceux du sapin et de l'épicéa.

Le prix du bois énergie "stable"

D'aucun aurait pu croire que la crise énergétique qui se profile, bénéficierait aux bois dédiés à la bûche ou aux granulés. "C'est purement spéculatif" affirme Philippe Veyrat d'Unisylva. La production de granulés repose sur les parties "ingrates" des arbres telles que les branches issues de feuillus. "Leur fabrication demande une consommation d'énergie importante" explique l'expert, ce qui justifie "en partie" la hausse des prix. À l'heure où des milliers de français s'apprêtent à démarrer leur tout nouveau poêle ou chaudière à granulés (+ 40% d'installations en 2022 ndlr), ils ont en ce moment même la surprise d'une énergie plus chère que convenue voire même difficile à se procurer. Face à cette situation, Philippe Veyrat est intransigeant : "le granulé bois, c'est comme le steak sous barquette en supermarché : dans le prix affiché, le prix de la matière première est minime et il est difficile de décrypter à quoi correspond le reste". Il faut donc comprendre que le prix du bois énergie, auprès des producteurs, n'a guère évolué.
Ces marchés en dents de scie ne sont pas de bon augure pour les forêts. Philippe Lours, conseiller forestier à la CFBL (Coopérative Forestière Bourgogne Limousin) craint de voir certains propriétaires réaliser des travaux en fonction des prix. "Un contexte dangereux" souligne-t-il puisqu'une forêt "nous la plantons pour les 50 prochaines années et le climat n'aide pas à la production".

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