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Les légumes de plein champ à la rescousse d'un jeune agriculteur

Dès ses premiers mois d'activité, Nicolas Chatard a dû revoir son projet agricole pour s'adapter aux évolutions structurelles du paysage agricole puydômois.

Au milieu de ses courgettes, Nicolas Chatard goûte la satisfaction d’avoir relevé le défi de la production maraîchère.

Nicolas Chatard a débuté son parcours à l'installation dès le début de son BTS. Ne pouvant pas s'installer sur l'exploitation familiale à Aigueperse, c'est le départ à la retraite de deux agriculteurs voisins qui lui ont permis de débuter son projet. Le premier a permis au jeune homme d'acquérir en 2018 un poulailler de 1 200 m². Le second, lui a cédé 30 ha de terres non irriguées en location. « Je devais aussi reprendre le quota betteravier de cet agriculteur. » Son Plan de développement de l'exploitation (PDE) intègre dès lors la production de betterave sucrière ; mais à peine Nicolas Chatard a-t-il posé le pied dans sa ferme que les prix chutent. « Entre l'achat des parts, la baisse des courts, les rendements aléatoires faute d'irrigation et la complexité agronomique de la culture, j'ai décidé de ne pas m'engager dans cette production. » Le jeune agriculteur a « le nez fin » puisque quelques mois après sa décision, Cristal Union annonce la fermeture définitive de la Sucrerie de Bourdon... Il n'est pas tiré d'affaire pour autant puisqu'il doit trouver une solution de remplacement pour pérenniser son projet.

Une SARL pour le matériel

En 2019, Nicolas Chatard poursuit son développement. Il loue 20 ha via la Safer, rachète 8 ha à un autre agriculteur et 22 ha supplémentaires en location a un agriculteur jeune retraité. Mais avec l'arrêt de la betterave, il devient compliqué de réaliser d'autres investissements pourtant indispensables. « Mon père est toujours en activité et nos exploitations sont côte à côte. Pour m'éviter d'acheter du matériel qu'il possède déjà, nous avons alors créé une SARL. La société héberge tout le matériel, ainsi que notre entreprise de pressage de paille, et on se facture individuellement les prestations sous forme de forfait à l'hectare. »

L'effort ne suffit pourtant pas à combler le manque à gagner de la betterave. Sans terres irriguées, les projets de Nicolas Chatard sont plus que limités. C'est alors que la production de légumes de plein champ lui apparaît comme la réponse à ses besoins.

Combler le vide avec des légumes

Nécessitant peu de surface et d'investissement, les légumes de plein de champs offrent un bon compromis au jeune agriculteur. Il demande alors, conjointement avec une exploitation agricole voisine, un droit de pompage dans le ruisseau du Buron. Cette eau distribuée, via un système de goutte à goutte, lui permet d'implanter sur 1,5 ha plus de 650 pieds de melons ainsi que des potimarrons et butternut.

Il consacre également 60 ares à la culture de la pomme de terre et de rattes. « J'ai choisi des variétés peu communes et très recherchées par les restaurateurs comme les Prunelles et la Liberta. » Sa production sera vendue en partie en vente directe et à Jardin de Limagne. L'entreprise a d'ailleurs demandé à Nicolas Chatard de produire pour cet automne des rutabagas et des navets ronds violets « très appréciés des consommateurs ».

Malgré la charge de travail supplémentaire et le manque d'accompagnement technique sur le dépar- tement, l'agriculteur est satisfait de son choix. « J'ai déjà beaucoup de demandes de voisins pour la vente directe ainsi que des petits commer-ces du coin. »

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