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Installation
Les jeunes du Livradois-Forez invités à parler de leurs projets

La Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme a invité les jeunes porteurs de projet du Livradois-Forez à venir échanger, le vendredi 29 octobre, autour de leur futur métier, tant sur la vision qu'il lui porte que leurs ambitions personnelles.

Les chiffres clés de l'installation en agriculture dans le Puy-de-Dôme

Les jeunes porteurs de projets du Livradois-Forez étaient invités la semaine dernière à participer à une rencontre organisée par la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme pour parler de leur futur métier d'agriculteur. Reprise familiale ou hors cadre, création d'exploitation, éleveur ou maraîcher, tous ont un projet différent. Cette rencontre était pour bon nombre d'entre eux un premier pas vers le parcours à l'installation.

"La passion ne donne pas à manger"

Ils étaient quinze autour de la table à Marsac-en-Livradois pour témoigner. Tous sont en cours de formation, jeunes diplômés ou préinstallés. " L'objectif de la journée est de les amener à comprendre l'importance de la réflexion en amont de leur projet, bien avant d'entamer les démarches" explique Agnès Pérignon, conseillère d'entreprise. Cette rencontre avait également l'objectif d'évoquer le parcours à l'installation et ses différentes étapes mais aussi de donner des éléments de vocabulaire et des conseils selon les projets.
Les jeunes ont tous en tête une ébauche, plus ou moins claire de ce qu'ils souhaitent pour leur avenir. Leurs projets sont tous différents mais ils ont en point commun le souci de la valorisation de leur production.
À l'image de Maxime qui souhaite démarrer une activité de maraîchage. Bien qu'il possède "quelques bouts de terrains", l'ensemble des infrastructures sont à construire pour développer son activité. L'investissement étant conséquent, il préfère se donner le temps de la réflexion notamment sur la vente de sa production. "Avec quelques copains, également agriculteurs sur le secteur, nous réfléchissons à nous rassembler pour créer ensemble un circuit court de plusieurs produits (légumes, viandes...). La vente directe a beaucoup d'avantages mais c'est énormément de boulot. Je ne me sens pas de le faire seul."
Romain va s'installer sur l'exploitation familiale sur laquelle il souhaite également développer la vente directe de viande bovine :  "nous allons construire deux hangars photovoltaïques dont un avec un atelier de découpe".
À côté de lui, Antoine s'apprête à reprendre d'ici cinq ans une exploitation laitière comptant 35 vaches. La filière AOP Fourme d'Ambert lui paraît être une bonne solution pour valoriser sa production cependant il s'interroge : "je crains qu'à l'avenir les laiteries ne collectent plus les petits volumes". Tous parlent de leur métier en le qualifiant "d'une passion qui ne lâche pas" mais pour Antoine : "la passion ne donne pas à manger, il faut pouvoir en vivre".

"Le foncier c'est la guerre !"

Pierre est préinstallé depuis 2019 sur une activité de maraîchage, il travaille actuellement comme salarié au Service de Remplacement. "Je ne peux pas encore vivre de mon métier d'agriculteur car il me manque de la surface pour développer mon activité." Le jeune homme recherche cinq hectares sur Marsac-en-Livradois. Il projette à l'avenir de construire un bâtiment pour avoir un double élevage porcin et bovin en vente directe.
Dès lors le dialogue s'engage entre ces jeunes. Ainsi, Ludovic, préinstallé sur l'exploitation familiale depuis 2018 et double actif, témoigne sa difficulté à acquérir des terres pour développer son activité et enfin abandonner son travail à l’usine. "Le foncier c'est la guerre " dit-il. 
Le département enregistre pourtant deux installations pour trois départs à la retraite. Justement Marc s'apprête à la prendre cette retraite et à céder son exploitation laitière à un jeune. "Elle n’est pas bien grande mais je ne veux pas qu'elle soit démembrée au profit de l'agrandissement. Je veux qu'un jeune puisse la reprendre."
Lionel Genestier, conseiller en transmission à la Chambre d'agriculture du Puy-de-Dôme, explique qu'effectivement "ces questions de foncier sont délicates car oui, le foncier c'est le nerf de la guerre en agriculture".

"Il faut être résilient"

Enfin, il ressort également de ces échanges une vision pleine de bon sens du métier d'agriculteur. Souvent décrit comme une passion mais qui doit rémunérer celles et ceux qui la pratiquent, le manque de reconnaissance et la charge de travail interrogent ces jeunes. "Nous sommes à la base de la société. Nous produisons de l'alimentation, de l'indispensable et pourtant, le budget des ménages français sur l'alimentaire continue de baisser au profit des charges fixes (loyers, carburants...). À cela s'ajoute les aléas climatiques, les décisions politiques... Bref, même si je blinde mon projet, je ne peux pas savoir à l'avance comment il tournera. Je crois que quand on s'installe, il faut être très résilient" conclut Maxime.
Les jeunes ont poursuivi leur journée en visite au Gaec des Beaucerons à Bertignat.

 

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