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Tournée fnsea
Les élus nationaux au plus près des éleveurs locaux

Le 2 octobre, veille du Sommet de l’élevage, le secrétaire général et le vice-président en charge du dossier viande bovine à la FNSEA ont visité 2 exploitations du Puy-de-Dôme.

Tandis que Dominique Barrau, secrétaire général de la Fnsea, s’est rendu sur l’exploitation laitière de Gilles Ranglaret au Vernet La Varenne le matin, Etienne Gangneron, vice-président en charge du dossier viande bovine, est allé chez Jean-Michel Herment, éleveur allaitant à Charbonnières les Varennes. Après une présentation rapide des exploitations, les agriculteurs et responsables agricoles ont échangé sur les sujets qui préoccupent les exploitants du département.

 

L’installation, une étape clé

Ainsi, Gilles Ranglaret a fait part des problèmes rencontrés pour l’installation de son fils entre les difficultés administratives et le refus bancaire de financer un nouveau bâtiment, indispensable au développement de l’outil de travail. Les responsables déplorent la pénurie de jeunes candidats à l’installation alors que le nombre d’exploitations agricoles périclite dangereusement dans nos campagnes. Patrick Levet, président des JA 63 explique «qu’aujourd’hui l’investissement moyen est de 250 000 € et les annuités réparties sur une durée plus longue sont alourdies. C’est un réel frein à l’installation.» Dominique Barrau insiste sur «l’importance, selon lui, de tendre vers des systèmes d’exploitation équilibrés économiquement en terme de ratio revenu-travail plutôt que de penser uniquement à augmenter les volumes de production ». Des débats de l’après-midi ressort la nécessité d’inscrire toute installation dans une démarche professionnelle (chiffrage et maîtrise des débouchés) que la Chambre d’agriculture peut accompagner.

 

Des outils d’aval à réinventer

La première incohérence relatée lors de la visite de l’après-midi c’est la disparition de tous les outils d’abattage locaux et des aberrations induites. Ainsi les génisses de Jean-Michel Herment vendues pour la GMS du coin sont abattues à Quimperlé ! Quid du bilan carbone et du bien-être animal ? Pourtant, Etienne Gangneron témoigne «qu’avec de la volonté politique et professionnelle le maintien des petits abattoirs est possible. » Il ajoute que «des pays ont trouvé des solutions pour abattre localement comme les camions abattoirs en Suisse. C’est donc possible…» Avec un bassin de consommation comme l’agglomération clermontoise, c’est un défi à relever.

 

Un équilibre à instaurer entre environnement et économie

Pour pouvoir vivre de son métier, encore faut-il « laisser à l’agriculteur son métier » s’indigne Pascal Servier, secrétaire général de l’Udsea. C’est inconcevable dans un pays où les normes environnementales augmentent et paralysent le travail agricole.

Sur le secteur du parc des Volcans, entre l’interdiction d’implanter des éoliennes, la mesure de l’exploitation du bois et les prairies permanentes, on peut s’interroger sur les options économiques encore disponibles. De plus, sur une commune où la parcelle moyenne mesure 35 ares, il est impossible de parler de remembrement sans être arrêté par les organisation de protection de la Nature.

Peut-être sommes nous arrivés au bout d’un système. Paul Bony, secrétaire adjoint de l’Udsea remarque « une prise de conscience de l’intérêt de l’activité sur le territoire. Par exemple : sans animaux dans les estives, les paysages se ferment et les touristes s’en vont.» Les communes autrefois si volontaires pour entrer dans le Parc cherchent à en sortir. Le discours du Président de la république au Space où il indique que l’environnement ne doit pas s’opposer à l’économie, est porteur d’espoir. Etienne Gangneron voit un réel enjeu dans un rapprochement entre les élus locaux et les représentants agricoles. «Des associations sont à créer ».

 

Des solutions qui nous appartiennent

Dominique Barrau affirme «qu’on est à la fin d’un système qui a vu le prix des denrées agricoles baisser pendant 40 ans. La tendance devrait s’inverser, pour suivre l’accroissement de la demande mondiale. » Il souhaite se battre sur 2 tableaux pour le Massif central à savoir la «démarche Lait de Montagne pour valoriser une qualité et un savoir-faire des éleveurs ainsi que l’assouplissement de la règle de non retournement des prairies pour permettre la culture de l’herbe et de céréales où c’est possible pour privilégier l’autoconsommation».

Dominique Barrau suggère «d’organiser au niveau local une réu-nion annuelle où des représentants du monde agricole communiquent avec les élus locaux afin que l’agriculture ne passe pas après tous les problèmes de société actuels. »

Les représentants du monde agricole sont optimistes. « L’histoire n’est pas figée. Les années passant, contre toute attente, la production laitière du Livradois-Forez s‘est maintenue. » C’est la preuve que des orientations départementales bien choisies peuvent être efficaces. Pourtant, comme l’exprime Jacques Chazalet, président de la Frsea « il est souvent difficile de faire comprendre qu’il faut du temps, que les solutions ne sont pas spontanées, qu’elles se travaillent et qu’elles s’adaptent. »

 

Bilan : Record de fréquentation battu !

 

Plus de 80.000 visiteurs ont participé à la 21ème édition du Sommet de l’élevage. Autant dire, que vendredi, à la fermeture, les organisateurs avaient le sourire.

«L’édition 2012 s’est déroulée dans une ambiance favorable pour les affaires. Les prix des productions agricoles sont bons notamment en viande bovine, en animaux maigres et en ovins. Ceci contribue à une ambiance positive du coté des éleveurs. Juste un petit bémol en ce qui concerne la production laitière puisque depuis quelques semaines nous constatons une baisse des cours » a expliqué Roger Blanc, Président du Sommet de l’élevage, vendredi, à l’heure où l’évènement fermait ses portes. Les concours nationaux des races abondance et blonde d’aquitaine ont sans aucun doute apporté un plus au Sommet de l’élevage, qui aura accueilli en 2012, plus de 80.000 visiteurs. Une fréquentation qui positionne le salon comme l’un des plus attractifs au niveau français, européen mais aussi mondial.

En 2013, le Sommet de l’élevage se déroulera du 2 au 4 octobre, avec à l’affiche deux races emblématiques, la montbéliarde et la salers.

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